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Tribunal judiciaire, ppp pÔle circuit court, 19 juin 2026 — n° 26/00413

Expulsion "conditionnelle" ordonnée au fond avec suspension des effets de la clause résolutoire

Synthèse de la décision

Question juridique

Quelles sont les conséquences de la résiliation d'un bail pour non-paiement de loyer ?

Principe retenu

Le locataire est tenu de payer le loyer et les charges récupérables aux termes convenus. En cas de non-paiement, le bailleur peut demander la résiliation du bail et l'expulsion du locataire, sous réserve de respecter les procédures légales.

Faits clés

  • Bail d'habitation signé pour une durée de 3 mois avec un loyer mensuel de 396,09 euros.
  • Commandement de payer délivré pour une somme de 397,40 euros.
  • Assignation du locataire pour résiliation du bail et expulsion.
  • Montant de la dette actualisé à 343,07 euros au moment des débats.
  • Demande de délais de paiement formulée par le locataire.

Articles cités

article 7 de la loi du 06 juillet 1989

Exposé du litige

EXPOSE DU LITIGE Suivant acte sous seing privé du 25 novembre 2022, la S.A. IMMOBILIERE RHONE ALPES SA D;HLM, ci après le bailleur, a donné à bail à monsieur [R] [X], pour une durée de 3 mois, un local à usage d'habitation sis 18 rue Sabine ZLATIN 69007 LYON moyennant un loyer mensuel initial de 396,09 euros, outre provision sur charges. Par acte de commissaire de justice du 15 mai 2025 visant la clause résolutoire insérée dans le bail, le bailleur a fait délivrer à monsieur [R] [X] un commandement de payer la somme de 397,40 euros. *** Par acte de commissaire de justice du 07 août 2025, le bailleur a fait assigner monsieur [R] [X] afin de voir : constater ou à défaut prononcer la résiliation du bail liant les parties et ordonner l'expulsion de monsieur [R] [X] ,condamner monsieur [R] [X] à lui payer :la somme de 596,73 euros selon état de créance arrêté au 07 août 2025, avec actualisation le jour des débats,une indemnité d’occupation mensuelle égale au montant du loyer et des charges jusqu’à libération effective des locaux,la somme de 500 euros à titre de dommages et intérêts,la somme de 550 euros sur le fondement de l'article 700 du Code de procédure civile,constater l'exécution provisoire de la décision,condamner monsieur [R] [X] aux dépens. Lors des débats, le bailleur représenté par son conseil actualise sa demande en paiement à un montant de 343,07 eurospour loyers, charges et indemnités d'occupation selon état de créance arrêté au 17 mars 2026 et maintient ses autres demandes. Il indique que la dette est en baisse. Il déclare ne pas être opposé à des délais de paiement. Monsieur [R] [X] est représenté par avocat, il sollicite des délais de paiement suspensifs des effets de la clause résolutoire, s'oppose à la résiliation du bail et offre de s'acquitter de sa dette par mensualités de 100 euros pour les deux premières échéances puis un solde à hauteur de 143,07 euros. Il s’en rapporte à la décision du tribunal pour s’agissant de la demande en paiement au titre de l’article 700 CPC. Le tribunal donne lecture du diagnostic social et financier de monsieur [R] [X]. La présente décision est susceptible d'appel. Par conséquent, il sera statué par jugement contradictoire. L'affaire est mise en délibéré à ce jour.

Motivations de la décision

* * * SUR QUOI, LE JUGE DES CONTENTIEUX DE LA PROTECTION, - Sur la dette locative Selon l'article 7 de la loi du 06 juillet 1989, le locataire est obligé de payer le loyer et les charges récupérables aux termes convenus. En application de ces dispositions légales et en l’absence de contestation de monsieur [R] [X], le bailleur est fondé en sa demande en paiement de la somme de 343,07 euros correspondant aux loyers et charges impayés jusqu’au mois de février 2026 selon état de créance en date du 17 mars 2026. - Sur la résiliation du bail En application de l'article 24 de la loi du 06 juillet 1989 dans sa version applicable au cas d'espèce, le bail ayant été conclu avant l'entrée en vigueur de la loi 27 juillet 2023 visant à protéger les logements contre l'occupation illicite dite loi Kasbarian, toute clause prévoyant la résiliation de plein droit du contrat de location pour défaut de paiement du loyer ou des charges aux termes convenus ne produit effet que deux mois après un commandement de payer demeuré infructueux. Ce délai de deux mois est justement repris dans le commandement de payer les loyers et les charges qui a été notifié par le bailleur au locataire. Le bailleur a régulièrement suivi la procédure imposée par l’article 24 précité et a, dans les délais impartis par la loi, notifié sa demande au Représentant de l'Etat et signalé à l'organisme payeur des aides au logement la situation d'impayés dans les conditions réglementaires. En exécution de la clause résolutoire insérée dans le contrat de location, le bailleur est, en conséquence, en droit de se prévaloir de la résiliation du bail à la date du 16 juillet 2025 après avoir fait délivrer au locataire le commandement susmentionné demeuré infructueux. - Sur les délais de paiement Selon l'article 24V de la loi du 6 juillet 1989 modifié par la loi Kasbarian du 27 juillet 2023, le juge peut, à la demande du locataire, du bailleur ou d'office, à la condition que le locataire soit en situation de régler sa dette locative et qu'il ait repris le versement intégral du loyer courant avant la date de l'audience, accorder des délais de paiement dans la limite de trois années, par dérogation au délai prévu au premier alinéa de l'article 1343-5 du code civil, au locataire en situation de régler sa dette locative. Le quatrième alinéa de l'article 1343-5 du code civil s'applique lorsque la décision du juge est prise sur le fondement du présent alinéa. En oute, par application de l'article 24VII de la loi du 6 juillet 1989, lorsque le juge est saisi en ce sens par le bailleur ou le locataire et à la condition que celui-ci ait repris le versement intégral du loyer courant avant la date de l'audience, les effets de la clause de résiliation de plein droit peuvent être suspendus pendant le cours des délais accordés par le juge dans les conditions prévue au V et VI et présent article. Il ressort des débats à l'audience que la dette de monsieur [R] [X] est en baisse et que la S.A. IMMOBILIERE RHONE ALPES SA D’HLM est d'accord pour octroyer à monsieur [R] [X] en situation de régler sa dette locative dans le délai légal, des délais de paiement. Il convient en conséquence de lui accorder des délais de paiement comme il sera dit au dispositif de la présente décision et de suspendre les effets de la clause résolutoire pendant le cours des délais. En revanche, en cas d’inobservation des délais de paiement ou de défaut de règlement du loyer courant, le bailleur pourra se prévaloir de la résiliation du bail et le locataire sera redevable d'une indemnité d'occupation égale au montant du loyer et des charges qui auraient été exigibles en cas de continuation de la location.  - Sur les autres demandes Le bailleur ne démontre pas l'existence d'un préjudice distinct de celui issu du retard de paiement. Il n'y a donc pas lieu de faire droit à la demande de dommages et intérêts. Aucune circonstance particulière de l'affaire n'impose d'écarter l'exécution provisoire de droit en application de l'article 514 du Code de procédure civile. Conformément aux dispositions de l'article 696 du Code de procédure civile, monsieur [R] [X] doit supporter les dépens qui comprendront le coût du commandement de payer. Enfin, il n’y a pas lieu à condamnation au titre d el’article 700 du code de procédure civile.

