Justiweb – Assistant juridique IA Passez à Justiweb+ Justiweb+ Justiweb
Se connecter Inscription gratuite
← Expulsion locative

Tribunal judiciaire, 13ch jcp civil, 18 juin 2026 — n° 26/00227

Expulsion "ferme" ordonnée au fond (sans suspension des effets de la clause résolutoire)

Synthèse de la décision

Question juridique

Quelles sont les conditions et conséquences de l'expulsion d'un locataire pour loyers impayés ?

Principe retenu

Le bailleur peut demander l'expulsion d'un locataire en cas de loyers impayés, sous réserve de prouver l'acquisition de la clause résolutoire. L'expulsion peut être ordonnée avec le concours de la force publique après un commandement de quitter les lieux.

Faits clés

  • Bail signé le 15 juin 2023 pour un logement à usage d'habitation.
  • Loyer mensuel de 463 euros charges comprises.
  • Assignation du locataire pour loyers impayés le 17 février 2026.
  • Montant total des loyers impayés réclamés de 2682 euros.
  • Locataire non comparant à l'audience du 7 mai 2026.

Articles cités

article 1353 du code civil article 1728 du code civil article 1231-7 du code civil article 700 du code de procédure civile article 696 du code de procédure civile

Exposé du litige

EXPOSE DU LITIGE Par acte sous seing privé signé électroniquement le 15 juin 2023, Madame [V] [X] a donné à bail à Monsieur [O] [A] [U] un bien immobilier à usage d’habitation portant sur un logement sis [Adresse 3] à [Localité 1] moyennant le versement d’un loyer mensuel actualisé de 463 euros charges comprises. Par acte de commissaire de justice en date du 17 février 2026,Madame [V] [X] a fait assigner Monsieur [O] [A] [U] devant le juge des contentieux de la protection du Tribunal Judiciaire de LORIENT à l'audience du 7 mai 2026 aux fins d’obtenir de ladite juridiction de: -constater l’acquisition de la clause résolutoire insérée au contrat de location conclu entre les parties, -dire Monsieur [O] [A] [U] occupant sans droit ni titre, -ordonner l’expulsion de corps et de biens de Monsieur [O] [A] [U] ainsi que de tout occupant de son chef du logement et au besoin avec le concours de la force publique, -condamner Monsieur [O] [A] [U] à lui payer : la somme de 1569,30 euros avec les intérêts de droit et à une indemnité d’occupation égale au montant du loyer et charges avec intérêts de droit à chaque échéance, la somme de 500 euros au titre de l’article 1231-7 du code civil, la somme de 800 euros sur le fondement de l’article 700 du code de procédure civile, -condamner Monsieur [O] [A] [U] à lui payer la clause pénale conformément au bail, -condamner Monsieur [O] [A] [U] au paiement des entiers dépens, qui comprendront le coût du commandement de payer les loyers visant la clause résolutoire conformément aux dispositions de l’article 696 du code de procédure civile, -dire n’y avoir lieu à écarter l’exécution provisoire de la décision à intervenir. Pour les motifs exposés lors de l’audience, Madame [V] [X], représentée par son conseil, qui a sollicité le bénéfice de ses entières écritures, a renouvelé l’ensemble de ses demandes. Elle a actualisé la dette locative à la somme de 2682 euros, mois de mai 2026 inclus. Bien que régulièrement convoqué, Monsieur [O] [A] [U] n’a pas comparu à l’audience, ne s’est pas fait représenter bien qu’ayant comparu à l’audience. Il sera statué par jugement réputé contradictoire.

