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Tribunal judiciaire, refere jcp, 17 juin 2026 — n° 26/00228

Expulsion "conditionnelle" ordonnée en référé avec suspension des effets de la clause résolutoire

Synthèse de la décision

Question juridique

Quelles sont les conséquences de la résiliation d'un bail pour impayés locatifs et le défaut d'assurance ?

Principe retenu

La résiliation d'un bail pour impayés locatifs entraîne la possibilité d'expulsion du locataire et la mise en œuvre de la clause résolutoire. Toutefois, des délais de paiement peuvent être accordés, suspendant ainsi l'effet de la clause résolutoire sous certaines conditions.

Faits clés

  • Contrat de bail signé le 19 avril 2024 entre la SA Halpades et M. [O] [X].
  • Commandement de payer délivré le 10 juin 2025 pour impayés locatifs.
  • Assignation en référé pour constater la résiliation du bail et ordonner l'expulsion.
  • M. [O] [X] a repris le paiement des loyers avant l'audience.
  • Décision autorisant M. [O] [X] à payer en 14 échéances.

Articles cités

article 24 de la loi du 6 juillet 1989 article 700 du code de procédure civile

Motivations de la décision

EXPOSE DU LITIGE Par contrat de bail du 19 avril 2024, la SA Halpades a donné en location à M. [O] [X] un appartement situé [Adresse 3] à [Localité 1]. Par contrats des 19 avril 2024 et 20 août 2024, la SA Halpades a donné à bail à M. [O] [X] deux parkings, situés [Adresse 4] à [Localité 2]. Par acte de commissaire de justice en date du 10 juin 2025, le bailleur a fait délivrer à M. [O] [X] un commandement de payer la somme de 1 967,35 euros en principal, visant la clause résolutoire, motivé par l’existence d’impayés locatifs et le défaut d’assurance. Par acte de commissaire de justice en date du 4 mars 2026, la SA Halpades a fait assigner M. [O] [X] devant le juge des contentieux de la protection d’[Localité 3], statuant en référé, pour demander, sur le fondement de l’article 24 de la loi du 6 juillet 1989, de : constater la résiliation au 23 juillet 2025 du bail consenti par la SA Halpades à M. [O] [X] et portant sur le logement et les parkings P002 et P006,déclarer M. [O] [X] occupant sans droit ni titre,ordonner la libération des lieux et la remise des clés à la requérante par M. [O] [X] à compter de la signification de l’ordonnance à intervenir, à défaut ordonner l’expulsion de sa personne, de ses biens et de tout occupant de son chef au besoin avec l’aide et l’assistance de la [Localité 4] Publique,condamner M. [O] [X] à lui verser la somme de 2 769,41 euros à valoir sur les loyers, charges et indemnités d’occupation arrêtés au 31 janvier 2026 et demeurant impayés à la date de rédaction des présentes, en ce compris le coût du commandement de payer, outre les intérêts au taux légal sur la somme de 1 967,35 euros à compter du 10 juin 2025 date de délivrance du commandement de payer, et pour le surplus à compter de la délivrance de l’assignation,condamner M. [O] [X] à lui verser à compter de la date de résiliation du bail une indemnité d’occupation égale au montant du loyer et des charges qui auraient été dus en cas de non résiliation du bail, et ce jusqu’à la libération effective des lieux, selon fiche de calcul annexée au présent acte, sachant que ces sommes pourront être majorées ou minorées en fonction des augmentations de loyer inhérentes à la législation HLM et selon les résultats de charges,condamner M. [O] [X] à lui payer la somme de 100 euros sur le fondement des dispositions de l'article 700 du code de procédure civile, outre les entiers dépens. L'affaire a été appelée et retenue à l’audience du 6 mai 2026. A l’audience, la SA Halpades, représentée par Mme [R] [L] munie d’un pouvoir valablement constitué, actualise sa créance à la somme de 3 359,33 euros. Elle explique que le locataire a repris le paiement des loyers et que les APL sont maintenues. Par conséquent, elle est d’accord pour la mise en place de délais de paiement et la suspension de la clause résolutoire. Bien qu’assigné en l’étude du commissaire de justice, M. [O] [X] n’est ni présent, ni représenté. La décision a été mise en délibéré au 17 juin 2026. EXPOSE DES MOTIFS L'article 472 du code de procédure civile prévoit que si le défendeur ne comparaît pas, il est néanmoins statué sur le fond. Le juge ne fait droit à la demande que dans la mesure où il l'estime régulière, recevable et bien fondée. Sur la saisine du juge des référés En application des dispositions de