Justiweb – Assistant juridique IA Passez à Justiweb+ Justiweb+ Justiweb
Se connecter Inscription gratuite
← Recouvrement de dettes

Cour de cassation, 1ère chambre civile, 17 juin 2026 — n° 24-19.629

Cassation ECLI : ECLI:FR:CCASS:2026:C100400

Synthèse de la décision

Question juridique

La créance de la banque fondée sur l'acte de prêt est-elle prescrite en vertu du principe de l'estoppel ?

Principe retenu

Le principe de l'estoppel interdit à une partie de se contredire au détriment d'autrui. En matière de prescription, ce principe ne s'applique qu'aux demandes en justice et non aux moyens de défense. La banque peut invoquer de nouveaux moyens après cassation.

Faits clés

  • La banque a consenti deux prêts à M. [B] avec garanties hypothécaires.
  • La banque a prononcé la déchéance du terme des prêts en août 2018.
  • Un commandement aux fins d'exécution forcée immobilière a été délivré en mars 2019.
  • La cour d'appel a jugé la créance de la banque prescrite sur le prêt du 2 août 2011.
  • La banque a contesté l'application de la prescription biennale.

Exposé du litige

Faits et procédure 1. Selon l'arrêt attaqué (Colmar, 1er juillet 2024), rendu sur renvoi après cassation (2e Civ., 24 mars 2022, pourvoi n° 20-20.255), par acte notarié du 27 novembre 2009, la Banque populaire Alsace Lorraine Champagne (la banque) a consenti à M. [B] (l'emprunteur) un prêt n° 05624580 d'un montant de 600 000 euros remboursable par mensualités, assorti d'un taux de 4,90 % et d'une garantie hypothécaire. 2. Par acte notarié du 2 août 2011, la même banque a consenti à ce dernier un prêt n° 05652320 de 400 000 euros, remboursable par mensualités, assorti d'un taux de 4,40 % et d'une garantie hypothécaire. 3. Le 8 août 2018, la banque a prononcé la déchéance du terme, puis le 16 août 2018, assigné l'emprunteur en paiement au titre des deux prêts. 4. Le 29 mars 2019, la banque a délivré à l'emprunteur un commandement aux fins d'exécution forcée immobilière, puis, le 15 avril 2019, saisi le service des exécutions forcées immobilières aux fins de vente forcée des immeubles affectés en garantie hypothécaire.

Motivations de la décision

5. En application de l'article 1014, alinéa 2, du code de procédure civile, il n'y a pas lieu de statuer par une décision spécialement motivée sur ce moyen qui n'est manifestement pas de nature à entraîner la cassation. Réponse de la Cour Vu les articles 563 et 632 du code de procédure civile : 7. Selon ces textes, les parties peuvent invoquer des moyens nouveaux devant la juridiction de renvoi à l'appui de leurs prétentions en appel. 8. Pour écarter le moyen invoqué par la banque tiré de l'application de la prescription quinquennale au prêt consenti le 2 août 2011 à l'emprunteur, sur le fondement du principe dit de l'estoppel, l'arrêt retient que la banque conteste le texte fondant la prescription et par suite sa durée, qu'elle n'a jamais soutenu ce moyen auparavant et que les débats sur les actes interruptifs de prescription tenus devant la cour d'appel et la Cour de cassation auraient été inutiles si la prescription quinquennale était applicable, ce qui caractérise une déloyauté procédurale. 9. En statuant ainsi, alors que pour justifier les prétentions qu'elle avait soumises au premier juge, la banque pouvait après cassation, devant la juridiction de renvoi, invoquer de nouveaux moyens à l'appui de ses prétentions, la cour d'appel a violé les textes susvisés ;

Dispositif

PAR CES MOTIFS, et sans qu'il y ait lieu de statuer sur le dernier grief, la Cour : CASSE ET ANNULE, mais seulement en ce qu'il écarte, en vertu du principe de l'estoppel, le moyen tiré de la contestation de l'application de la prescription biennale aux prêts litigieux, déclare prescrite la créance de la Banque populaire Alsace Lorraine Champagne fondée sur l'acte de prêt n° 05652320 passé le 2 août 2011, rejette la demande en exécution forcée immobilière présentée par la Banque populaire Alsace Lorraine Champagne sur la base de l'acte de prêt du 2 août 2011 et ordonne la radiation des mentions d'exécution forcée prises en application de l'ordonnance du 3 juin 2019 infirmée s'agissant du prêt du 2 août 2011, l'arrêt rendu le 1er juillet 2024, entre les parties, par la cour d'appel de Colmar ; Remet, sur ces points, l'affaire et les parties dans l'état où elles se trouvaient avant cet arrêt et les renvoie devant la cour d'appel de Nancy ; Condamne M. [B] aux dépens ; En application de l'article 700 du code de procédure civile, rejette la demande formée par M. [B] et le condamne à payer à la Banque populaire Alsace Lorraine Champagne la somme de 3 000 euros ; Dit que sur les diligences du procureur général près la Cour de cassation, le présent arrêt sera transmis pour être transcrit en marge ou à la suite de l'arrêt partiellement cassé ; Ainsi fait et jugé par la Cour de cassation, première chambre civile, et prononcé publiquement le dix-sept juin deux mille vingt-six par mise à disposition de l'arrêt au greffe de la Cour, les parties ayant été préalablement avisées dans les conditions prévues au deuxième alinéa de l'article 450 du code de procédure civile.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que la prescription en matière de créance ?
La prescription en matière de créance est un délai au-delà duquel une créance ne peut plus être légalement réclamée. En général, ce délai est de cinq ans pour les créances civiles.
Comment fonctionne le principe de l'estoppel ?
Le principe de l'estoppel empêche une partie de se contredire au détriment d'autrui. Cela signifie qu'une partie ne peut pas changer sa position si cela nuit à une autre partie qui s'est fiée à sa première déclaration.
Que se passe-t-il si une créance est jugée prescrite ?
Si une créance est jugée prescrite, le créancier ne peut plus en exiger le paiement par voie judiciaire. Cela entraîne l'extinction de son droit de réclamer la somme due.
Quels sont les recours possibles en cas de déchéance du terme ?
En cas de déchéance du terme, l'emprunteur peut contester la décision en prouvant qu'il a respecté ses obligations ou en invoquant des moyens de défense comme la prescription.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question
Important : Cette page présente une décision de justice à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Pour votre situation spécifique, consultez un avocat ou utilisez l'assistant Justiweb pour explorer vos questions juridiques.