MOTIFS DE LA DECISION :
Aux termes du dernier alinéa de l'article 954 du code de procédure civile, la partie qui ne conclut pas ou qui, sans énoncer de nouveaux moyens, demande la confirmation du jugement est réputée s'en approprier les motifs.
- Sur la validation du congé, l'expulsion et l'indemnité d'occupation :
Aux termes de l'article 835 alinéa 1 de ce même code, le président du tribunal judiciaire ou le juge du contentieux de la protection dans les limites de sa compétence peuvent toujours, même en présence d'une contestation sérieuse, prescrire en référé les mesures conservatoires ou de remise en état qui s'imposent, soit pour prévenir un dommage imminent, soit pour faire cesser un trouble manifestement illicite.
Le trouble manifestement illicite visé par ce texte désigne toute perturbation résultant d'un fait matériel ou juridique qui, directement ou indirectement, constitue une violation évidente de la règle de droit. Pour en apprécier la réalité, la cour d'appel, statuant en référé, doit se placer au jour où le premier juge a rendu sa décision et non au jour où elle statue.
En application des dispositions de l'article 25-8 de la loi du 6 juillet 1989 relatives aux baux meublés, le bailleur qui ne souhaite pas renouveler le contrat doit informer le locataire avec un préavis de trois mois et motiver son refus de renouvellement du bail soit par sa décision de reprendre ou de vendre le logement, soit par un motif légitime et sérieux, notamment l'inexécution par le locataire de l'une des obligations lui incombant.
En vertu de l'article 15 de cette loi, lorsque le bailleur donne congé à son locataire, ce congé doit être justifié soit par sa décision de reprendre ou de vendre le logement, soit par un motif légitime et sérieux, notamment l'inexécution par le locataire de l'une des obligations lui incombant. (...) Lorsqu'il est fondé sur la décision de vendre le logement, le congé doit, à peine de nullité, indiquer le prix et les conditions de la vente projetée. Le congé vaut offre de vente au profit du locataire : l'offre est valable pendant les deux premiers mois du délai de préavis.
Suivant l'article 25-5 de cette loi relatif aux baux meublés, un inventaire et un état détaillé du mobilier sont établis dans les mêmes formes et en autant d'exemplaires que de parties lors de la remise et de la restitution des clés. Ces documents, établis contradictoirement et amiablement, sont signés par les parties ou par un tiers mandaté par elles et joints au contrat de location.
En l'espèce, par acte de commissaire de justice en date du 29 novembre 2021, M. [C] a délivré congé, pour le 31 mai 2022, à minuit, à Mme [F] pour vendre le bien loué.
Ce congé vise les dispositions de l'article 25-8 de la loi du 6 juillet 1989 qui régissent les baux d'habitation meublés et divergent de l'article 15 de cette même loi relatif au congé délivré pour les baux d'habitation non meublés.
Or, le premier juge a retenu une contestation sérieuse en lien avec la qualification du contrat de bail liant M. [C] et Mme [F] qui détermine les dispositions applicables au congé.
Force est de relever que le contrat de bail produit par M. [C] est intitulé contrat de location meublée mais qu'il ne comporte aucune annexe et que le bailleur ne verse aux débats aucun inventaire et état du mobilier présent dans l'appartement.
Le dossier de l'appelant ne contient aucune pièce afférente au caractère meublé de la location alors même que la qualification du bail influe sur la validité du congé, ce point étant dans les débats de première instance et la cour devant l'analyser en l'absence de conclusions transmises par Mme [F].
Il doit être précisé que le relevé bancaire mentionnant un achat chez Darty n'est pas de nature à pallier l'absence d'inventaire du mobilier.
Aussi, en l'absence d'élément justificatif produit par M. [C], il doit être retenu une contestation sérieuse sur la qualification du contrat de bail qui empêche de valider le congé délivré le 29 novembre 2021.
Par ailleurs, si M. [C] invoque l'acquisition de la clause résolutoire à la date du 7 octobre 2025, son dossier ne comporte nullement le commandement de payer sur le fondement duquel il considère que le bail est résilié ni même un décompte de créance.
Aussi, la cour ne peut constater la résiliation du contrat de bail liant M. [C] et Mme [F] par application de la clause résolutoire.
Au regard de ces éléments, l'ordonnance déférée doit être confirmée en ce qu'elle a dit n'y avoir lieu à référé sur la demande tendant au constat de l'occupation sans droit ni titre et des demandes subséquentes à savoir l'expulsion et l'indemnité d'occupation.
- Sur la demande de dommages et intérêts pour résistance abusive :
Aux termes de l'article 835 alinéa 2 du code de procédure civile, dans les cas où l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable, le président du tribunal judiciaire ou le juge du contentieux de la protection dans les limites de sa compétence peuvent accorder une provision au créancier ou ordonner l'exécution d'une obligation même s'il s'agit d'une obligation de faire.
L'absence de constestation sérieuse implique l'évidence de la solution qu'appelle le point contesté. Il appartient au demandeur d'établir l'existence de l'obligation qui fonde sa demande de provision tant en son principe qu'en son montant, celle-ci n'ayant alors d'autre limite que le montant non sérieusement contestable de la créance alléguée.
En l'espèce, eu égard aux développements précédents, aucune résistance abusive ne peut être caractérisée.
En tout état de cause, la cour souligne que la demande de dommages et intérêts n'a pas été formulée à titre provisionnel alors que le juge des référés ne peut qu'accorder des provisions.
L'ordonnance déférée sera donc confirmée en ce qu'elle a débouté M. [C] de sa demande de ce chef.
- Sur l'article 700 du code de procédure civile et les dépens :
L'ordonnance déférée doit être confirmée en ce qu'elle a condamné Mme [F] à payer à M. [C] la somme de 300 euros en application de l'article 700 du code de procédure civile, outre les dépens.
L'équité commande de ne pas faire application des dispositions de l'article 700 du code de procédure civile à l'égard de Mme [F] en cause d'appel. M. [C] doit donc être débouté de sa demande ce chef.
M. [C], succombant à l'instance d'appel, supportera les dépens d'appel.