Justiweb – Assistant juridique IA Justiweb
Se connecter Inscription gratuite
← Bail d'habitation et location

Cour d'appel, 3ème chambre, 7 mai 2026 — n° 23/02691

Irrecevabilite

Synthèse de la décision

Question juridique

Quelles sont les conséquences de l'irrecevabilité d'un appel en matière de résiliation judiciaire d'un bail d'habitation ?

Principe retenu

L'irrecevabilité d'un appel est constatée d'office par le magistrat lorsque la partie n'a pas acquitté le droit de procédure dans les délais impartis. Le principe du contradictoire doit être respecté, et la partie doit être avisée de la nécessité de régulariser son paiement.

Faits clés

  • Contrat de bail signé le 2 mai 2012 entre la SA Cité Jardins et M. [E] [A]
  • Commandement de payer délivré le 15 juillet 2022 pour arriéré locatif
  • Dossier de surendettement déclaré recevable le 8 décembre 2022
  • Assignation de M. [E] [A] pour résiliation judiciaire du bail et expulsion
  • Jugement du 6 juillet 2023 déclarant irrecevable la demande de résiliation

Dispositif

PAR CES MOTIFS La cour, - Déclare irrecevable l'appel interjeté le 24 juillet 2023 par la SA Cité [Adresse 6] à l'encontre du jugement rendu le 6 juillet 2023 par le juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire de Toulouse, - Condamne la SA [Adresse 5] [Adresse 6] aux dépens d'appel. LE GREFFIER LE PRESIDENT K.MOKHTARI E.VET

Exposé du litige

EXPOSÉ DU LITIGE ET PROCÉDURE Par un contrat du 2 mai 2012, la SA [Adresse 3] a donné à bail à usage d'habitation à M. [E] [A] un appartement sis [Adresse 4] à [Localité 4], pour un loyer mensuel de 314,64 euros payable à terme échu. Invoquant un arriéré locatif, la SA Cité jardins a fait délivrer à M. [E] [A] un commandement de payer le 15 juillet 2022 visant la clause résolutoire. M. [E] [A] a déposé un dossier de surendettement qui a été déclaré recevable le 8 décembre 2022 et orienté vers un aménagement du passif, la créance de la SA [Adresse 3] s'élevant à la somme de 1 148,02 euros. Par exploit d'huissier du 27 février 2023, la SA Cité jardins a fait assigner M. [E] [A] devant le juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire de Toulouse en vue d'obtenir : - le prononcé de la résiliation judiciaire du bail au motif de manquements répétés du locataire à son obligation de jouissance paisible, - l'expulsion immédiate du locataire et de celle de tous occupants de son chef, si nécessaire avec le concours de la force publique et d'un serrurier, - la condamnation de l'intéressé au paiement d'une indemnité d'occupation équivalente au loyer conventionnel majoré des charges jusqu'à la libération effective des locaux, outre au paiement de la somme de 1 610,75 euros au titre de sa dette locative arrêtée au 20 février 2023 quittancement de février non compris, somme à parfaire au jour de l'audience, - la condamnation de M. [A] au paiement des entiers dépens et de la somme de 1 200 euros sur le fondement de l'article 700 du code de procédure civile. Par jugement du 6 juillet 2023, motif pris de ce que la société bailleresse, qui invoquait entre autres moyens le non-paiement des loyers, avait fait notifier l'assignation à la préfecture moins de deux mois avant l'audience, le juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire de Toulouse a : - déclaré irrecevable la demande de la SA [Adresse 5] [Adresse 6] tendant au prononcé de la résiliation judiciaire du contrat de bail conclu avec M. [E] [A] le 2 mai 2012 concernant le logement situé [Adresse 7], - dit, par conséquent, n'y avoir lieu à expulsion de M. [E] [A] et à sa condamnation au paiement d'une indemnité d'occupation, - condamné M. [E] [A] à payer à la SA Cité jardins la somme de 1 407,24 euros au titre de l'arriéré locatif (somme arrêtée au 15 mai 2023), après retranchement de la somme incluse dans les mesures recommandées par la commission de surendettement, laquelle fait l'objet d'un échelonnement, - débouté la SA [Adresse 3] de sa demande plus ample au titre de l'arriéré locatif, - débouté la SA Cité jardins de sa demande de condamnation de M. [E] [A] sur le fondement de l'article 700 du code de procédure civile, - débouté la SA [Adresse 3] de sa demande de condamnation de M. [E] [A] aux dépens, - dit que chaque partie conservera la charge des dépens qu'elle a elle-même exposés dans le cadre de la présente procédure, - rappelé que le jugement est de plein droit exécutoire par provision. Par déclaration du 24 juillet 2023, la SA Cité jardins a relevé appel de ce jugement en ce qu'il a : -déclaré irrecevable la demande tendant au prononcé de la résiliation du contrat de bail, en se fondant du reste sur les dispositions de l'article 24 IV de la loi du 6 juillet 1989 qui n'était pas visées dans l'assignation, - dit n'y avoir lieu à l'expulsion du locataire et à sa condamnation au paiement d'une indemnité d'occupation, - condamné M. [E] [A] à payer à la [Adresse 3] la somme de 1 407,24 euros au titre de l'arriéré locatif, le quantum des sommes étant contesté, - débouté la [Adresse 3] de sa demande plus ample au titre de l'arriéré locatif, - débouté la [Adresse 3] de sa demande fondée sur les dispositions de l'article 700 du code de procédure civile et aux dépens, - dit que chaque partie conservera la charge des dépens. PRÉTENTIONS DES PARTIES