Motivations de la décision

MOTIFS DE LA DÉCISION: L’article 472 du code de procédure civile prévoit que si le défendeur ne comparaît pas, il est néanmoins statué sur le fond. Le juge ne fait droit à la demande que dans la mesure où il l'estime régulière, recevable et bien fondée. Sur la réclamation au titre des loyers, charges et indemnités d’occupation impayés: Par application des dispositions de l'article 1353 du code civil, celui qui réclame l'exécution d'une obligation doit la prouver et réciproquement, celui qui se prétend libéré, doit justifier le paiement ou le fait qui a produit l'extinction de son obligation. Selon l’article 1728 du code civil, Le preneur est tenu de deux obligations principales: 1° D'user de la chose louée raisonnablement, et suivant la destination qui lui a été donnée par le bail, ou suivant celle présumée d'après les circonstances, à défaut de convention ; 2° De payer le prix du bail aux termes convenus. L’article 7 a) de la loi du 6 juillet 1989 tendant à l’amélioration des rapports locatifs prévoit que le locataire est obligé de payer le loyer et les charges récupérables aux termes convenus ; le paiement mensuel est de droit lorsque le locataire en fait la demande. Le paiement partiel du loyer par le locataire réalisé en application de l'article L. 843-1 du code de la construction et de l'habitation ne peut être considéré comme un défaut de paiement du locataire. Madame [V] [X] sollicite de la juridiction la condamnation de Monsieur [O] [A] [U] à lui verser la somme de 2682 euros au titre des loyers et charges impayés suivant décompte arrêté au 7 mai 2026, mois de mai 2026 inclus. Monsieur [O] [A] [U], sur qui repose la charge de la preuve du paiement du loyer, n’a justifié d’aucun versement qui n’aurait pas été pris en compte par la bailleresse. Il sera donc condamné à payer à Madame [V] [X] la somme de 2682 euros au titre des loyers, charges et indemnités d’occupation impayés, suivant décompte arrêté au 7 mai 2026, mois de mai 2026 inclus, avec intérêts au taux légal à compter de la présente décision. Sur l’acquisition de la clause résolutoire : Selon l’article 24 I de la loi du 6 juillet 1989 tendant à l’amélioration des rapports locatifs, dans sa version applicable au présent litige, tout contrat de bail d'habitation contient une clause prévoyant la résiliation de plein droit du contrat de location pour défaut de paiement du loyer ou des charges aux termes convenus ou pour non-versement du dépôt de garantie. Cette clause ne produit effet que deux mois après un commandement de payer demeuré infructueux Madame [V] [X] justifie avoir fait délivrer à Monsieur [O] [A] [U], à la date du 4 décembre 2025, un commandement de payer dans un délai de deux mois visant la clause résolutoire prévue au contrat de bail, pour obtenir paiement des loyers et charges impayés. Monsieur [O] [A] [U] ne justifie pas avoir apuré sa dette dans le délai de deux mois. Il n’a pas été porté à la connaissance du juge l’existence d’une procédure de surendettement affectant le locataire, l’absence de reprise du versement intégral du loyer courant avant l’audience interdisant toute suspension de la clause résolutoire. Il convient en conséquence de constater l'acquisition de la clause résolutoire au profit de Madame [V] [X] à la date du 4 février 2026. Sur l'expulsion du locataire: Monsieur [O] [A] [U] étant sans droit ni titre il y a lieu de dire que son expulsion, ainsi que celle de tous occupants de son chef, pourra en conséquence être poursuivie, si besoin avec le concours de la force publique. Sur l'indemnité d'occupation : Le contrat de bail étant résilié à compter du 4 février 2026, il convient de fixer le montant de l'indemnité d'occupation due jusqu'à la libération définitive des lieux, à la somme mensuelle de 463 euros charges comprises, à compter de la date précitée. Sur la notification de la résiliation du bail au préfet : Compte tenu de la situation de Monsieur [O] [A] [U] et en application des dispositions de l'article R 412-2 du code des procédures civiles d'exécution, il convient d'ordonner que le présent jugement sera transmis par les soins du greffe au représentant de l'Etat dans le département dans le cadre du plan départemental d'action pour le logement des personnes défavorisées. Sur la demande au titre de la clause pénale: Selon l’article 9 du code de procédure civile, il incombe à chaque partie de prouver conformément à la loi les faits nécessaires au succès de sa prétention. Madame [V] [X] qui formule une demande au titre de la clause pénale, demande non chiffrée ni justifiée, sera déboutée de sa demande sur ce fondement. Sur la demande de dommages et intérêts: Selon l’article 9 du code de procédure civile, Il incombe à chaque partie de prouver conformément à la loi les faits nécessaires au succès de sa prétention. En l’espèce, Madame [V] [X] qui ne justifie pas d’un préjudice qui ne soit réparé par les dispositions précédentes et qui ne justifie pas de l’existence d’une faute commise par le défendeur dans l’exercice de ses droits sera déboutée de sa demande sur ce fondement. Sur les demandes accessoires: En application de l’article 696 du code de procédure civile, Monsieur [O] [A] [U] qui succombe dans le cadre de la présente procédure supportera la charge des dépens qui comprendront le coût du commandement de payer et sera condamné à payer à Madame [V] [F] la somme de 800 euros au titre de l’article 700 du même code. Sur l’exécution provisoire: L’article 514 du code de procédure civile prévoit que les décisions de première instance sont de droit exécutoires à titre provisoire à moins que la loi ou la décision rendue n'en dispose autrement. Aucun élément ne justifie qu’il soit fait obstacle au principe de l’exécution provisoire de la présente décision.

