MOTIFS
* Sur le non respect des normes thermiques et d'isolation
L'acte authentique de vente du 1er septembre 2017 désigne le bien vendu comme 'un local' d'une surface de 95,26 m² constituant le lot n°12 d'un ensemble immobilier en copropriété situé [Adresse 3] [Localité 6] comprenant un bâtiment unique et le terrain attenant, au sein du lotissement dénommé Parc d'activités [Localité 5].
La société ML Immo fait valoir qu'elle a obtenu le 20 novembre 2014 un permis de construire 'un bâtiment artisanal comprenant des box'.
L'acte sous seing privé souscrit par la société ML Immo et M.[X] et Mme [A] le 23 juin 2017 désigne toutefois le bien finalement acquis par la société GD Invest comme 'un local portant le numéro 12 sur les plans du bâtiment (...) Étant ici précisé que ce local sera aménagé au plus tard le jour de la signature de l'acte authentique avec un bureau de 25 m² environ, équipements sanitaires, installations électrique et téléphonique'.
Les constatations de l'expert judiciaire confirment l'existence d'un bureau d'une surface de 22,8 m² situé en mezzanine du box à usage de stockage, l'accès au bureau se faisant par un escalier depuis l'intérieur du box.
C'est donc à juste titre que le tribunal a retenu que le bien vendu consistait en un local à usage mixte d'activité artisanale et de bureau.
La société ML Immo, vendeur professionnel qui a fait construire l'ouvrage neuf qu'elle a vendu à la société GD Invest, ne conteste pas son obligation de délivrer un local répondant aux normes thermiques et d'isolation en vigueur, mais soutient que ni la réglementation thermique de 2012, ni la réglementation issue de l'arrêté du 3 mai 2007 relatif aux caractéristiques thermiques et à la performance énergétique des bâtiments existants, dite RT 2007 existants, ne sont applicables en l'espèce. Elle fait valoir la RT 2012 n'est pas applicable au bureau qui constitue un accessoire du local à usage de stockage, dès lors que depuis le 1er janvier 2015, la RT 2012 ne s'applique pas pour les bâtiments dont la surface de plancher est inférieure à 50 m². Elle soutient également, à l'appui de son appel principal, que l'arrêté du 3 mai 2007 relatif aux caractéristiques thermiques et à la performance énergétique des bâtiments existants n'est pas applicable au bâtiment litigieux, ainsi que cela résulte de l'article R 131-25 du code de la construction et de l'habitation, alors qu'elle a vendu un box entrant dans l'une des catégories d'exceptions à l'obligation d'établir un diagnostic de performance énergétique prévues par l'article R 134-1 du code de la construction et de l'habitation, comme le rappelle l'acte authentique.
La société GD Invest, acquéreur, appelant à titre principal, soutient que la RT 2012 est applicable, dès lors que l'exception résultant de l'arrêté du 11 décembre 2014, selon laquelle la RT 2012 n'est pas applicable aux opérations de constructions neuves d'une surface de moins de 50 m², doit être écartée puisque cet arrêté est entré en vigueur le 1er janvier 2015, alors que le permis de construire a été déposé par la société ML Immo le 11 juillet 2014.
C'est à juste titre que le tribunal a retenu que seul l'arrêté du 3 mai 2007 relatif aux caractéristiques thermiques et à la performance énergétique des bâtiments existants, dit RT 2007 existants, est applicable au local vendu, comportant en mezzanine un bureau de 22,8 m².
La RT 2012, applicable depuis le 1er janvier 2013, s'applique aux bâtiments définis par l'article 1er du l'arrêté du 26 octobre 2010, à l'exclusion des bâtiments ayant une température inférieure à 12°C. Elle a donc vocation à s'appliquer à des locaux à usage, même accessoire, de bureau.
Toutefois, l'arrêté du 11 décembre 2014, applicable depuis le 1er janvier 2015, exclut du domaine de la RT 2012 les opérations de construction portant sur une surface SRT (surface RT) inférieure à 50 m².
Cet arrêté du 11 décembre 2014 s'applique au bureau dont l'expert a retenu qu'il avait été construit en 2017, soit postérieurement au 1er janvier 2015, ce que confirme la mention de l'acte du 23 juin 2017 indiquant que 'ce local sera aménagé au plus tard le jour de la signature de l'acte authentique avec un bureau de 25 m² environ, équipements sanitaires, installations électrique et téléphonique'. Avant la construction de ce bureau, la RT 2012 n'avait pas vocation à s'appliquer à un local à usage de stockage, ayant une température inférieure à 12°C, ayant fait l'objet de la demande de permis de construire.
La RT 2012 n'est donc pas applicable au bureau en mezzanine d'une superficie dite RT de 22,8 m², construit en 2017, comme l'a retenu l'expert judiciaire.
Conformément aux conclusions de l'expert judiciaire, le bureau doit malgré tout répondre aux prescriptions de l'arrêté du 3 mai 2007 relatif aux caractéristiques thermiques et à la performance énergétique des bâtiments existants, applicable à toute construction où la température est maintenue à plus de 12°C.
La société ML Immo ne peut utilement se prévaloir de l'article R 131-25 du code de la construction et de l'habitation, qui dispose que:
'Les dispositions de la présente section s'appliquent aux bâtiments ou parties de bâtiments existants, à l'exception des catégories suivantes de bâtiments :
a) Les bâtiments et parties de bâtiments dans lesquels il n'est pas utilisé d'énergie pour réguler la température intérieure ;
b) Les constructions provisoires prévues pour une durée d'utilisation égale ou inférieure à deux ans ;
c) Les bâtiments indépendants dont la surface de plancher au sens de l'article R. 111-22 du code de l'urbanisme est inférieure à 50 m² ;
d) Les bâtiments à usage agricole, artisanal ou industriel, autres que les locaux servant à l'habitation, qui ne demandent qu'une faible quantité d'énergie pour le chauffage, la production d'eau chaude sanitaire ou le refroidissement ;
e) Les bâtiments servant de lieux de culte ;
f) Les monuments historiques classés ou inscrits à l'inventaire en application du code du patrimoine, lorsque l'application des dispositions de la présente section aurait pour effet de modifier leur caractère ou leur apparence de manière inacceptable'.
En effet, si des box à usage de stockage ne sont pas des bâtiments chauffés, il en va autrement d'un bureau, qui est soumis à la réglementation issue de l'arrêté du 3 mai 2007 relatif aux caractéristiques thermiques et à la performance énergétique des bâtiments existants, dite RT 2007 existants. L'absence d'obligation d'établir un diagnostic de performance énergétique, en application des articles L 134-1 et R 134-1 du code de la construction et de l'habitation, dans leur version applicable en la cause, n'a pas d'incidence sur ce point, la RT 2007 existants étant applicable à toute construction où la température est maintenue à plus de 12°C.
C'est donc à juste titre que le tribunal a condamné la société ML Immo à payer la société GD Invest la somme de 13.689,60 euros TTC correspondant au coût retenu par l'expert pour les travaux de reprise de l'isolation nécessaires pour assurer la conformité du local à la réglementation thermique applicable. L'expert a en revanche expressément écarté les prestations complémentaires comprises dans le devis de la société Viareno dont se prévaut la société GD Invest.
Ajoutant au jugement, la cour condamne également la société ML Immo à payer à la société GD Invest et la société Ô Habitat la somme de 595 euros HT, soit 714 euros TTC, au titre de la surconsommation électrique.
* Sur l'absence de ventilation et de climatisation
Le tribunal a écarté les demandes de la société GD Invest formées au titre de la pose d'une VMC et d'une installation de climatisation.