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Tribunal judiciaire, service des référés, 18 juin 2026 — n° 26/00245

Expulsion "ferme" ordonnée en référé (sans suspension des effets de la clause résolutoire)

Synthèse de la décision

Question juridique

Quelles sont les conséquences de la résiliation d'un bail commercial pour défaut de paiement des loyers ?

Principe retenu

La résiliation d'un bail commercial peut être prononcée en cas de défaut de paiement des loyers, entraînant l'expulsion du locataire et la condamnation au paiement des sommes dues. La clause résolutoire est acquise lorsque le locataire ne répond pas à un commandement de payer.

Faits clés

  • La SCI [B] a consenti un bail commercial à la SAS Amera pour une durée de 9 ans.
  • Le loyer annuel était de 15 100 euros, payable trimestriellement.
  • La SAS Amera n'a pas payé les loyers depuis le 18 octobre 2025.
  • Un commandement de payer a été signifié à la SAS Amera sans réponse.
  • La SCI [B] a demandé la résiliation du bail et l'expulsion de la SAS Amera.

Articles cités

article L143-2 du code de commerce article 834 du code de procédure civile article 700 du code de procédure civile

Exposé du litige

EXPOSE DU LITIGE Par acte sous seing privé en date du 30 octobre 2023, la SCI [B] a consenti à la SAS Amera un bail commercial portant sur un local situé [Adresse 2] à Saint-Romain-En-Jarez (42 800) pour une durée de 9 années entières à compter du 1er mai 2022 et pour un loyer principal annuel hors charges et hors taxes de 15 100 euros payable trimestriellement. Par acte de commissaire de justice en date du 31 mars 2026, la SCI [B] a assigné la SAS Amera devant le juge des référés du tribunal judiciaire de Saint-Étienne aux fins de résiliation du bail. L'affaire est retenue à l'audience du 7 mai 2026. Sur le fondement des articles L143-2 et 145-41 du code de commerce, la SCI [B] sollicite de voir : - Constater l'acquisition de la clause résolutoire au profit de la SCI [B] et la résiliation de plein droit du bail à la date du 18 octobre 2025 ; En conséquence. - Ordonner l'expulsion de la société AMERA et de tous occupants de son chef des locaux loués sis [Adresse 3] et ce avec l'assistance de la force publique, du Commissaire de Police et d'un serrurier, - Ordonner la séquestration des meubles et objets mobiliers garnissant les lieux en tel garde meuble qu'il plaira à Madame ou Monsieur le président de désigner, aux frais, risques et périls de la société AMERA, - Condamner la société AMERA à régler à la SCI [B] à titre de provision à valoir sur l'arriéré de loyers et charges, arrêté au 18 octobre 2025 inclus, la somme de 55.110,00 € augmentée de l'intérêt forfaitaire contractuel de 10% ; - Condamner la société AMERA à régler à la SCI [B] à titre provisionnel d'une indemnité d'occupation prorata temporis à compter du 19 octobre 2025 et jusqu'à la libération des locaux matérialise par la remise des clés, correspondant au loyer indexé, outres charges, impôts accessoires prévus au bail ; - Condamner la société AMERA au paiement de la somme de 3.500 € sur le fondement des dispositions de l'article 700 du Code de Procédure Civile ; - Condamner la société AMERA aux entiers dépens y compris le coût du commandement de payer visant la clause résolutoire et de la signification de la présente assignation. La SCI [B] expose que le locataire ne paye plus les loyers, qu'un commandement de payer lui a été signifié mais est resté sans réponse ; que le gérant du preneur connait le montant des intérêts d'emprunt de la SCI [B] et de la nécessaire mise à bail du bien pour régler ces échéances. La société Amera, régulièrement citée à son siège social, ne comparait pas à l'audience.