Dispositif

PAR CES MOTIFS,  Le Juge des contentieux de la protection , statuant après débats en audience publique, par décision réputée contradictoire, en premier ressort, exécutoire et mise à disposition par le greffe : Condamne Monsieur [O] [A] [U] à payer à Madame [V] [X] la somme de 2682 euros au titre des loyers, charges et indemnités d’occupation impayés, suivant décompte arrêté au 7 mai 2026, mois de mai 2026 inclus, avec intérêts au taux légal à compter de la présente décision. Constate l'acquisition de la clause résolutoire au profit de Madame [V] [X] à la date du 4 février 2026. Dit que l'expulsion de Monsieur [O] [A] [U] et de tous occupants de son chef pourra être poursuivie, en tant que de besoin avec le concours de la force publique, à l'expiration d'un délai de deux mois suivant la délivrance d'un commandement d'avoir à quitter les lieux. Fixe le montant de l'indemnité d'occupation due jusqu'à la libération définitive des lieux, à la somme mensuelle de 463 euros charges comprises, à compter de la date du 4 février 2026 et dit qu'elle ne pourra être réclamée qu'à compter de la date d'arrêté de compte. Condamne Monsieur [O] [A] [U] à verser à Madame [V] [X] la somme mensuelle de 463 euros, à titre d’indemnité d’occupation, à compter de juin 2026 et jusqu'à la date de libération effective des lieux. Dit que par les soins du greffe, la présente décision sera transmise à Monsieur le Préfet du Département aux fins de prise en compte de la demande de relogement de Monsieur [O] [A] [U] dans le cadre du plan départemental d'action pour le logement des personnes défavorisées. Déboute Madame [V] [X] de sa demande au titre de la clause pénale. Déboute Madame [V] [F] de sa demande de dommages et intérêts. Condamne Monsieur [O] [A] [U] à payer à Madame [V] [X] la somme de 800 euros au titre de l’article 700 du code de procédure civile. Condamne Monsieur [O] [A] [U] aux dépens qui comprendront le coût du commandement de payer. Dit n’y avoir lieu à écarter l’exécution provisoire de la présente décision. Le présent jugement a été signé par J.BESNARD, Présidente d’audience, et par C.TROADEC, Greffière. LA GREFFIÈRE LA PRÉSIDENTE

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'une clause résolutoire ?
C'est une disposition dans un contrat de bail qui permet au bailleur de résilier le contrat en cas de non-paiement des loyers.
Comment se déroule une procédure d'expulsion ?
La procédure commence par une assignation en justice, suivie d'une audience où le juge statue sur la demande d'expulsion.
Quels sont les droits d'un locataire en cas d'expulsion ?
Le locataire a le droit d'être informé de la procédure et peut contester l'expulsion devant le tribunal.
Que se passe-t-il si le locataire ne compare pas à l'audience ?
Le juge peut statuer par défaut, ce qui signifie qu'il peut rendre une décision sans la présence du locataire.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question
Important : Cette page présente une décision de justice à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Pour votre situation spécifique, consultez un avocat ou utilisez l'assistant Justiweb pour explorer vos questions juridiques.