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Cour de cassation, 2ème chambre civile, 7 mai 2026 — n° 24-19.173

Rejet Publication : b ECLI : ECLI:FR:CCASS:2026:C200420

Synthèse de la décision

Question juridique

Le point de départ du délai de prescription de l'action en responsabilité civile pour des agressions sexuelles est-il la date de consolidation du dommage psychologique ?

Principe retenu

L'atteinte à l'intégrité psychique d'une victime d'agression sexuelle constitue un dommage corporel. Le point de départ du délai de prescription pour l'action en responsabilité est la date de consolidation du dommage, qui peut être déterminée par la fin de la prise en charge thérapeutique.

Faits clés

  • Mme [E] [P] a été victime de viols et d'agressions sexuelles de 1982 à 1991 par son père.
  • Elle a assigné son père en responsabilité civile en 2018.
  • Elle souffrait d'un état de stress post-traumatique nécessitant une prise en charge thérapeutique.
  • La date de consolidation de son état a été fixée au 11 février 2021.
  • L'action en réparation a été introduite avant cette date de consolidation.

Articles cités

article 978 du code de procédure civile article 2270-1 du code civil article 2226 du code civil

Exposé du litige

Faits et procédure 5. Selon l'arrêt attaqué (Bordeaux, 30 mai 2024), le 20 décembre 2018, Mme [E] [P], née en 1973, a assigné devant un tribunal de grande instance, en présence de la caisse primaire d'assurance maladie de la Gironde et de la caisse d'assurance maladie des industries électriques et gazières, son père, M. [E] [P], en responsabilité civile et indemnisation des préjudices consécutifs à des viols et agressions sexuelles que celui-ci lui aurait fait subir de 1982 à 1991.

Motivations de la décision

6. En application de l'article 1014, alinéa 2, du code de procédure civile, il n'y a pas lieu de statuer par une décision spécialement motivée sur ces griefs qui ne sont manifestement pas de nature à entraîner la cassation. Réponse de la Cour 8. Aux termes de l'article 2270-1, alinéa 1er, du code civil, en vigueur du 1er janvier 1986 au 18 juin 2008, les actions en responsabilité civile extracontractuelle se prescrivent par dix ans à compter de la manifestation du dommage ou de son aggravation. 9. Aux termes de l'article 2270-1, alinéa 2, créé par la loi n° 98-468 du 17 juin 1998, lorsque le dommage est causé par des tortures et des actes de barbarie, des violences ou des agressions sexuelles commises contre un mineur, l'action en responsabilité civile est prescrite par vingt ans. 10. Selon une jurisprudence constante, le délai de la prescription prévue par ces textes courait, en cas de préjudice corporel, à compter de la date de la consolidation. 11. Cette solution a été consacrée par l'article 2226 du code civil, issu de la loi n° 2008-561 du 17 juin 2008, selon lequel l'action en responsabilité née à raison d'un événement ayant entraîné un dommage corporel se prescrit par dix ans à compter de la date de la consolidation du dommage initial ou aggravé, le délai étant porté à vingt ans en cas de préjudice causé par des violences ou des agressions sexuelles commises contre un mineur. 12. L'atteinte à son intégrité psychique dont se prévaut la personne victime d'agression sexuelle ou de viol constitue un dommage corporel. 13. L'arrêt constate que Mme [E] [P] a dénoncé des faits de viols et d'agressions sexuelles commis à son encontre par son père alors qu'elle avait neuf ans et jusqu'à ses dix-huit ans. 14. Il relève qu'en 2018, elle souffrait d'un état de stress post-traumatique se manifestant par des reviviscences, cauchemars, douleurs morales, images intrusives, état dissociatif, nécessitant toujours à cette date la poursuite de sa prise en charge thérapeutique. 15. Il retient le 11 février 2021 comme date de consolidation de l'état séquellaire de Mme [E] [P], date de la fin de sa prise en charge thérapeutique par une psychologue clinicienne. 16. L'arrêt en déduit que l'action en réparation est recevable comme n'étant pas prescrite. 17. Ayant ainsi mis en évidence que le préjudice dont se prévalait Mme [E] [P] constituait une atteinte à son intégrité psychique et, en conséquence, un dommage corporel au sens et pour l'application tant de l'article 2270-1 du code civil, alors en vigueur, que de l'article 2226 du même code, la cour d'appel, qui a constaté que l'action avait été introduite avant la date de consolidation de l'état de santé de la victime qu'elle a souverainement fixée, a légalement justifié sa décision.

Dispositif

PAR CES MOTIFS, la Cour : REJETTE le pourvoi ; Condamne M. [E] [P] aux dépens ; En application de l'article 700 du code de procédure civile, rejette la demande formée par M. [E] [P] et le condamne à payer à Mme [E] [P] la somme de 5 000 euros ; Ainsi fait et jugé par la Cour de cassation, deuxième chambre civile, et prononcé publiquement le sept mai deux mille vingt-six par mise à disposition de l'arrêt au greffe de la Cour, les parties ayant été préalablement avisées dans les conditions prévues au deuxième alinéa de l'article 450 du code de procédure civile.

Questions fréquentes

Quel est le délai de prescription pour une action en responsabilité civile après des agressions sexuelles ?
L'atteinte à l'intégrité psychique d'une victime d'agression sexuelle constitue un dommage corporel. Le point de départ du délai de prescription pour l'action en responsabilité est la date de consolidation du dommage, qui peut être déterminée par la fin de la prise en charge thérapeutique.
Comment se détermine la date de consolidation du dommage dans les cas d'agressions sexuelles ?
L'atteinte à l'intégrité psychique d'une victime d'agression sexuelle constitue un dommage corporel. Le point de départ du délai de prescription pour l'action en responsabilité est la date de consolidation du dommage, qui peut être déterminée par la fin de la prise en charge thérapeutique.
Est-ce que le préjudice psychologique est considéré comme un dommage corporel ?
L'atteinte à l'intégrité psychique d'une victime d'agression sexuelle constitue un dommage corporel. Le point de départ du délai de prescription pour l'action en responsabilité est la date de consolidation du dommage, qui peut être déterminée par la fin de la prise en charge thérapeutique.
Quelles sont les conséquences d'une action en responsabilité civile pour des agressions sexuelles ?
L'atteinte à l'intégrité psychique d'une victime d'agression sexuelle constitue un dommage corporel. Le point de départ du délai de prescription pour l'action en responsabilité est la date de consolidation du dommage, qui peut être déterminée par la fin de la prise en charge thérapeutique.
Comment prouver la consolidation d'un dommage psychologique ?
L'atteinte à l'intégrité psychique d'une victime d'agression sexuelle constitue un dommage corporel. Le point de départ du délai de prescription pour l'action en responsabilité est la date de consolidation du dommage, qui peut être déterminée par la fin de la prise en charge thérapeutique.
Quels sont les droits d'une victime d'agression sexuelle en matière de réparation ?
L'atteinte à l'intégrité psychique d'une victime d'agression sexuelle constitue un dommage corporel. Le point de départ du délai de prescription pour l'action en responsabilité est la date de consolidation du dommage, qui peut être déterminée par la fin de la prise en charge thérapeutique.

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