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Tribunal judiciaire, jex, 16 juin 2026 — n° 26/02249

Déclare la demande ou le recours irrecevable

Synthèse de la décision

Question juridique

Le juge peut-il accorder des délais pour quitter les lieux après une expulsion judiciaire ?

Principe retenu

Le juge peut accorder des délais renouvelables aux occupants de locaux d'habitation ou à usage professionnel dont l'expulsion a été ordonnée, sous certaines conditions. Toutefois, une fois l'expulsion effectuée, l'occupant n'a plus la qualité d'occupant et ne peut plus demander de délais ou d'accès aux locaux.

Faits clés

  • La société DCH a été expulsée le 18 juin 2025.
  • Un commandement de quitter les lieux a été délivré le 19 février 2025.
  • La société DCH a demandé un délai de six mois pour quitter les lieux après l'expulsion.
  • La société RJTM Invest a demandé des dommages-intérêts pour procédure abusive.
  • Le juge a rejeté les demandes de la société DCH.

Articles cités

article L.412-3 du code des procédures civiles d’exécution article L.433-1 du code des procédures civiles d’exécution article R.433-2 du code des procédures civiles d’exécution article 1240 du code civil article 32-1 du code de procédure civile

Exposé du litige

EXPOSE DU LITIGE Le 16 janvier 2025, le juge des référés du tribunal judiciaire de Nanterre a notamment ordonné l’expulsion de la société Dima Cash des locaux commerciaux qu’elle occupe au [Adresse 3] à Asnières-sur-Seine. Le 19 février 2025, la société RJTM Invest a fait délivrer à la société Dima Cash un commandement de quitter les lieux. Le 18 juin 2025, elle a procédé à son expulsion. Le 17 février 2026, le juge de l’exécution du tribunal judiciaire de Nanterre a notamment rejeté les demandes d’annulation du procès-verbal d’expulsion et de réintégration sous astreinte de la société DCH. Le 12 mars 2026, la société DCH a saisi le juge de l’exécution. La société DCH demande un délai de six mois pour quitter les lieux et de l’autoriser l’accès aux locaux afin de procéder à l’inventaire et à la récupération du stock lui appartenant. En réponse, la société RJTM Invest conclut à l’irrecevabilité et au rejet des prétentions adverses. Elle réclame en tout cas des dommages-intérêts pour procédure abusive ainsi qu’une indemnité de procédure de 5000 euros. Pour plus ample exposé des prétentions et moyens des parties, il est renvoyé à la requête et aux conclusions prises pour la société défenderesse et visées à l’audience.

Motivations de la décision

MOTIFS Sur la demande de délais pour quitter les lieux En application de l'article L.412-3 du code des procédures civiles d’exécution, le juge peut accorder des délais renouvelables aux occupants de locaux d’habitation ou à usage professionnel dont l'expulsion a été ordonnée judiciairement, chaque fois que le relogement des intéressés ne peut avoir lieu dans des conditions normales et à condition que lesdits occupants ne soient pas entrés dans les locaux à l'aide de manœuvres, de menaces, de voies de fait ou de contrainte. En l’espèce, la société DCH, occupante du chef de la société Dima Cash, a été expulsée le 18 juin 2025. Dès lors, à la date du dépôt de la requête, elle n’avait plus la qualité d’occupante des lieux. Par conséquent, la demande de délais pour quitter les lieux sera déclarée irrecevable. Sur la demande d’autorisation d’accès Il résulte des articles L.433-1 et R.433-2 du code des procédures civiles d’exécution qu’à défaut de désignation d’un lieu par la personne expulsée, les meubles se trouvant sur les lieux sont laissés sur place ou entreposés en un autre lieu approprié et décrits avec précision par l’huissier de justice avec sommation à la personne expulsée d’avoir à les retirer dans un délai d’un mois non renouvelable à compter de la signification du procès-verbal d’expulsion. Néanmoins, aucune disposition du code des procédures civiles d’exécution ne permet au juge d’autoriser l’accès aux locaux postérieurement à l’expulsion ni d’accorder un délai supplémentaire à la personne expulsée, l’article R.433-2 précisant au contraire que le délai d’un mois est non renouvelable. Par conséquent, la demande d’autorisation d’accès sera également jugée irrecevable. Sur la demande reconventionnelle de dommages-intérêts En vertu des dispositions de l’article 1240 du code civil, tout fait quelconque de l’homme, qui cause à autrui un dommage, oblige celui par la faute duquel il est arrivé, à le réparer. L’article 32-1 du code de procédure civile dispose que “celui qui agit en justice de manière dilatoire ou abusive peut être condamné à une amende civile d'un maximum de 10 000 euros, sans préjudice des dommages-intérêts qui seraient réclamés.” En l’espèce, la société RJTM Invest sollicite la condamnation de la société DCH au paiement de dommages-intérêts, faisant valoir le caractère dilatoire de cette nouvelle saisine du juge de l’exécution par la requérante, alors même que les mesures d’exécution diligentées étaient fondées sur un titre exécutoire régulier. Néanmoins, la société défenderesse échoue à rapporter la preuve de la réunion des conditions d’engagement de la responsabilité de la société demanderesse. En conséquence, la demande de dommages-intérêts sera rejetée. Sur les demandes accessoires Succombant à l’instance, la société DCH sera condamnée aux dépens. Il sera également alloué à la société RJTM Invest l’indemnité de procédure figurant au dispositif.

Dispositif

PAR CES MOTIFS Le juge de l’exécution, par jugement contradictoire rendu en premier ressort, Juge irrecevable la demande de délais pour quitter les lieux ; Juge irrecevable la demande d’accès aux locaux ; Rejette la demande de dommages-intérêts de la société RJTM Invest ; Condamne la société DCH aux dépens ; Condamne la société DCH à payer à la société RTJM Invest la somme de 1 500 euros au titre des frais irrépétibles. Le greffier Le juge de l’exécution

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'une expulsion judiciaire ?
Une expulsion judiciaire est une décision de justice ordonnant à un occupant de quitter des locaux, souvent en raison de non-paiement de loyer ou d'autres manquements contractuels.
Peut-on demander un délai pour quitter les lieux après une expulsion ?
Non, une fois l'expulsion réalisée, l'occupant n'a plus la qualité d'occupant et ne peut plus demander de délai.
Quels sont les recours possibles après une expulsion ?
Les recours incluent la contestation de la décision d'expulsion devant le tribunal, mais cela doit être fait avant l'expulsion effective.
Quelles sont les conséquences d'une expulsion sur les droits de l'occupant ?
L'expulsion entraîne la perte de tous les droits d'occupation des locaux, et l'occupant ne peut plus y accéder.

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