MOTIFS DE LA DÉCISION
SUR L'INTERVENTION VOLONTAIRE
La recevabilité de l'intervention volontaire à l'instance de la scp Delphine Raymond, prise en la personne de Maître Delphine Raymond, ès qualités de liquidateur judiciaire de la société Villa Dumont, n'est pas contestée.
SUR LE TOUR D'ECHELLE
L'article 834 du code de procédure civile dispose que : 'Dans tous les cas d'urgence, le président du tribunal judiciaire ou le juge des contentieux de la protection dans les limites de sa compétence, peuvent ordonner en référé toutes les mesures qui ne se heurtent à aucune contestation sérieuse ou que justifie l'existence d'un différend'.
Aux termes de l'aticle 835 du même code :
'Le président du tribunal judiciaire ou le juge des contentieux de la protection dans les limites de sa compétence peuvent toujours, même en présence d'une contestation sérieuse, prescrire en référé les mesures conservatoires ou de remise en état qui s'imposent, soit pour prévenir un dommage imminent, soit pour faire cesser un trouble manifestement illicite.
Dans les cas où l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable, ils peuvent accorder une provision au créancier, ou ordonner l'exécution de l'obligation même s'il s'agit d'une obligation de faire'.
Les appelants ne s'opposent pas à l'exercice du droit convenu au protocole transactionnel, mais sollicitent le respect du délai de prévenance stipulé et que les informations délivrées soient plus précises.
Par courriel en date du 21 juin 2024, [V] [F], directeur de la société Villa Dumont ([Courriel 2]) a indiqué aux appelants ([Courriel 3] - [Courriel 4]) que :
'Conformément à notre accord de médiation indiquant un délai de prévenance de 1 semaine ou sous 48 heures en cas d'urgence, nous vous informons que les enduiseurs vont intervenir sur le côté de votre propriété pour traiter notre bâti. Date indiquée par l'entreprise : 01/07/2024 au 12/07/2024 sauf cas d'intempéries ou imprévus.
N'hésitez pas à m'appeler si besoin'.
Ce courriel comportait en pied l'identité de l'expéditeur, son adresse de courrier électronique, son numéro de téléphone portable et celui fixe de l'agence.
Ce courriel, adressé 10 jours avant l'intervention de l'entreprise, comportait les éléments nécessaires à l'information des appelants qui pouvaient au surplus recueillir tout renseignement complémentaire par courrier électronique ou par téléphone.
Le refus opposé le 1er juillet 2024 au passage des enduiseurs n'était dès lors pas fondé.
Dans une attestation en date du 2 juillet 2024, [X] [A] de la société Geoffrriaud Ravalement de façade a indiqué que :
'Je vous atteste sur l'honneur les points suivants qui se sont déroulés ce mois-ci sur le chantier VILLA DUMONT:
- M. [K] m'a contacté hier (le 01/07/2024) pour me demander de déposer l'échafaudage mis en place le jour même, sous menace de le faire lui-même
- Le 02/07/2024 au matin, nous avons constaté que M. [G] avait jeté nos éléments d'échafaudage par-dessus la murette ce qui a fortement dégradé nos enduits ainsi que I'étanchéité du bâtiment (ci-joint photos)
- Il y a un mois, M. [K] a jeté des cailloux par-dessus la murette à proximité de nos ouvriers.
- Ce soir, je viens de recevoir un appel de M. [K] qui me demande de démonter mon échafaudage demain dernier délai, sous menace de porter plainte contre nous, s'il n'est pas retiré'.
[D] [W], clerc habilité aux constat de la société Aurik [Localité 1] - [B] [T], [C] [L] et [O] [U], commissaires de justice associés à [Localité 1], a fait le 2 juillet 2024 le constat suivant sur la requête de l'intimée et en présence d'un employé de la société Geoffriaud :
'DEPUIS LA VOIE PUBLIQUE :
Je constate qu'un échafaudage est présent sur la parcelle sise [Adresse 4] à [Localité 1], et qu'il est appuyé contre la façade non enduite du bâtiment en construction sis[Adresse 6] à [Localité 1]
Je relève que cet échafaudage ne monte pas jusqu'en haut du mur.
