MOTIFS
Sur l'indemnisation de M. [H] au titre du déficit fonctionnel permanent
Il est rappelé que par arrêt de la cour d'appel de céans en date du 6 février 2025, a notamment été ordonné un complément d'expertise confié au docteur [Q] afin qu'il se prononce sur le déficit fonctionnel permanent subi par M. [H].
Le déficit fonctionnel permanent est le préjudice extrapatrimonial résultant de l'atteinte permanente d'une ou plusieurs fonctions persistant au moment de la consolidation.
Le docteur [Q] a déposé son rapport de complément d'expertise le 26 mai 2025.
L'expert rappelle tous les examens et opérations chirurgicales subis par M. [H] suite à l'accident du travail dont il a été victime ainsi que ses doléances le jour de l'examen, à savoir : « (') Monsieur [N] [H] est venu à la réunion d'expertise en voiture conduite par sa compagne, Il est droitier, 1m75 pour 78 kg. Selon ses dires, il a pris 10 kg depuis l'affaire qui nous concerne.
Il a arrêté récemment le Tramadol et les antalgiques.
Il éprouve des douleurs au niveau de sa main gauche, avec décharges électriques régulières.
Il a des douleurs lors du changement de temps.
Il a un retentissement psychologique certain, mais il n'a pas eu de suivi : ni par un psychiatre, ni par un psychologue, Il n'a été traité que par son médecin traitant. »
L'expert indique en outre :
« (') EXAMEN CLINIQUE REALISE LORS DE L'ACCIDENT DU 4 octobre 2022 :
L'examen clinique révèle une cicatrice au niveau de l'olécrane gauche de 2 cm, une cicatrice à la face palmaire de l'avant-bras de 14 cm, deux petites cicatrices radiales de 3 cm et une cicatrice ulnaire de 7 cm. Toutes ces cicatrices sont sans particularité. Pas d'aspect chéloïdien.
On note également une cicatrice à la face dorsale du poignet gauche de 4 cm et une cicatrice de 3 cm en regard des métacarpo-phalangiennes : deuxième, troisième, quatrième et cinquième doigts de la main gauche.
La pronation est normale. Supination à 75° par rapport au côté opposé.
La mobilité du coude gauche est normale.
La flexion dorsale des poignet/coude est possible mais limitée à 100 par rapport au côté opposé qui est à 70° .
La flexion palmaire est à 80 à droite, 60 à gauche.
Il est à difficile de mobiliser les métacarpo-phafangiennes des doigts longs.
Mobilité métacarpo-phalangienne en flexion du pouce à 30°, 0 au niveau des autres doigts longs.
L'extension de MP est à 30°.
Difficulté de faire bouger les interphalangiennes distales et proximales.
Pas de serrage de la main.
Pinces pouce/index et autres doigts impossibles.
Pas de trouble neurologique dans le territoire du nerf radial.
Par contre, décharge électrique retrouvée lors de la percussion dans le territoire du nerf médian et du nerf ulnaire.
On note au niveau de la crête iliaque gauche une cicatrice de 5 cm, sans particularité,
Pas de trouble neurologique dans le territoire du nerf fémoral,
Mesures de circonférence musculaire
Avant-bras
28
25
Poignet
19
27
Empan
23
21
Les réflexes des membres supérieurs sont introuvables des deux côtés. On constate une légère hypotrophie de thénar gauche.
Sur le plan sexuel, Monsieur [N] [H] a des difficultés : gêne positionnelle et perte de la libido. »
L'expert précise s'agissant des questions posées dans le cadre de l'expertise :
« (') Le déficit fonctionnel permanent :
Il persiste chez Monsieur [N] [H] ; droitier, un déficit du serrage de la main gauche. Il travaillait en tant que mécanicien d'usinage au moment des faits datant du 18 février 2015. On note de la mobilité du poignet gauche en lien avec cette fracture des deux os de l'avant-bras gauche nécessitant un fixateur externe. On constate également une difficulté de mobilité au niveau des interphalangiennes distale et proximale et une mobilité limitée de la métacarpophalangienne du pouce et des autres doigts longs. Il lui est impossible de réaliser les pinces pouce/index et pouce/autres doigts, On note une décharge électrique évidente dans le territoire du nerf médian et du nerf ulnaire gauche. S'y ajoute un retentissement psychologique certain. II a été suivi par son médecin traitant.
Devant tous ces éléments, le déficit fonctionnel permanent, selon le barème de la médecine légale, concernant les préjudices physiques et psychiques, est de 30 %. »
C'est donc aux termes d'un rapport de complément d'expertise précis et circonstancié que l'expert propose de fixer le taux de déficit fonctionnel permanent de M. [H] à 30%.
La société ne verse aucun élément de nature à remettre en cause le taux de déficit fonctionnel permanent proposé par l'expert. Il convient donc de fixer le taux de taux de déficit fonctionnel permanent de M. [H] à 30%.
La cour relève que compte-tenu de l'âge de M. [H] au jour de sa consolidation, le 15 février 2019, à savoir 60 ans, le déficit fonctionnel permanent de ce dernier sera justement réparé par l'octroi de la somme de 66 600 euros (30X 2200).
Sur la demande de remboursement des frais divers
M. [H] demande la condamnation de la société à lui rembourser la somme de 360 euros au titre des frais d'assistance à expertise qu'il a supportés dans le cadre des opérations de complément d'expertise.
La société s'en rapporte à la Cour.
La caisse ne conclut pas sur ce point.
Sur ce,
M. [H] produit la facture acquittée du 6 mai 2025 d'un montant de 360 euros correspondant aux frais et honoraires payés au docteur [W] qui l'a assisté durant les opérations de complément d'expertise.
M. [H] justifie de sa demande de remboursement des frais d'assistance à expertise et la société sera donc condamnée à payer à ce dernier la somme de 360 euros au titre des frais divers.
Sur les dépens
Compte tenu du sens du présent arrêt, la société sera condamnée à payer les dépens d'appel.
Les circonstances d'équité tendent à justifier de condamner la société à payer à M. [H] la somme de 2 000 euros au titre de l'article 700 du code de procédure civile.