SUR CE
L'article 906-2, alinéa 1er, du code de procédure civile, dispose qu'à peine de caducité de la déclaration d'appel, relevée d'office par ordonnance du président de la chambre saisie ou du magistrat désigné par le premier président, l'appelant dispose d'un délai de deux mois à compter de la réception de l'avis de fixation de l'affaire à bref délai pour remettre ses conclusions au greffe.
Au cas présent, M. et Mme [G] ont interjeté appel d'une ordonnance du 28 mai 2025 en critiquant ses dispositions ayant constaté la résiliation du bail les liant à la société Issio, rejeté leur demande de suspension des effets de la clause résolutoire, ordonné leur expulsion, prononcé leur condamnation au paiement d'une indemnité d'occupation et statué sur le sort des meubles.
Seul M. [G] a remis et notifié ses premières conclusions dans le délai de deux mois de l'avis de fixation imparti par le texte susvisé. Il en résulte que le défaut de remise de conclusions par Mme [G] dans les deux mois de la réception de l'avis de fixation est de nature à entraîner la caducité de la déclaration d'appel.
Cette caducité se justifie d'autant plus que le litige opposant les parties est indivisible.
Il est admis que l'indivisibilité du litige se caractérise par l'impossibilité d'exécuter simultanément deux décisions de justice.
Cette situation est en l'espèce possible puisque, dans l'hypothèse où la cour infirmerait l'ordonnance entreprise, conformément à la demande de M. [G], et suspendrait les effets de la clause résolutoire, il existerait une impossibilité d'exécution simultanée de l'arrêt avec la décision de première instance, laquelle resterait valide à l'égard de Mme [G], cotitulaire du bail avec son époux, en ce qu'elle a, notamment, constaté la résiliation du bail et ordonné l'expulsion.
Contrairement à ce qu'indique M. [G], le fait que les appelants soient en instance de divorce et que Mme [G] ait quitté le logement n'a pas pour effet de faire échec à la cotitularité du bail et à la solidarité existant entre les appelants dès lors qu'il n'est nullement démontré que le bailleur a expressément déchargé cette dernière de ses obligations.
Il en résulte que la lettre adressée par Mme [G] au bailleur le 3 juillet 2025, dans laquelle elle indique ne plus résider dans les lieux loués depuis octobre 2019 et marquer formellement sa volonté de ne plus être tenue aux obligations locatives, est sans pertinence. En tout état de cause, à supposer que cette lettre puisse produire des effets à l'égard du bailleur, ceux-ci ne pourraient remettre en cause les obligations contractuelles passées et donc avoir un quelconque effet sur le commandement de payer délivré le 23 mai 2024 et ses conséquences quant à l'acquisition de la clause résolutoire. Au surplus, la société Issio sollicite, dans ses conclusions d'appel, la confirmation de l'ordonnance entreprise ayant accueilli ses prétentions, ce qui tend à établir qu'elle n'entend pas mettre fin à la cotitularité du bail.
Par ailleurs, la séparation des époux, qui produit des effets entre ces derniers, est sans conséquence sur les obligations procédurales découlant des dispositions de l'article 906-2 susvisé, de sorte qu'il appartenait à Mme [G], appelante dans cette procédure, de se conformer à ces obligations.
Le litige étant ainsi indivisible entre les parties, la caducité encourue pour Mme [G] entraîne nécessairement la caducité de la déclaration d'appel pour M. [G].
Il convient donc de prononcer la caducité de la déclaration d'appel dans son ensemble.