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Tribunal judiciaire, jex, 16 juin 2026 — n° 26/03913

Fait droit à une partie des demandes du ou des demandeurs en accordant des délais d'exécution au défendeur

Synthèse de la décision

Question juridique

Quel délai peut être accordé à un locataire pour quitter les lieux après un congé pour vendre ?

Principe retenu

Le juge de l'exécution peut accorder un délai au locataire pour quitter les lieux, en tenant compte des circonstances particulières de l'affaire, notamment les efforts de relogement et le droit de propriété du bailleur.

Faits clés

  • M. [R] [V] et Mme [O] [V] ont donné à bail un appartement à Mme [P] [Z] [S] et M. [L] [M].
  • Un congé pour vendre a été délivré le 30 avril 2024.
  • Le tribunal a ordonné l'expulsion de Mme [P] [Z] [S] et M. [L] [M] par jugement du 18 décembre 2025.
  • Mme [P] [Z] [S] et M. [L] [M] ont demandé un délai de 12 mois pour quitter les lieux.
  • Le juge a accordé un délai de 3 mois pour quitter les lieux, suspendant la procédure d'expulsion.

Exposé du litige

EXPOSÉ DU LITIGE : Par acte sous seing privé en date du 20 avril 2021 M. [R] [V] et Mme [O] [V] née [Q] a donné à bail à Mme [P] [Z] [S] et M. [L] [M] un appartement sis [Adresse 6] moyennant le paiement d’un loyer de 827 euros par mois outre la somme de 85 euros à titre de provision sur charges. Par jugement du 18 décembre 2025 le tribunal de proximité d’Aubagne a notamment - déclaré valable le congé pour vendre délivré par M. [R] [V] et Mme [O] [V] née [Q] à Mme [P] [Z] [S] et M. [L] [M] le 30 avril 2024 - constaté que la résiliation du bail par l’effet du congé délivré le 29 juin 2023 - ordonné l’expulsion de Mme [P] [Z] [S] et M. [L] [M] - condamné Mme [P] [Z] [S] et M. [L] [M] à payer à titre provisionnel à M. [R] [V] et Mme [O] [V] née [Q] une indemnité d’occupation mensuelle de 1 000 euros à compter du 1er avril - condamné Mme [P] [Z] [S] et M. [L] [M] à payer à M. [R] [V] et Mme [O] [V] née [Q] la somme de 3 500 euros à titre de dommages et intérêts - condamné Mme [P] [Z] [S] et M. [L] [M] à payer à M. [R] [V] et Mme [O] [V] née [Q] la somme de 500 euros en application des dispositions de l’article 700 du code de procédure civile. Selon acte d’huissier en date du 17 février 2026 M. [R] [V] et Mme [O] [V] née [Q] ont fait signifier à Mme [P] [Z] [S] et M. [L] [M] un commandement de quitter les lieux. Par requête reçue au greffe le 16 avril 2026 Mme [P] [Z] [S] et M. [L] [M] ont fait convoquer M. [R] [V] et Mme [O] [V] née [Q] devant le juge de l’exécution de [Localité 5] aux fins de leur accorder un délai de 12 mois pour quitter les lieux et suspendre la mesure d’expulsion. Par conclusions, M. [R] [V] et Mme [O] [V] née [Q] se sont opposés à la demande et ont sollicité l’allocation de la somme de 3 000 euros en application de l’article 700 du code de procédure civile. À l’audience du 28 mai 2026, les parties ont développé leurs écritures. Il est expressément référé, en application de l’article 455 du code de procédure civile, à l’exploit introductif d’instance et aux conclusions pour connaître des faits, moyens et prétentions des parties.