Motivations de la décision

MOTIFS DE LA DÉCISION L'article 1635 bis P du code général des impôts institue un droit d'un montant de 225 euros dû par les parties à l'instance d'appel lorsque la constitution d'avocat est obligatoire devant la cour d'appel. Le droit est acquitté par l'avocat postulant pour le compte de son client par voie électronique. Il n'est pas dû par la partie bénéficiaire de l'aide juridictionnelle. Selon l'article 963 du code de procédure civile, lorsque l'appel entre dans le champ d'application de l'article 1635 bis P du code général des impôts, les parties justifient, à peine d'irrecevabilité de l'appel ou des défenses selon le cas, de l'acquittement du droit prévu à cet article. Sauf en cas de demande d'aide juridictionnelle, l'auteur de l'appel principal en justifie lors de la remise de sa déclaration d'appel et les autres parties lors de la remise de leur acte de constitution par l'apposition de timbres mobiles ou par la remise d'un justificatif lorsque le droit pour l'indemnisation de la profession d'avoué a été acquitté par voie électronique. En cas de requête conjointe, les appelants justifient de l'acquittement du droit lors de la remise de leur requête. Lorsque la partie a sollicité le bénéfice de l'aide juridictionnelle, elle joint la décision accordant cette aide à l'acte assujetti à l'acquittement du droit. A défaut de décision rendue sur la demande d'aide juridictionnelle, l'acte est accompagné de la copie de cette demande. Si cette demande d'aide juridictionnelle est déclarée caduque ou rejetée ou que la décision l'octroyant est retirée, le demandeur justifie, à peine d'irrecevabilité, de l'acquittement du droit dans le mois suivant, selon le cas, la notification de la caducité ou la date à laquelle le rejet ou le retrait est devenu définitif. L'irrecevabilité est constatée d'office par le magistrat ou la formation compétents. Les parties n'ont pas qualité pour soulever cette irrecevabilité. Elles sont avisées de la décision par le greffe. En l'espèce, la SA Cité [Adresse 6] aurait dû acquitter le droit de procédure de 225 euros par l'intermédiaire de son conseil, ce qu'elle n'a pas fait. Le principe du contradictoire a été respecté à son égard, dans la mesure où elle a été avisée par message du greffe en date du 26 janvier 2026 qu'à défaut de régularisation du paiement du droit de procédure, la cour prononcerait d'office l'irrecevabilité de son appel. Ainsi l'appel doit être déclaré irrecevable et la SA [Adresse 5] [Adresse 6] en supportera les dépens.
💡 Votre situation ressemble à cette décision ? Posez votre question à l'IA
Gratuit · sans engagement

Des milliers de justiciables utilisent déjà Justiweb pour clarifier leur situation.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question

Gratuit pour commencer · sans engagement

Important : Cette page présente une décision de justice à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Pour votre situation spécifique, consultez un avocat ou utilisez l'assistant Justiweb pour explorer vos questions juridiques.