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Cour de cassation, 2ème chambre civile, 13 mai 2026 — n° 23-17.689

Rejet Publication : b ECLI : ECLI:FR:CCASS:2026:C200486

Synthèse de la décision

Question juridique

L'URSSAF peut-elle écarter une déclaration rectificative d'un employeur sans avoir procédé à une vérification de déclaration ?

Principe retenu

L'employeur peut corriger les erreurs dans ses déclarations de cotisations lors de l'échéance déclarative la plus proche. L'URSSAF ne peut contester cette correction qu'après avoir effectué une vérification de déclaration.

Faits clés

  • La société a établi une déclaration sociale nominative pour décembre 2018 en déduisant une somme payée à tort en novembre 2016.
  • L'URSSAF a notifié une mise en demeure le 22 mars 2019 pour le paiement des cotisations de décembre 2018.
  • La société a contesté la mise en demeure en invoquant une correction de déclaration.

Articles cités

article R. 243-10 du code de la sécurité sociale article L. 244-2 du code de la sécurité sociale article R. 243-43-3 du code de la sécurité sociale

Exposé du litige

Faits et procédure 1. Selon l'arrêt attaqué (Toulouse, 7 avril 2023), la société [1] (la cotisante) ayant, pour la période afférente aux salaires du mois de décembre 2018, établi une déclaration sociale nominative opérant déduction d'une somme qu'elle estimait avoir payée à tort en novembre 2016 au titre de la réduction générale, l'URSSAF de Midi-Pyrénées (l'URSSAF) lui a notifié, le 22 mars 2019, une mise en demeure aux fins de paiement des cotisations du mois de décembre 2018 et des majorations de retard. 2. La cotisante a saisi d'un recours une juridiction chargée du contentieux de la sécurité sociale.

Motivations de la décision

3. En application de l'article 1014, alinéa 2, du code de procédure civile, il n'y a pas lieu de statuer par une décision spécialement motivée sur ces griefs qui ne sont manifestement pas de nature à entraîner la cassation. Réponse de la Cour 5. La notification par un organisme de recouvrement, en application de l'article L. 244-2 du code de la sécurité sociale, d'une mise en demeure pour le recouvrement de cotisations et contributions dont le cotisant a omis le versement à l'échéance, ne constitue pas une vérification de déclaration au sens des dispositions des articles R. 243-43-3 et suivants du code de la sécurité sociale. 6. L'arrêt énonce que les dispositions des articles R. 243-43-3 et R. 243-43-4 du code de la sécurité sociale concernent la vérification des déclarations, à l'initiative de l'URSSAF. Il relève que la mise en demeure litigieuse a été adressée en réponse à la déduction argumentée par la cotisante, dans sa lettre explicative du 14 janvier 2019, et non en conséquence d'une décision de contrôle d'office initiée par l'URSSAF. 7. De ces énonciations et constatations, faisant ressortir que les dispositions de l'article R. 243-10 du code de la sécurité sociale, dans sa rédaction applicable au litige, issue du décret n° 2016-1567 du 21 novembre 2016, permettant à l'employeur, sous sa seule responsabilité, de déduire lors d'une échéance déclarative les sommes qu'il estime indûment versées au titre d'une échéance antérieure, n'obligent pas l'URSSAF à appliquer la procédure de vérification des déclarations pour contester la correction opérée par l‘employeur, la cour d'appel a exactement déduit que les dispositions des articles R. 243-43-3 et suivants du code de la sécurité sociale n'avaient pas à recevoir application. 8. Le moyen n'est, dès lors, pas fondé.

Dispositif

PAR CES MOTIFS, la Cour : REJETTE le pourvoi ; Condamne la société [1] aux dépens ; En application de l'article 700 du code de procédure civile, rejette la demande formée par la société [1] et la condamne à payer à l'URSSAF de Midi-Pyrénées la somme de 1 500 euros ; Ainsi fait et jugé par la Cour de cassation, deuxième chambre civile, et prononcé publiquement le treize mai deux mille vingt-six par mise à disposition de l'arrêt au greffe de la Cour, les parties ayant été préalablement avisées dans les conditions prévues au deuxième alinéa de l'article 450 du code de procédure civile.
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