Tribunal judiciaire, jcp referes inf 10.000€, 16 juin 2026 — n° 26/00065
Synthèse de la décision
Question juridique
Le juge des contentieux de la protection est-il compétent pour statuer sur un litige relatif à un contrat de location d'un garage ?
Principe retenu
Le juge des contentieux de la protection n'est pas compétent pour connaître des litiges relatifs à des contrats de location d'immeubles autres que ceux à usage d'habitation. Les litiges concernant des garages relèvent de la compétence du tribunal judiciaire.
Faits clés
- La SCI CLEMAIS a donné à bail un garage à Monsieur [S] [L] pour un loyer mensuel de 300 €.
- Monsieur [S] [L] a accumulé un arriéré locatif de 600 €.
- Un commandement de payer a été signifié à Monsieur [S] [L] pour justifier l'assurance et régler les loyers impayés.
- Monsieur [S] [L] ne s'est pas présenté lors des audiences.
- Le juge a constaté son incompétence pour statuer sur le litige concernant le garage.
Articles cités
article 472 du code de procédure civile
articles L213-4-1 et suivants du code de l'organisation judiciaire
Exposé du litige
RAPPEL DES FAITS
Par contrat en date du 1er juin 2025 la SCI CLEMAIS a donné à bail à Monsieur [S] [L] un garage sis [Adresse 4] à SERIGNAN (34410) pour un loyer mensuel initial de 300 € outre une provision sur charge de 10 euros.
Des loyers étant demeurés impayés, la SCI CLEMAIS, selon acte de commissaire de justice en date du 12 janvier 2026 a fait signifier Monsieur [S] [L] un commandement de payer et de justifier l’assurance visant la clause résolutoire, ce pour un arriéré locatif d'un montant de 600 €.
Par acte de commissaire de justice en date du 26 janvier 2026, auquel il est référé pour un plus ample exposé des faits, moyens et prétentions en application de l'article 455 du code de procédure civile, la SCI CLEMAIS a assigné Monsieur [S] [L] devant le Juge des contentieux de la protection de BEZIERS statuant en référé aux fins de voir :
*constater la résiliation de plein droit du bail, et en conséquence, voir ordonner l'expulsion de Monsieur [S] [L] ainsi que celle de tout occupant de son chef, et si besoin est, avec le concours de la force publique et d’un serrurier ;
*condamner à titre provisionnel Monsieur [S] [L] au paiement de la somme de 600 € à valoir sur l'arriéré des loyers et des charges impayés arrêtés au 26 janvier 2026, en outre au paiement d'une indemnité d'occupation mensuelle égale au montant du loyer et des charges, et jusqu'à la libération définitive des lieux, ainsi que de la somme de 500,00 € au titre de l'article 700 du code de procédure civile, outre les entiers dépens de la présente instance en ce compris le coût du commandement de payer du 31 octobre 2026 et celui du 12 janvier 2026 .
A l’audience du 17 février 2025, la SCI CLEMAIS, représentée par son conseil, actualise la dette à hauteur de 900 €.
Bien que régulièrement cité par acte de commissaire de justice, Monsieur [S] [L] ne comparaît pas ni personne pour lui.
Dans son ordonnance du 7 avril 2026 le juge des contentieux de la protection statuant en référé ordonne la réouverture des débats afin de permettre aux parties de s’exprimer contradictoirement sur le relevé d’office de l’incompétence du juge des contentieux de la protection et renvoie l’affaire à l’audience du 5 mai 2026.
A l’audience du 5 mai 2026, la SCI CLEMAIS, représentée par son conseil , demande à ce que l’affaire soit renvoyée devant le tribunal judiciaire tenant l’incompétence du juge des contentieux de la protection.
Bien que régulièrement cité par acte de commissaire de justice, Monsieur [S] [L] ne comparait pas ni personne pour lui.
L’affaire est mise en délibéré au 16 juin 2026.
Motivations de la décision
MOTIFS DE LA DÉCISION
Aux termes de l'article 472 du Code de procédure civile, si le défendeur ne comparaît pas, il est néanmoins statué sur le fond. Le juge ne fait toutefois droit à la demande que dans la mesure où il l'estime régulière, recevable et bien fondée.
Sur la compétence du juge des contentieux de la protection statuant en référé :
Il résulte des articles L213-4-1 et suivants du code de l’organisation judiciaire que le juge des contentieux de la protection connaît notamment des actions :
- tendant à l’expulsion des personnes qui occupent aux fins d’habitation des immeubles bâtis sans droit ni titre,
- dont un contrat de louage d’immeuble à usage d’habitation ou un contrat portant sur l’occupation d’un logement et l’objet la cause ou l’occasion.
- relatives à l’application du chapitre deux du titre un du livre trois du code de la consommation,
- relatives à l’inscription et à la radiation sur le fichier national recensant les informations sur les incidents de paiement caractérisés liés aux crédits accordés aux personnes physiques pour des besoins non professionnels prévus à l’article L751–1 du code de la consommation.
Le litige porte en l’espèce sur un contrat de location d’un garage qui ne relève pas de la compétence limitativement énumérée du juge des contentieux de la protection.
L’affaire sera donc renvoyée devant le juge des référés du tribunal judiciaire , compétent pour les litiges inférieurs à 10 000 euros .
Dispositif
PAR CES MOTIFS,
Le Juge des contentieux de la protection statuant en référé , par ordonnance mise à disposition au greffe réputée contradictoire et en premier ressort,
CONSTATE son incompétence ;
ORDONNE le renvoi de l’affaire devant le juge des référés du tribunal judiciaire , compétent pour les litiges inférieurs à 10 000 euros, à l’audience du 21 juillet 2026 à 14 heures ;
DIT n’y avoir lieu à statuer sur les dépens ;
DIT n’y avoir lieu à statuer sur les demandes d’article 700 du code de procédure civile ;
Ainsi jugé et prononcé par mise à disposition de la décision au greffe du tribunal, le 16 juin 2026, les parties en ayant été préalablement avisées dans les conditions prévues au deuxième alinéa de l’article 450 du code de procédure civile.
La greffière Le juge des référés
Questions fréquentes
Qu'est-ce qu'un bail commercial ?
Un bail commercial est un contrat par lequel un propriétaire loue un local à un commerçant pour l'exercice de son activité professionnelle.
Quels sont les recours possibles en cas d'impayés de loyer ?
En cas d'impayés, le bailleur peut engager une procédure d'expulsion et demander le paiement des sommes dues par voie judiciaire.
Comment se déroule une procédure d'expulsion ?
La procédure d'expulsion commence par un commandement de payer, suivi d'une assignation en justice si le locataire ne régularise pas sa situation.
Quelles sont les conséquences d'une incompétence du juge ?
Si le juge déclare son incompétence, l'affaire est renvoyée devant le tribunal compétent, ce qui peut retarder la résolution du litige.
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