Motivations de la décision

MOTIFS DE LA DECISION Aux termes de l'article 834 du Code de procédure civile, dans tous les cas d'urgence, le président du tribunal judiciaire peut ordonner en référé toutes les mesures qui ne se heurtent à aucune contestation sérieuse ou que justifie l'existence d'un différend. La juridiction des référés n'est, toutefois, pas tenue de caractériser l'urgence, au sens de l'article 834 du code de procédure civile, pour constater l'acquisition de la clause résolutoire et la résiliation de droit d'un contrat de bail. L'article L145-41 du Code de commerce dispose que toute clause insérée dans le bail prévoyant la résiliation de plein droit ne produit d'effet qu'un mois après un commandement demeuré infructueux. Le commandement doit, à peine de nullité, mentionner ce délai. Selon les stipulations du bail, " A défaut de paiement à son échéance d'un seul terme de loyer, impôt et taxes, charges ou redevances, ou de l'exécution de l'une des dispositions quelconques énoncées au présent bail, et après un mois à compter d'une simple mise en demeure restée sans effet de payer, ou d'exécuter la disposition en souffrance, contenant déclaration par le bailleur de son intention de se prévaloir de cette clause, le présent bail sera résilié de plein droit et immédiatement si bon semble au bailleur sans qu'il soit besoin de remplir aucune formalité, le juge des référés étant compétent, en cas de besoin, pour ordonner l'expulsion du preneur, le tout sous réserve de dommages et intérêts. En outre, en cas de non-paiement à l'échéance du loyer dû par le preneur ou de toute autre somme due en vertu du présent bail (impôts, charges, taxes et redevances) et qui n'aurait pas été réglée dans les délais requis, le bailleur percevra de plein droit une majoration forfaitaire de 10% du montant en jeu ainsi que des intérêts de retard après une mise en demeure par lettre recommandée avec accusé de réception restée infructueuse dans un délai de dix (10) jours. Ces intérêts seront calculés au taux de 1,5% par mois à compter de la date d'échéance" Un commandement de payer les loyers a été signifié à la société Amera le 18 septembre 2025 pour la somme principale de 55 110 euros, terme du troisième trimestre 2025 inclus. Le preneur, en ne réglant pas l'intégralité de la somme, ne s'est pas libéré du montant de la dette dans le délai d'un mois. Il convient donc de constater que les conditions d'acquisition de la clause résolutoire sont réunies au 19 octobre 2025. La société Amera doit quitter les lieux dans les huit jours à compter de la signification de la présente décision. À défaut, son expulsion sera ordonnée. Il n'est pas sérieusement contestable qu'elle est redevable d'une indemnité d'occupation mensuelle provisionnelle égale au montant actuel du loyer et des charges à compter de la résiliation du bail et jusqu'à complète libération des lieux par la remise des clés. Au vu du décompte produit, les loyers, charges et indemnité d'occupation, arrêtés au 18 septembre 2025, terme du troisième trimestre 2025 inclus, s'élèvent à la somme de 55 110 euros. Il convient donc de condamner la société Amera à payer à la SCI [B] la somme provisionnelle de 55 110 euros, arrêtée au 18 septembre 2025, terme du troisième trimestre inclus, outre les intérêts au taux légal à compter du commandement de payer les loyers en date du 18 septembre 2025. Le bail prévoit une clause pénale de 10 % du montant des sommes dues. Compte tenu de l'accord entre les parties sur une libération du local au 30 juin 2026 sans indemnité, il convient de faire droit à la demande à un euro symbolique à titre de provision. En application de l'article 491 et 696 du Code de procédure civile, la défenderesse est condamnée aux dépens comprenant le coût du commandement de payer et à payer à la demanderesse la somme de 1 000 euros au titre de l'article 700 du Code de procédure civile. Conformément à l'article 695 du code de procédure civile, le coût de l'assignation est nécessairement compris dans les dépens sans qu'il soit besoin de le préciser.

Dispositif

PAR CES MOTIFS Le juge des référés, CONSTATE la résiliation du bail liant la SCI [B] à la SAS Amera pour défaut de paiement des loyers et ce à compter du 19 octobre 2025 ; DIT que la SAS Amera doit quitter les lieux dans les 8 jours de la signification de la présente ordonnance ; A défaut de départ volontaire, ORDONNE son expulsion ainsi que celle de tous occupants de son chef, au besoin avec le concours de la force publique ; CONDAMNE la SAS Amera à payer à la SCI [B] les sommes provisionnelles suivantes : - 55 110 euros à titre de provision à valoir sur les loyers et charges impayés arrêtés au 18 septembre 2025, terme du troisième trimestre 2025 inclus, outre les intérêts au taux légal à compter du 18 septembre 2025, - Un euro à titre de provision à valoir sur le montant de la clause pénale, - Une indemnité d'occupation mensuelle égale au montant actuel du loyer et des charges à compter du 1er octobre 2025 jusqu'à la libération complète des lieux par la remise des clés ; - 1 000 euros au titre de l'article 700 du code de procédure civile, DEBOUTE la SCI [B] du surplus de ses demandes ; CONDAMNE la SAS Amera aux dépens comprenant le coût du commandement de payer de 327,54 euros. LA GREFFIERE LA 1ère VICE PRESIDENTE Céline TREILLE Séverine BESSE Grosse + Copie : Me César DUSSEAUX ( par Me SAINT PERE) COPIES - DOSSIER Le 18 Juin 2026

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un bail commercial ?
Un bail commercial est un contrat de location portant sur des locaux destinés à l'exploitation d'une activité commerciale, industrielle ou artisanale.
Comment se déroule la résiliation d'un bail commercial ?
La résiliation d'un bail commercial peut être demandée par le propriétaire en cas de défaut de paiement des loyers, souvent après un commandement de payer resté sans réponse.
Quels sont les droits d'un propriétaire en cas de non-paiement des loyers ?
Le propriétaire a le droit de demander la résiliation du bail, l'expulsion du locataire et le paiement des loyers dus.
Qu'est-ce qu'une clause résolutoire ?
Une clause résolutoire est une disposition contractuelle qui permet de mettre fin au contrat automatiquement en cas de non-respect des obligations, comme le non-paiement des loyers.

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