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Cour d'appel, chambre commerciale, 21 mai 2026 — n° 25/02091

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Synthèse de la décision

Question juridique

Comment l'homologation d'un accord transactionnel met-elle fin à un litige relatif à un bail commercial ?

Principe retenu

L'homologation d'un accord transactionnel entre les parties rend cet accord exécutoire et met fin au litige. Cet accord doit être conforme à l'ordre public pour être homologué.

Faits clés

  • M. [I] [N] a cessé de payer les loyers depuis juillet 2024.
  • Un commandement de payer a été délivré pour un montant total de 4.838,57 euros.
  • Un protocole d'accord transactionnel a été conclu entre M. [I] [N] et M. [L] [E] les 26 et 28 janvier 2026.
  • L'accord transactionnel a été demandé pour homologation par les deux parties.
  • L'homologation a été prononcée par la Cour, rendant l'accord exécutoire.

Dispositif

PAR CES MOTIFS La Cour, statuant publiquement, contradictoirement, par mise à disposition de l'arrêt au greffe de la Cour, les parties en ayant été préalablement avisées dans les conditions prévues au deuxième alinéa de l'article 450 du code de procédure civile, après en avoir délibéré conformément à la loi, HOMOLOGUE l'accord intervenu entre M. [I] [N] et M. [L] [E] les 26 et 28 janvier 2026, annexé au présent arrêt, CONSTATE que la présente homologation met fin au litige entre les parties, DIT que selon leur accord, chacune des parties conservera à sa charge les dépens et frais de procédure qu'elle a engagés, EXONERE M. [I] [N] de tout remboursement des sommes réglées ou avancées par l'état au titre de l'aide juridictionnelle. SIGNÉ par Mme Marie-Pierre FIGUET, Présidente et par Mme Alice MARION, Greffière à laquelle la minute de la décision a été remise par le magistrat signataire. La Greffière La Présidente

Exposé du litige

FAITS ET PROCÉDURE : Aux termes d'un acte sous seing privé en date du 21 juillet 2009, Messieurs [A] et [L] [E] ont donné à bail commercial à Madame [G] [E], exploitant un fonds de commerce de [Localité 5] (licence IV), restaurant, pizzeria, traiteur, tabac, presse, souvenirs, cadeaux, carterie, organisation de soirée à thème, plats à emporter, exploité à [Adresse 3] ". Le bail a été conclu pour une durée de 9 années entières et consécutives à compter du 1er août 2009 pour se terminer le 31 juillet 2018 moyennant un loyer mensuel de 1.150 euros. Par acte sous seing privé en date du 1er septembre 2015, enregistré au service des impôts le 3 septembre 2015, le fonds de commerce exploité dans les locaux du bail susmentionné a été vendu par Mme [G] [E] à M. [I] [N]. Le bail a été renouvelé par tacite reconduction à compter du 1er septembre 2018. Par acte sous seing privé en date du 1er septembre 2021, le bail en date du 21 juillet 2009 a été renouvelé pour une durée de 9 années commençant à courir le 1er septembre 2021 pour expirer le 31 août 2030. Le renouvellement était consenti et accepté moyennant un loyer mensuel de 1.740 euros TTC. A compter du mois de juillet 2024, M. [I] [N] ne s'est plus acquitté des loyers et charges. M. [L] [E] a fait délivrer par Maître [P], commissaire de justice à [Localité 6], un commandement de payer visant la clause résolutoire en date du 13 août 2024, pour un montant total de 4.838,57 euros. M. [I] [N] s'est acquitté du règlement de la somme de 1.200 euros au titre de la taxe foncière, mais il n'a pas régularisé intégralement la situation. Par exploit de commissaire de justice en date du 28 octobre 2024, M. [L] [E] a saisi le juge des référés du tribunal judiciaire de Gap aux fins de : -constater l'acquisition de la clause résolutoire insérée au bail du 21 juillet 2009 à la date du 13 septembre 2024, et dire et juger que le bail renouvelé est résilié de plein droit avec effet au 13 septembre 2024, -condamner M. [I] [N] à payer à M. [L] [E] une provision de 3.480 euros à valoir sur le montant des loyers et charges dues pour la période antérieure à l'acquisition de la clause résolutoire, -condamner M. [I] [N] à payer à M. [L] [E] une indemnité d'occupation mensuelle de 2.006,07 euros TTC à partir du mois de septembre 2024 inclus, outre charges éventuelles, jusqu'à la parfaite libération des lieux, -ordonner l'expulsion immédiate de M. [I] [N] et de ses biens ainsi que de tous occupants de son chef ou à ses droits, et leurs biens, au besoin avec l'assistance de la force publique, -condamner M. [I] [N] à payer à M. [L] [E] la somme de 1.500 euros en application de l'article 700 du code de procédure civile, -condamner le même aux entiers dépens de l'instance comprenant le coût du commandement de payer de Maître [P] du 13 août 2024 et le coût de l'état des inscriptions. Suivant ordonnance en date du 6 mai 2025, le juge des référés du tribunal judiciaire de Gap a : -constaté l'acquisition de la clause résolutoire insérée au contrat de bail commercial du 21 juillet 2009, renouvelé le 1er septembre 2021, entre M. [L] [E] et M. [I] [N], à la date du 13 septembre 2024, -ordonné, à défaut de restitution volontaire des lieux dans le mois de la signification de la présente ordonnance, l'expulsion de M. [I] [N] et de tout occupant de son chef des lieux loués, soit le local commercial situé dans l'ensemble immobilier dépendant d'une maison située [Adresse 4]", [Localité 7] [Adresse 5], avec le concours, en tant que de besoin, de la force publique et d'un serrurier, -ordonné que les meubles se trouvant dans les lieux seront remis, aux frais de M. [I] [N] dans un lieu désigné par lui et qu'à défaut, ils seront laissés sur place ou entreposés en un autre lieu approprié et décrit avec précision par l'huissier de justice chargé de l'exécution, avec sommation à M.

Motivations de la décision

MOTIFS DE LA DÉCISION : L'article 1543 du code de procédure civile énonce que sans préjudice des dispositions de l'article 1546, toute partie souhaitant conférer force exécutoire à une transaction ou à un accord, même non transactionnel, issu d'une conciliation menée par un conciliateur de justice, d'une médiation ou d'une convention de procédure participative peut demander son homologation selon les modalités de la présente section. En l'espèce, M. [I] [N] et M. [L] [E] justifient avoir conclu un protocole d'accord transactionnel les 26 et 28 janvier 2026, dont ils demandent tous deux l'homologation dans leurs conclusions respectives. Cet accord intervenu entre les parties règle le litige et ne contient aucune disposition contraire à l'ordre public. Il convient dès lors de l'homologuer ce qui a pour effet de le rendre exécutoire. Il n'y a pas lieu d'en reprendre les termes dans le dispositif de l'arrêt dès lors que cet accord est annexé au présent arrêt. Selon leur accord, chacune des parties conservera la charge de ses propres dépens et frais de procédure. En application de l'article 43 de la loi du 10 juillet 1991, il y a lieu d'exonérer M. [I] [N] de tout remboursement des sommes réglées ou avancées par l'état au titre de l'aide juridictionnelle.
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