EXPOSE DU LITIGE
Par acte sous seing privé en date du 8 février 2021, l'établissement public [Localité 3] a donné à bail à la société H. Distrifood un local à usage commercial situé à [Adresse 5], pour une durée de 3-6-9 ans moyennant le paiement d'un loyer mensuel de 7.575 euros ht, destiné à l'usage exclusif d'exploitation de vente en gros, semi-gros et détails de produits alimentaires.
Se prévalant d'un accord verbal, la société H. Distrifood devenue Nima Food a fait procéder à des travaux d'installation de chambre froide et d'aménagement aux fins d'ouverture au public.
Par procès-verbal du 29 août 2024, la commission d'arrondissement de [Localité 4] a émis un avis défavorable au projet d'aménagement de la société Nima Food et le maire de [Localité 5] a pris le 6 janvier 2025 un arrêté prononçant la fermeture de l'établissement en absence de mise en conformité aux normes de sécurité.
Le 27 mai 2025, la commission d'arrondissement de [Localité 4] a émis un avis favorable au projet d'aménagement d'un établissement de vente de produits alimentaires (grossiste) au sein du bâtiment et le 19 juin 2025, le maire de [Localité 6] a pris un arrêté autorisant l'aménagement de l'établissement recevant du public.
Constatant que la société Nima Food continuait à exploiter les locaux malgré la décision de fermeture administrative, l'établissement public [Localité 3] a par acte du 24 octobre 2025 fait délivrer un commandement visant la clause résolutoire enjoignant le locataire de se conformer à l'arrêté de fermeture dans le délai d'un mois.
Par acte du 19 décembre 2025, la société Nima Food a fait assigner l'établissement public Douaisis Agglo devant le juge des référés du tribunal judiciaire de Douai aux fins de voir suspendre les effets de la clause résolutoire pour une durée de deux ans et d'être autorisée à effectuer les travaux de mise en conformité.
Par ordonnance de référé du 11 mars 2026, le président du tribunal judiciaire de Douai a principalement :
² - constaté l'acquisition de la clause résolutoire du bail liant les parties à la date du 25 novembre 2025,
- débouté la société Nima Food de sa demande de suspension des effets de la clause résolutoire
- ordonné, à défaut de libérer les lieux dans le délai d'un mois suivant la signification de l'ordonnance, l'expulsion de la société Nima Food ainsi que de tous occupants de son chef, au esoin avec le concours de la force publique et l'assistance d'un serrurier,
- condamné la société Nima Food à payer à l'établissement public [Localité 3] la somme de 2.000 euros au titre de l'article 700 du code de procédure civile et aux dépens.
La société Nima Food a interjeté appel de cette ordonnance par déclaration au greffe de la cour d'appel de Douai en date du 23 mars 2026.
Par acte du 2 avril 2026, la société Nima Food a fait assigner l'établissement public Douaisis Agglo devant le premier président de la cour d'appel de Douai aux fins de voir, suivant ses conclusions soutenues à l'audience :
- constater que le juge des référés a statué ultra petita, ce qui constitue un moyen sérieux de réformation de l'ordonnance querellée,
- arrêter l'exécution provisoire attachée à l'ordonnance du tribunal judiciaire de Douai du 11 mars 2026,
- condamner l'établissement public [Localité 3] aux dépens de la présente instance.
A l'appui de sa demande, la société Nima Food fait valoir que les conséquences de cette décision sont manifestement excessives puisque l'obligation de quitter les lieux est de nature à entrainer le licenciement immédiat des dix salariés, que le démontage de la chambre froide et des installations ne peut s'effectuer techniquement dans le délai imparti et qu'elle risque d'être placée en liquidation judiciaire malgré ses résultats positifs qui ne cessent de progresser.