Tribunal judiciaire, jex cab 2, 18 juin 2026 — n° 26/80223
Synthèse de la décision
Question juridique
Le juge de l'exécution peut-il accorder des délais pour quitter les lieux en cas d'expulsion ordonnée judiciairement ?
Principe retenu
Le juge de l'exécution peut accorder des délais renouvelables aux occupants d'un logement dont l'expulsion a été ordonnée, sauf si l'occupation a été obtenue par fraude ou si le locataire est de mauvaise foi. En l'espèce, la demande de délais a été rejetée car le requérant a intégré les lieux en fraude des règles relatives à l'attribution des logements sociaux.
Faits clés
- M. [Z] [X] a reçu un commandement de quitter les lieux le 25/11/2025.
- La demande de délais pour quitter les lieux a été faite le 16/03/2026.
- L'expulsion a été ordonnée par un jugement du 19/08/2025.
- M. [Z] [X] a intégré les lieux en fraude des règles d'attribution des logements sociaux.
- La société RIVP a conclu au rejet de la demande de M. [Z] [X].
Articles cités
article L.412-3 du code des procédures civiles d’exécution
article 700 du code de procédure civile
Exposé du litige
EXPOSE DU LITIGE
Le 25/11/2025, sur la base d’une décision rendue le 19/08/2025 par le juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire de Paris, la société RIVP (Régie Immobilière de la Ville de Paris) a fait signifier à M. [Z] [X] un commandement de quitter les lieux qu’il occupe au [Adresse 1] à PARIS.
Par requête reçue le 16/03/2026 au greffe de la juridiction, M. [Z] [X] a saisi le juge de l’exécution aux fins d’octroi d’un délai de 6 mois pour quitter les lieux.
A l’audience du 07/05/2026, M. [Z] [X] s'est référé aux termes de son acte introductif d’instance.
La société RIVP a conclu oralement au rejet des prétentions de M. [Z] [X].
Pour plus de précisions quant aux moyens des parties, il sera fait référence, conformément aux dispositions de l’article 455 du code de procédure civile, aux termes de l’acte introductif d’instance et des écritures en défense visées à l’audience du 07/05/2026.
Motivations de la décision
MOTIFS
Sur la demande de délais pour quitter les lieux
L'article L.412-3 du code des procédures civiles d’exécution dispose que “le juge de l'exécution peut accorder des délais renouvelables aux occupants de lieux habités ou de locaux à usage professionnel, dont l'expulsion a été ordonnée judiciairement, chaque fois que le relogement des intéressés ne peut avoir lieu dans des conditions normales.
Le juge qui ordonne l'expulsion peut accorder les mêmes délais, dans les mêmes conditions.
Cette disposition n'est pas applicable lorsque le propriétaire exerce son droit de reprise dans les conditions prévues à l'article 19 de la loi n° 48-1360 du 1er septembre 1948 portant modification et codification de la législation relative aux rapports des bailleurs et locataires ou occupants de locaux d'habitation ou à usage professionnel et instituant des allocations de logement, lorsque la procédure de relogement effectuée en application de l'article L. 442-4-1 du code de la construction et de l'habitation n'a pas été suivie d'effet du fait du locataire ou lorsque ce dernier est de mauvaise foi.
Les deux premiers alinéas du présent article ne s'appliquent pas lorsque les occupants dont l'expulsion a été ordonnée sont entrés dans les locaux à l'aide de manœuvres, de menaces, de voies de fait ou de contrainte”.
En l’espèce, il est établi, au vu des motifs du jugement autorisant l’expulsion, que le requérant a intégré les lieux litigieux en fraude des règles relatives à l’attribution des logements sociaux.
Sa demande de délais pour quitter les lieux sera dès lors rejetée.
Sur les demandes accessoires
Compte tenu de la nature du litige, il y a lieu de condamner M. [Z] [X] aux dépens.
Il serait par ailleurs inéquitable de laisser à la charge de la société RIVP les frais irrépétibles qu’elle a dû engager pour faire valoir ses droits dans la présente instance. Il y a ainsi lieu de condamner M. [Z] [X] à verser à la société RIVP la somme de 300 euros au titre de l’article 700 du code de procédure civile.
Dispositif
PAR CES MOTIFS
Le juge de l’exécution, statuant publiquement par jugement mis à disposition au greffe, contradictoire, en premier ressort et exécutoire de droit à titre provisoire :
REJETTE la demande de délais pour quitter les lieux ;
CONDAMNE M. [Z] [X] à verser à la société RIVP la somme de 300 euros au titre de l’article 700 du code de procédure civile ;
CONDAMNE M. [Z] [X] aux dépens ;
DIT que la présente décision sera adressée par le greffe, par lettre simple, au Préfet de Police de Paris - Service des Expulsions, [Adresse 3] - et au Préfet de Paris Ile de France [Adresse 4].
Fait à [Localité 1], le 18 juin 2026
LE GREFFIER LE JUGE DE L’EXÉCUTION
Questions fréquentes
Qu'est-ce qu'une expulsion ?
L'expulsion est une procédure légale par laquelle un propriétaire obtient le départ forcé d'un locataire de son logement, souvent suite à un non-respect des termes du bail.
Puis-je demander un délai pour quitter mon logement ?
Oui, vous pouvez demander un délai, mais cela dépend des circonstances de votre occupation. Si vous avez intégré les lieux de manière frauduleuse, votre demande sera probablement rejetée.
Quels sont les frais que je peux avoir à payer en cas d'expulsion ?
En cas d'expulsion, vous pouvez être condamné à payer les dépens de la procédure ainsi que des frais irrépétibles, comme les frais d'avocat de la partie adverse.
Comment prouver que j'ai été expulsé de manière injuste ?
Pour prouver une expulsion injuste, vous devez démontrer que les raisons invoquées par le propriétaire ne sont pas fondées ou que vous n'avez pas été informé correctement de la procédure.
Quelles sont les conséquences d'une occupation frauduleuse ?
L'occupation frauduleuse peut entraîner le rejet de toute demande de délai pour quitter les lieux et des sanctions financières, ainsi que des complications juridiques supplémentaires.
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