DEPUIS LE [Adresse 6] :
Dans la cour à l'arrière du bâtiment, je constate la présence de barres, de barrières métalliques, et de deux planchers, semblables à des éléments d'échafaudage, en désordre sur le sol.
Sur le muret parallèle au mur séparatif des deux fonds cités précédemment, je constate la présence de nombreux impacts profonds dans l'enduit du côte ou se situent les éléments d'echafaudage au sol Je note également des impacts dans les dalles isolantes et sur la réglette metallique maintenant les plaques isolantes'.
Dans une attestation en date du 3 juillet 2024, [E] [Q], conducteur de travaux de la société Chatel Etanchéité, a indiqué que :
'Je soussigné ...
Atteste avoir constaté des désordres sur la résidence Villa Dumont - [Adresse 6] à [Localité 1]. Ceux-ci ont été causés par des éléments d'échafaudage qui ont été lancé par-dessus la murette depuis la parcelle voisine. Ces éléments ont détérioré nos ouvrages de la terrasse « patio » située en RDJ. Il y a 5ml de relevé d'étanchéité + 5ml de solin à reprendre. Après la dépose des éléments d'échafaudage, nous devrons contrôler notre étanchéité en surface courante. Nous remettrons alors un chiffrage pour réparer l'ensemble des dégáts'.
Maître [I] [M], commissaire de justice associé à [Localité 1], a sur la requête des appelants constaté le 8 juillet 2024 la présence sur leur fonds d'un échafaudage. Celui-ci comportait sur les photographies annexées 2 niveaux sur toute la longueur du mur pignon de la résidence en construction, et obstruait partiellement l'accès à leur propriété par le portail situé [Adresse 7].
Par courriel en date du 10 décembre 2024, [V] [F] précité a indiqué aux appelants que :
'Conformément à notre accord de médiation indiquant un délai de prévenance de 1 semaine ou sous 48 heures en cas d'urgence, nous vous informons que les enduiseurs vont intervenir pour traiter le pignon de la maisonnette jouxtant votre propriété.
Nous vous remercions de bien vouloir rendre l'accès libre afin de permettre la pose de l'échafaudage et de l'enduit (retrait de vos plaques, appentis, portillon si nécessaires.
Date indiquée par l'entreprise : à partir du lundi 06/01/2025 selon météo, durée des travaux 4 jours'.
Les appelants n'ont pas donné une suite favorable à cette demande, formulée 27 jours avant l'intervention des enduiseurs.
Comme précédemment, ce courriel comportait les éléments nécessaires à l'information des appelants qui pouvaient au surplus recueillir tout renseignement complémentaire par courrier électronique ou par téléphone.
Il résulte toutefois d'une photographie produite aux débats par les appelants, dont la date du 26 mars 2025 n'a pas été contestée, que l'un des murs pignons de la résidence a été enduit et que demeure bâché et inachevé le mur pignon d'un bâtiment de la résidence situé face à la maison d'habitation située sur le fonds voisin.
En refusant l'accès à leur fonds qui avait été sollicité dans les délais de la transaction homologuée et alors que les informations nécessaires leur avaient été délivrées, les appelants ont manqué à l'engagement contractuel qu'ils avaient pris.
En raison de ce refus maintenu, l'intimée ne peut ainsi pas achever l'étanchéification de l'un des murs pignon de la résidence édifiée.
Ce manquement, incontestable, est ainsi à l'origine d'un trouble manifestement illicite qu'il convient de faire cesser.
L'ordonnance sera pour ces motifs confirmée en ce qu'elle a ordonné aux appelants de respecter la servitude de tour d'échelle convenue et de ne pas entraver le bon déroulement des travaux.
L'article L 131-1 du code des procédures civiles d'exécution dispose que : 'Tout juge peut, même d'office, ordonner une astreinte pour assurer l'exécution de sa décision'.
Les circonstances de l'espèce précédemment rappelées justifient que cette injonction soit assortie d'une astreinte, fixée par infraction constatée pour le montant qui sera précisé ci-après.
SUR LES MURS
Les parties ont convenu au protocole transactionnel que :