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Cour d'appel, 3e chambre civile, 21 mai 2026 — n° 25/05352

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Synthèse de la décision

Question juridique

La SAS Construction Métallique Languedocienne peut-elle être condamnée à payer une provision malgré des contestations sérieuses sur la conformité des travaux réalisés ?

Principe retenu

La possibilité d'octroyer un paiement ou une provision est conditionnée par l'absence de contestation sérieuse sur l'existence de l'obligation. En cas de malfaçons rendant l'ouvrage dangereux, le paiement d'une provision ne peut être accordé.

Faits clés

  • La SCI [J] et Fils a confié des travaux de couverture métallique à la SAS Construction Métallique Languedocienne.
  • Des malfaçons ont été constatées avant la réception des travaux, compromettant la solidité de l'immeuble.
  • Une expertise a révélé des défauts de construction, notamment l'absence de calage et de contreventements.
  • La SCI a demandé une expertise judiciaire et la suspension des paiements envers la SAS.
  • Le premier juge a débouté la SAS de sa demande de paiement en raison des malfaçons.

Articles cités

article 544 du code de procédure civile article 1233 du code civil article 835 du code de procédure civile article 1342 du code civil article 145 du code de procédure civile article 700 du code de procédure civile

Dispositif

PAR CES MOTIFS La cour, Confirme l'ordonnance du 16 octobre 2025 en toutes ses dispositions, Condamne la SAS Construction Métallique Languedocienne à payer à la SCI [J] & Fils la somme de 1.800 € sur le fondement de l'article 700 du Code de Procédure Civile, Condamne la SAS Construction Métallique Languedocienne aux entiers dépens. Le greffier, Le président,

Exposé du litige

* * * EXPOSE DU LITIGE La SCI [J] et Fils est propriétaire d'un immeuble situé [Adresse 3] à Frontignan, destiné à la location de boxes et de garages. Selon devis daté du 25 mars 2024, la SCI [J] et Fils a confié notamment à la SAS Construction Métallique Languedocienne la fourniture, la réalisation et la pose de couvertures métalliques de l'immeuble précité. Faisant état de diverses malfaçons rendant les locaux impropres à leur destination et compromettant la solidité de l'immeuble qui auraient été constatées avant réception des travaux, la SCI [J] et Fils a sollicité la réalisation d'une expertise amiable confiée à la société Protegis, laquelle a relevé les désordres suivants : - L'absence de calage des platines - La présence de plusieurs platines excentrées - Des interrogations non élucidées sur le mode de liaison des platines aux appuis - L'absence de contreventements longitudinaux - L'absence d'une croix de [Localité 3] entre les poteaux de la dernière travée - L'absence d'une poutre au vent de toiture longitudinale - La fixation de la majorité des pannes sur les traverses par un unique boulon - Un écartement entre les pannes non conforme - L'absence de closoir entre les plaques ondulées et la partie supérieure plane du chéneau. Par acte de commissaire de justice signifié le 28 janvier 2025, la SCI [J] et Fils a fait assigner la SAS Construction Métallique Languedocienne devant le juge des référés du tribunal judiciaire de Montpellier aux fins de voir ordonner les mesures suivantes sur le fondement des articles 544 et suivants du code de procédure civile et de l'article 1233 du code civil : - Ordonner une expertise et désigner tel expert avec mission précisée à l'assignation - Autoriser la SCI [J] et Fils à faire reprendre les travaux par tout entrepreneur de son choix après avis de l'expert judiciaire désigné - Suspendre tout paiement de la SCI [J] et Fils envers la SAS Construction Métallique Languedocienne - Statuer ce que de droit sur la consignation des frais d'expertise - Renvoyer les parties à se pourvoir sur le fond - Réserver les dépens Lors de l'audience, en défense, le conseil de la SAS Construction Métallique Languedocienne a sollicité que soient ordonnées les mesures suivantes sur le fondement des articles 1103 et 1342 du code civil, et 835 alinéa 2 du code de procédure civile : - Ordonner le paiement de la somme de 20 400 euros par la SCI [J] et Fils à la SAS Construction Métallique Languedocienne - Condamner la SCI [J] et Fils à lui payer la somme de 1 584 euros sur le fondement de l'article 700 du code de procédure civile - Condamner la SCI [J] et Fils à payer les dépens sur le fondement de l'article 699 du code de procédure civile Par ordonnance de référé contradictoire du 16 octobre 2025, le tribunal judiciaire de Montpellier a notamment ordonné une expertise judiciaire de l'immeuble appartenant à la SCI [J] et Fils et situé [Adresse 3] à Frontignan, tous droits et moyens des parties demeurant réservés et commis pour y procéder en qualité d'expert : Madame [M] [B], experte inscrite sur la liste des experts de la cour d'appel de Montpellier Par déclaration d'appel enregistrée par le greffe le 3 novembre 2025, la SAS Construction Métallique Languedocienne a régulièrement relevé appel de cette ordonnance. Par ses conclusions enregistrées au greffe le 12 novembre 2025, elle sollicite l'infirmation de l'ordonnance de référé et demande notamment à la cour de : - Ordonner le paiement de la somme de 20 400 euros par la SCI [J] - Condamner la SCI [J] à lui payer la somme de 1 584 euros sur le fondement de l'article 700 du code de procédure civile - Condamner la SCI [J] à payer les dépens sur le fondement de l'article 699 du code de procédure civile Par ses conclusions enregistrées au greffe le 17 décembre 2025, la SCI [J] & Fils demande à la cour de confirmer l'ordonnance de référé en toutes ses dispositions et demande notamment à la cour de :

Motivations de la décision

MOTIFS : Il sera constaté que l'appel est limité à titre principal à la demande de paiement de la somme de 20 400 euros par la SCI [J]. Le premier juge a débouté la SAS Construction Métallique Languedocienne sur le fondement des articles 835 du Code de Procédure Civile et 1342 du Code Civil tout en ordonnant une expertise en application de l'article 145 du code de procédure civile. La SAS Construction Métallique Languedocienne produit en pièce 2 un rapport d'expertise privée contradictoire qui après de multiples constats de malfaçons et de non conformités conclut à un risque d'effondrement en chaîne de la structure en cas de surcharge climatique (vent) notamment en page 9. Si l'article l'article 835 du Code de procédure civile prévoit la possibilité d'octroyer un paiement ou une provision dans le cas où l'existence d'une obligation n'est pas sérieusement contestable tandis que l'article 1342 du Code Civil, impose le paiement dès lors que la dette est exigible, il sera constaté que la structure livrée par la SAS Construction Métallique Languedocienne n'est pas conforme, et est susceptible de présenter un danger pour les personnes et les biens. Cette situation est l'illustration parfaite de contestations sérieuses et de ce fait de l'absence de réception de l'ouvrage et fait obstacle à l'octroi du paiement d'une provision dans le cadre des référés. L'ordonnance sera confirmée. La SAS Construction Métallique Languedocienne , succombante, sera condamnée au paiement de la somme de 1.800 € sur le fondement de l'article 700 du Code de Procédure Civile et aux entiers dépens.
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