Justiweb – Assistant juridique IA Justiweb
Se connecter Inscription gratuite
← Accident du travail

Cour d'appel, pôle 6 - chambre 13, 29 mai 2026 — n° 21/09914

Other

Synthèse de la décision

Question juridique

La déclaration de maladie professionnelle est-elle opposable à l'employeur lorsque la demande de prise en charge est prescrite ?

Principe retenu

La demande de prise en charge d'une maladie professionnelle est soumise à un délai de prescription. Si la déclaration de maladie est faite après l'expiration de ce délai, elle est inopposable à l'employeur.

Faits clés

  • Mme [Y] a déclaré une maladie professionnelle le 6 décembre 2019.
  • La caisse a informé l'employeur de la prise en charge de la maladie le 7 avril 2020.
  • La première constatation médicale de l'affection date du 16 janvier 2017.
  • La déclaration de maladie a été faite plus de deux ans après la constatation médicale.
  • L'employeur a contesté la prise en charge auprès de la commission de recours amiable puis du tribunal judiciaire.

Articles cités

article L. 431-2 du code de la sécurité sociale article L. 461-1 du code de la sécurité sociale article R. 441-1 du code de la sécurité sociale article R. 441-8 du code de la sécurité sociale article R. 461-9 du code de la sécurité sociale article R. 441-14 du code de la sécurité sociale article 542 du code de procédure civile article R. 142-11 du code de la sécurité sociale article 946 du code de procédure civile

Dispositif

PAR CES MOTIFS LA COUR, statuant publiquement, par un arrêt contradictoire rendu en dernier ressort, CONFIRME le jugement en toutes ses dispositions ; CONDAMNE la caisse primaire d'assurance maladie des Alpes-Maritimes à payer les dépens de l'instance. La greffière La présidente

Exposé du litige

EXPOSE DU LITIGE Le 6 décembre 2019, Mme [D] [Y], salariée de la société [1] (l'employeur) depuis 2003 en qualité d'assistante de direction, a déclaré être atteinte d'une maladie professionnelle ainsi désignée : « canal carpien droit ». Le 7 avril 2020, la caisse primaire d'assurance maladie des Alpes-Maritimes (la caisse) a informé l'employeur de la prise en charge de la maladie au titre de la législation sur les risques professionnels. La société a contesté cette prise en charge auprès de la commission de recours amiable (CRA) de la caisse, puis auprès du tribunal judiciaire de Paris. Par un jugement du 12 octobre 2021, le pôle social du tribunal judiciaire de Paris a : Déclaré recevable le recours de la société ; Déclaré inopposable à la société la décision de prise en charge critiquée ; Rejeté toutes les autres demandes ; Dit que les dépens seront supportés par la caisse. Pour statuer ainsi le tribunal a considéré que la caisse avait respecté le caractère contradictoire de la procédure d'instruction de la demande de prise en charge de la maladie, prévue aux articles R. 441-1, R. 441-8, R. 461-9 et R. 441-14 du code de la sécurité sociale, mais que, par application des articles L. 431-2 et L. 461-1 du même code, la date de première constatation médicale de l'affection étant fixée au 16 janvier 2017 et la déclaration du 6 décembre 2019 remplie plus de deux ans après, la demande de prise en charge était prescrite. Ce jugement a été notifié à la caisse le 26 octobre 2021. Elle en a interjeté appel, par une lettre recommandée avec avis de réception envoyée le 23 novembre suivant, en visant toutes ses dispositions. Les parties ont été convoquées à l'audience du 24 mars 2026. Leurs avocats ont déposé leurs conclusions et pièces, sans plaider. La caisse, qui se réfère à ses conclusions écrites, demande à la cour de : Confirmer le jugement, Rejeter le recours de l'employeur, Déclarer opposable à l'employeur la maladie professionnelle MP 57 « canal carpien droit » du 10 décembre 2017. L'employeur, qui se réfère à ses conclusions écrites, demande à la cour de : Confirmer le jugement, A titre subsidiaire, ordonner une expertise médicale portant sur la date à laquelle Mme [Y] a eu connaissance du lien entre sa pathologie et son activité professionnelle, Dans le cas où la demande de reconnaissance de la maladie professionnelle serait prescrite, juger que la décision de prise en charge de cette maladie est inopposable à l'employeur, Condamner la caisse aux dépens. La cour a mis sa décision en délibéré au 29 mai 2026.

Motivations de la décision

MOTIFS DE LA DECISION Sur les demandes concordantes des parties L'article 542 du code de procédure civile dispose : « L'appel tend, par la critique du jugement rendu par une juridiction du premier degré, à sa réformation ou à son annulation par la cour d'appel. » Aux termes de l'article R. 142-11 du code de la sécurité sociale, la procédure d'appel est sans représentation obligatoire et, en vertu de l'article 946 du code de procédure civile, la procédure est orale devant la cour. En matière de procédure orale, les conclusions écrites d'une partie ne saisissent valablement le juge que lorsqu'elles sont réitérées verbalement à l'audience (1re Civ., 18 mars 2015, pourvoi n° 14-11.330, Bull. 2015, I, n° 57). En l'espèce, les avocats des parties ont choisi de déposer leurs conclusions et pièces à l'audience, sans plaider. La cour a accepté ces demandes concordantes. Les conclusions de la caisse sollicitent la confirmation du jugement qui déclare inopposable à l'employeur la déclaration de maladie professionnelle de Mme [Y]. Elles concordent avec les conclusions de l'employeur qui sollicite également la confirmation du jugement. Face à ces demandes concordantes, la cour confirme le jugement. Sur les dépens Le sens du présent arrêt justifie de condamner la caisse, appelante, à payer les dépens.
💡 Votre situation ressemble à cette décision ? Posez votre question à l'IA
Gratuit · sans engagement

Des milliers de justiciables utilisent déjà Justiweb pour clarifier leur situation.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question

Gratuit pour commencer · sans engagement

Important : Cette page présente une décision de justice à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Pour votre situation spécifique, consultez un avocat ou utilisez l'assistant Justiweb pour explorer vos questions juridiques.