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Cour d'appel, chambre 1-11 idp, 1 juin 2026 — n° 24/00072

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Synthèse de la décision

Question juridique

Quelles sont les conditions et le montant de l'indemnisation pour préjudice subi à la suite d'une détention provisoire ?

Principe retenu

La réparation du préjudice causé par une détention provisoire est justifiée lorsque la privation de liberté est reconnue comme ayant causé un préjudice moral et matériel. Les montants alloués doivent être proportionnés aux souffrances endurées et aux pertes subies.

Faits clés

  • Détention provisoire de 9 mois et 8 jours du 9 juin 2021 au 17 mars 2022
  • Demande d'indemnisation de 225 700 € pour préjudice moral et matériel
  • Relaxé le 5 juin 2024 par le tribunal correctionnel de Marseille
  • Aucune preuve de perte de revenus liée à l'incarcération
  • Indemnisation partielle des frais d'avocat à hauteur de 7 800 €

Dispositif

***** *** * PAR CES MOTIFS Statuant publiquement, par décision contradictoire et en premier ressort; Déclare la requête en réparation du préjudice causé suite à la détention provisoire subie par [T] [K] recevable. Fixe à la somme de 34 000 € (trente quatre mille euros) le préjudice moral subi par [T] [K] Fixe à la somme de 7 800 € (sept mille huit cent euros) la demande au titre du préjudice matériel Fixe à la somme de 1 700 € (mille sept cent euros) l'indemnité de procédure Laisse les dépens à la charge du Trésor public. Le greffier, Le président,

Exposé du litige

Les parties ont été avisées que le prononcé de la décision aurait lieu par mise à disposition au greffe le 01 juin 2026.

Motivations de la décision

DECISION Contradictoire, Prononcée par mise à disposition au greffe le 01 juin 2026, Signée par Benoit VANDERMAESEN, président et Florence CHUPIN, greffier auquel la minute de la décision a été remise par le magistrat signataire. ***** *** * Par requête parvenue le 16 décembre 2024, [T] [K] a sollicité la réparation du préjudice subi à la suite d'une détention provisoire d'une durée de 9 mois et 8 jours, du 9 juin 2021 au 17 mars 2022. Il sollicite la somme de 225 700 € se décomposant comme suit : - 150 000 € au titre du préjudice moral - 72 200 € au titre du préjudice matériel - 3 500 € au titre de l'article 700 du code de procédure civile Vu les conclusions de l'Agent Judiciaire de l'Etat du 11 avril 2025 déclarant irrecevable la requête faute de justificatif de la décision définitive, mais subsidiairement proposant d'allouer 25 000 € au titre du préjudice moral, diminuer la demande au titre de l'article 700 et rejeter la demande au titre du préjudice matériel ; Vu les conclusions du procureur général du 12 février 2026 proposant de réduire la demande au titre du préjudice moral et de l'article 700, rejeter la demande au titre du préjudice matériel Vu les observations des parties à l'audience du 4 mai 2026; EN LA FORME Formulée dans le délai légal, la requête est recevable en application des articles R 26 et 149-2 du code de procédure pénale. AU FOND Ayant subi une détention provisoire à l'occasion d'une procédure du chef de transport, détention, offre ou cession, acquisition de stupéfiants, importation en bande organisée et association de malfaiteurs, le requérant, relaxé le 5 juin 2024 par le tribunal correctionnel de Marseille, est bien fondé à solliciter la réparation du préjudice directement causé par cette privation de liberté d'une durée de 9 mois et 8 jours. Préjudice matériel Le requérant sollicite la somme de 50 000 € au titre de la perte de revenus et 22 200 € au titre des frais de défense. Rétraité, il ne produit aucun justificatif d'une perte de revenus de son activité de skipper imputable à son incarcération. Concernant ses frais d'avocat, dont il faut relever que les 3 factures produites portent le même numéro et ne distinguent pas ce qui relève du contentieux de la détention, il y sera fait droit partiellement, à hauteur de 7800 €. Préjudice moral Le préjudice moral subi par [T] [K] sera justement réparé par l'allocation de la somme de 34.000 € tant au regard de son âge (64 ans) lors de son placement en détention pour 9 mois et 8 jours que de son casier judiciaire vierge de toute condamnation et des conditions de détention durant son incarcération à [Localité 2], non objectivées en l'espèce alors que la jurisprudence de la commission nationale de recours estime qu'il appartient au demandeur de justifier avoir souffert personnellement d'une violation grave de ses droits fondamentaux. Néanmoins, conformément au droit conventionnel et à la décision de la CEDH, RM c/ France du 15 janvier 2026, son préjudice intégrera la somme mensuelle de 600 € indemnisant l'indignité de ses conditions de détention. Ni l'atteinte à la réputation, ni les protestations d'innocence, ni le préjudice subi par la famille, qui ne peut être personnel au requérant, ne constituent des préjudices indemnisables pour la CNRD. Par contre, les séquelles médicales ou psychologiques sont indemnisables si le lien avec la détention est établi, ce qu'il convient de tempérer au vu des quelques justificatifs produits. Frais irrépétibles Il est inéquitable de laisser à la charge de [T] [K] le montant des frais irrépétibles qu'il a dû exposer dans la présente procédure et qui seront évalués à la somme de 1700 €
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Important : Cette page présente une décision de justice à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Pour votre situation spécifique, consultez un avocat ou utilisez l'assistant Justiweb pour explorer vos questions juridiques.