Motivations de la décision

MOTIFS En vertu de l’article R412-4 du code des procédures civiles d’exécution, à compter de la signification du commandement d'avoir à libérer les locaux, toute demande de délais formée en application des articles L412-2 à L412-6 est portée devant le juge de l'exécution du lieu de situation de l'immeuble. L’article L412-3, alinéa premier du code des procédures civiles d’exécution dispose que le juge peut accorder des délais renouvelables aux occupants de lieux habités ou de locaux à usage professionnel, dont l'expulsion a été ordonnée judiciairement, chaque fois que le relogement des intéressés ne peut avoir lieu dans des conditions normales, sans que ces occupants aient à justifier d'un titre à l'origine de l'occupation. Selon l’article L412-4 du même code “La durée des délais prévus à l'article L. 412-3 ne peut, en aucun cas, être inférieure à un mois ni supérieure à un an. Pour la fixation de ces délais, il est tenu compte de la bonne ou mauvaise volonté manifestée par l'occupant dans l'exécution de ses obligations, des situations respectives du propriétaire et de l'occupant, notamment en ce qui concerne l'âge, l'état de santé, la qualité de sinistré par faits de guerre, la situation de famille ou de fortune de chacun d'eux, les circonstances atmosphériques, ainsi que des diligences que l'occupant justifie avoir faites en vue de son relogement. Il est également tenu compte du droit à un logement décent et indépendant, des délais liés aux recours engagés selon les modalités prévues aux articles L. 441-2-3 et L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation et du délai prévisible de relogement des intéressés”. La situation de Mme [P] [Z] [S] et M. [L] [M] telle qu’elle est justifiée est la suivante : ils sont respectivement âgés de 42 et 45 ans. Ils ont deux enfants à charge âgés de 7 et 10 ans. Mme [P] [Z] [S] est coiffeuse en arrêt maladie depuis décembre 2025. Elle perçoit des indemnités jounralières à hauteur de 24,71 euros. M. [L] [M] indique être employé d’un supermarché et percevoir le SMIC. Il n’en justifie pas. Ils justifient de recherches aux fins de relogement dans le parc privé et auprès des bailleurs sociaux (SOGIMA, 13 HABITAT, UNICIL, CDC HABITAT) et ce depuis l’année 2024 mais uniquement à [Localité 7]. Ils ont déposé un dossier DALO en 2024 et 2026. L’indemnité d’occupation mise à leur charge est réglée. Il n’y a pas de dette locative. En revanche, ils ne se sont pas acquittés de la condamnation prononcée à titre de dommages et intérêts. M. [R] [V] et Mme [O] [V] née [Q] sont respectivement âgés de 80 et 82 ans. Ils sont retraités. Ils souhaitent vendre leur bien immobilier. Les efforts entrepris par Mme [P] [Z] [S] et M. [L] [M] pour se reloger justifient qu’il leur soit accordé un délai pour quitter les lieux, lequel ne saurait toutefois excéder 3 mois sous peine de porter une atteinte disproportionnée au droit de propriété de M. [R] [V] et Mme [O] [V] née [Q] qui entendent vendre leur bien depuis 3 années déjà. Sur les dépens et l’article 700 du code de procédure civile : La mesure étant favorable à Mme [P] [Z] [S] et M. [L] [M] ils supporteront la charge des dépens. Mme [P] [Z] [S] et M. [L] [M], tenus aux dépens, seront condamnés à payer à M. [R] [V] et Mme [O] [V] née [Q] une somme, qu’il paraît équitable d’évaluer à 800 euros, au titre des frais irrépétibles qu’ils ont dû exposer pour la présente procédure.

Dispositif

PAR CES MOTIFS, Le juge de l’exécution, Accorde à Mme [P] [Z] [S] et M. [L] [M] un délai de 3 mois à compter du prononcé du présent jugement pour quitter les lieux sis à [Adresse 6] ; Dit que, pendant ce délai, la procédure d’expulsion engagée à leur encontre est suspendue ; Condamne Mme [P] [Z] [S] et M. [L] [M] aux dépens ; Condamne Mme [P] [Z] [S] et M. [L] [M] à payer à M. [R] [V] et Mme [O] [V] née [Q] la somme de 800 euros au titre de l’article 700 du code de procédure civile ; Rappelle que le présent jugement bénéficie de l’exécution provisoire de droit ; Et le juge de l’exécution a signé avec le greffier ayant reçu la minute.   Le greffier                                                                             Le juge de l’exécution

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un congé pour vendre ?
Un congé pour vendre est une notification par le bailleur au locataire l'informant de son intention de vendre le bien loué, ce qui entraîne la résiliation du bail.
Quels sont les droits d'un locataire en cas de congé pour vendre ?
Le locataire a le droit d'être informé du congé et peut demander un délai pour quitter les lieux, en fonction des circonstances de son relogement.
Comment se déroule une procédure d'expulsion ?
La procédure d'expulsion commence par un jugement ordonnant l'expulsion, suivi d'une signification par huissier et éventuellement d'une demande de délai par le locataire.
Qu'est-ce que l'article 700 du code de procédure civile ?
L'article 700 permet au juge de condamner la partie perdante à payer à l'autre partie une somme pour couvrir ses frais de justice.
Quels efforts doivent être fournis par un locataire pour se reloger ?
Le locataire doit démontrer qu'il a entrepris des démarches actives pour se reloger, comme des recherches auprès de bailleurs sociaux ou dans le parc privé.
Quelle est la durée maximale d'un délai accordé pour quitter un logement ?
La durée maximale d'un délai accordé pour quitter un logement dépend des circonstances, mais dans ce cas, le juge a accordé un délai de 3 mois.

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