Dispositif

* * * PAR CES MOTIFS, Le juge des contentieux de la protection, statuant publiquement par jugement contradictoire, en premier ressort et mis à disposition au greffe, Condamne monsieur [R] [X] à payer à la S.A. IMMOBILIERE RHONE ALPES SA D’HLM la somme de 343,07 euros correspondant au montant des loyers et charges dus jusqu'au mois de février 2026 selon état de créance du 17 mars 2026, Constate qu'est encourue la résiliation du bail consenti par la S.A. IMMOBILIERE RHONE ALPES SA D’HLM à monsieur [R] [X] sur les locaux à usage d'habitation sis 18 rue Sabine ZLATIN 69007 LYON par application de la clause de résiliation de plein droit, Autorise monsieur [R] [X] à s'acquitter de sa dette locative par deux mensualités de 100 euros, la première mensualité étant exigible au plus tard le 15 mois suivant celui de la signification du jugement, les échéances ultérieures au plus tard le 15 de chaque mois suivant et la 3 ème correspondant au solde de la dette, Dit que pendant les délais ainsi accordés les effets de la clause de résiliation de plein droit sont suspendus ; que, si monsieur [R] [X] règle sa dette conformément aux délais accordés et s'acquitte du loyer courant pendant le cours de ces délais, la clause de résiliation de plein droit sera réputée ne pas avoir joué et le bail se poursuivra, En revanche, si monsieur [R] [X] ne règle pas sa dette conformément aux délais accordés ou ne paie pas le loyer courant pendant le cours de ces délais, Dit que la clause résolutoire reprendra son plein effet et que le bail sera résilié à compter du 16 juillet 2025 huit jours après l'envoi d'une lettre recommandée de mise en demeure restée infructueuse,Ordonne la libération des lieux et, à défaut, l'expulsion de monsieur [R] [X] tant de sa personne que de ses biens, ainsi que celle de tous occupants de son chef, au besoin avec l’assistance de la force publique, deux mois après signification d’un commandement de quitter les lieux,Condamne monsieur [R] [X] à payer à la S.A. IMMOBILIERE RHONE ALPES SA D’HLM, à compter de la date de résiliation jusqu’à libération effective des lieux, une indemnité d'occupation égale au montant du loyer et des charges qui auraient été dus en l’absence de cessation du bail, Dit en outre qu’en cas de défaut de règlement d’une mensualité huit jours après une mise en demeure restée infructueuse, le bailleur pourra réclamer l’intégralité de la dette locative restant due, Dit n'y avoir lieu à condamnation au titre de l'article 700 du Code de procédure civile, Rappelle que la présente décision est exécutoire de plein droit ; Rejette le surplus des demandes de la S.A. IMMOBILIERE RHONE ALPES SA D’HLM, Condamne monsieur [R] [X] aux dépens qui comprendront le coût du commandement de payer du 15 mai 2025. Ainsi jugé et prononcé par mise à disposition les jour, mois et an susdits par le Président et le Greffier susnommés. Le Greffier Le Président

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un bail d'habitation ?
Un bail d'habitation est un contrat par lequel un bailleur met à disposition d'un locataire un logement moyennant un loyer.
Quels sont les droits d'un locataire en cas de non-paiement ?
Le locataire a le droit de demander des délais de paiement et de contester la résiliation du bail si des circonstances particulières le justifient.
Comment se déroule une procédure d'expulsion ?
La procédure d'expulsion commence par un commandement de quitter les lieux, suivi d'une éventuelle mise en demeure et d'une décision judiciaire.
Quelles sont les conséquences d'une résiliation de bail ?
La résiliation du bail entraîne la fin du contrat de location et peut conduire à l'expulsion du locataire si celui-ci ne quitte pas les lieux.

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