l’article 484 du code de procédure civile, l’ordonnance de référé est une décision provisoire rendue à la demande d’une partie, l’autre présente ou appelée, dans les cas où la loi confère à un juge qui n’est pas saisi du principal, le pouvoir d’ordonner immédiatement les mesures nécessaires. L’article 834 du même code prévoit que dans tous les cas d’urgence, le président du tribunal judiciaire ou le juge des contentieux de la protection dans les limites de sa compétence, peuvent ordonner en référé toutes les mesures qui ne se heurtent à aucune contestation sérieuse ou que justifie l'existence d'un différend. L’article 835 suivant ajoute que le président du tribunal judiciaire ou le juge des contentieux de la protection dans les limites de sa compétence peuvent toujours, même en présence d'une contestation sérieuse, prescrire en référé les mesures conservatoires ou de remise en état qui s'imposent, soit pour prévenir un dommage imminent, soit pour faire cesser un trouble manifestement illicite. Dans les cas où l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable, ils peuvent accorder une provision au créancier, ou ordonner l'exécution de l'obligation même s'il s'agit d'une obligation de faire. En l’espèce, bien que le bailleur n’ait pas expressément exposé dans son assignation les motifs justifiant la procédure de référé, il ressort des débats et des éléments du dossier que les conditions de saisine du juge des référés, notamment celles tenant au trouble manifestement illicite, au défaut de saisine au principal et à l’absence de contestation sérieuse formulée à l’encontre des prétentions du bailleur, sont réunies. Il convient de rappeler à ce titre que les ordonnances de référé sont rendues à titre provisoire et que les condamnations sont prononcées à titre provisionnel. Sur la recevabilité de la demande Selon les dispositions de l'article 24 II de la loi du 6 juillet 1989, les bailleurs personnes morales […] ne peuvent faire délivrer, sous peine d'irrecevabilité de la demande, une assignation aux fins de constat de résiliation du bail avant l'expiration d'un délai de deux mois suivant la saisine de la commission de coordination des actions de prévention des expulsions locatives prévue à l'article 7-2 de la loi n° 90-449 du 31 mai 1990 précitée.  L’article 24 III suivant prévoit qu’à peine d'irrecevabilité de la demande, l'assignation aux fins de constat de la résiliation est notifiée à la diligence d’un commissaire de justice au représentant de l'Etat dans le département au moins six semaines avant l'audience, afin qu'il saisisse l'organisme compétent désigné par le plan départemental d'action pour le logement et l'hébergement des personnes défavorisées. Cette notification s'effectue par voie électronique. En l'espèce, le bailleur justifie avoir informé la CAF de la situation du locataire par courrier du 20 mai 2025, valant saisine de la commission de coordination des actions de prévention des expulsions locatives (CCAPEX), soit deux mois au moins avant la délivrance de l’assignation du 4 mars 2026. Par ailleurs, il justifie que l’assignation a été notifiée au représentant de l'Etat dans le département le 5 mars 2026 pour une première audience fixée au 6 mai 2026, dans le respect du délai de 6 semaines. En conséquence, sa demande en constatation de la résiliation du bail est recevable. Sur la résiliation du bail Conformément à l’article 24 I de la loi du 6 juillet 1989, tout contrat de bail d'habitation contient une clause prévoyant la résiliation de plein droit du contrat de location pour défaut de paiement du loyer ou des charges aux termes convenus ou pour non-versement du dépôt de garantie. Cette clause ne produit effet que six semaines après un commandement de payer demeuré infructueux. En l’espèce, il ressort des pièces produites aux débats que le bail signé par le locataire contient une clause résolutoire et que le bailleur a fait délivrer un commandement de payer régulier par acte du 10 juin 2025, pour le défaut de paiement de la somme en principal de 1 967,35 euros, qui visait cette clause. Le décompte arrêté au 6 mai 2026 et l'historique des paiements permettent de constater qu’entre le 10 juin 2025 et le 23 juillet 2025, la somme réclamée dans le commandement n'a pas été régularisée dans le délai imparti. Il en résulte que l'effet de la clause résolutoire a été acquis, que le bail s’est donc retrouvé résilié de plein droit à compter du 23 juillet 2025 et que M.

Dispositif

PAR CES MOTIFS Le juge des contentieux de la protection, DECLARE recevable la demande en constatation de résiliation de bail de la SA Halpades, CONSTATE que les conditions d’acquisition de la clause résolutoire figurant aux baux conclus les 19 avril 2024 et 20 août 2024, entre la SA Halpades d'une part, et M. [O] [X] d'autre part, portant sur un appartement situé [Adresse 3] à [Localité 2] et deux parkings situés [Adresse 4] à [Localité 2], sont réunies à la date du 23 juillet 2025, CONSTATE la résiliation des baux à cette date, CONSTATE que M. [O] [X] est occupant sans droit ni titre depuis cette date, CONDAMNE M. [O] [X] à verser à titre provisionnel à la SA Halpades, la somme de 3 328,85 euros au titre des loyers et charges arrêtés à la date du 30 avril 2026, échéance d’avril incluse, majorée des intérêts au taux légal à compter de la présente décision, AUTORISE M. [O] [X] à s’acquitter de cette somme, moyennant le paiement de 13 échéances de 250 euros chacune et une 14e échéance représentant le solde en principal, intérêts et frais, échéances payables en supplément du loyer mensuel courant et en même temps que celui-ci, à compter du mois suivant la signification de la présente décision, SUSPEND l’effet de la clause résolutoire pendant l’exécution des délais accordés, DIT que si les délais accordés sont entièrement respectés, la clause résolutoire sera réputée n’avoir jamais été acquise, DIT qu’à défaut de paiement d’une seule mensualité à son terme, la clause résolutoire reprendra de plein droit son plein effet, l’expulsion de M. [O] [X] pourra être poursuivie dans les formes légales, ainsi que celle de tout occupant de son chef, au besoin avec le concours de la force publique, l’intégralité de la somme restant due sur les loyers impayés deviendra immédiatement exigible, sans mise en demeure préalable, CONDAMNE, dans cette hypothèse, M. [O] [X] à payer à titre provisionnel à la SA Halpades, une indemnité mensuelle d'occupation égale au montant du loyer et charges du logement, à compter de la prise d'effet de la clause résolutoire, c'est-à-dire du premier incident de paiement et jusqu'à la libération effective des lieux, DIT que, le cas échéant, le sort des biens mobiliers trouvés dans les lieux sera régi par les dispositions des articles L.433-1 et suivants et R.433-1 à R.433-6 du code des procédures civiles d’exécution, CONDAMNE M. [O] [X] aux dépens de l’instance, CONDAMNE M. [O] [X] à payer à la SA Halpades la somme de 100 euros sur le fondement de l'article 700 du code de procédure civile. Et la présente décision a été signée par la Présidente et la Greffière. La Greffière La Présidente Véronique BOURGEOIS Manon FAIVRE

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'une clause résolutoire ?
Une clause résolutoire est une disposition dans un contrat de bail qui permet au bailleur de résilier le contrat en cas de non-paiement des loyers ou d'autres manquements par le locataire.
Comment puis-je contester une résiliation de bail ?
Pour contester une résiliation de bail, vous devez prouver que vous avez respecté vos obligations contractuelles ou que la résiliation n'est pas justifiée. Cela peut nécessiter une action en justice.
Quels sont mes droits si je suis expulsé ?
Si vous êtes expulsé, vous avez le droit d'être informé de la procédure et de bénéficier d'un délai pour quitter les lieux. Vous pouvez également demander une aide pour trouver un nouveau logement.
Quelles sont les conséquences d'un impayé de loyer ?
Les conséquences d'un impayé de loyer peuvent inclure la résiliation du bail, des frais supplémentaires, et une procédure d'expulsion si le bailleur engage des actions légales.

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