Tribunal judiciaire, jcp referes inf 10.000€, 16 juin 2026 — n° 26/00110
Synthèse de la décision
Question juridique
Quelles sont les conséquences de l'irrecevabilité d'une action en référé pour non-paiement du droit de timbre ?
Principe retenu
L'irrecevabilité d'une action en référé peut être prononcée lorsque les demandeurs ne justifient pas du paiement du droit de timbre exigé par la loi. En l'absence de motif d'exonération, l'action est déclarée irrecevable.
Faits clés
- Contrat de bail signé le 5 août 2019 pour un bien à usage d'habitation.
- Arriéré locatif de 2846,43€ signalé par commandement de payer.
- Les locataires n'ont pas justifié de leur présence aux convocations du travailleur social.
- Les demandeurs se désistent de leurs demandes initiales après avoir soldé la dette locative.
- L'assignation a été reçue sans paiement du droit de timbre requis.
Articles cités
article 514-1 du Code de procédure civile
article 491 du Code de procédure civile
article 696 du Code de procédure civile
article 1635 bis Q du CGI
Exposé du litige
RAPPEL DES FAITS
Par contrat en date du 5 août 2019 , Monsieur [Z] [D] et Madame [H] [V] épouse [Z] ont donné à bail à Monsieur [L] [X] , Madame [R] [K] et Madame [L] [T] un bien à usage d’habitation sis [Adresse 3] à [Localité 4] pour un loyer initial mensuel de 911€, outre 16€ de provision sur charges.
Des loyers étant demeurés impayés, Monsieur [Z] [D] et Madame [H] [V] épouse [Z] , selon acte de commissaire de justice en date du 1er décembre 2025 ont fait signifier à Monsieur [L] [X] , Madame [R] [K] et Madame [L] [T] un commandement de payer visant la clause résolutoire, ce pour un arriéré locatif d'un montant de 2846,43€.
Ce commandement de payer a été dénoncé à la CCAPEX le 2 décembre 2025 .
Par actes de commissaire de justice en date du 9 et du 23 février 2026 , auxquels il est référé pour un plus ample exposé des faits, moyens et prétentions, Monsieur [Z] [D] et Madame [H] [V] épouse [Z] ont assigné Monsieur [L] [X], Madame [R] [K] et Madame [L] [T] devant le Juge des contentieux de la protection de BEZIERS statuant en référé aux fins de voir :
*constater la résiliation de plein droit du bail , et en conséquence, voir ordonner l'expulsion de Monsieur [L] [X] , Madame [R] [K] et Madame [L] [T] ainsi que celle de tout occupant de leur chef, si besoin est, avec le concours de la force publique et d’un serrurier ;
*condamner solidairement et à titre provisionnel Monsieur [L] [X] , Madame [R] [K] et Madame [L] [T] au paiement de la somme de 2846,43 euros à valoir sur l'arriéré des loyers et des charges impayés arrêtés au 13 novembre 2025 , en outre au paiement d'une indemnité d'occupation mensuelle égale au montant du loyer et des charges, jusqu'à la libération définitive des lieux, ainsi que de la somme de 500€ au titre de l'article 700 du Code de procédure civile, outre les entiers dépens de l’instance .
Un diagnostic social et financier a été reçu au greffe avant l’audience, lequel révèle que les locataires ne se sont pas présentés aux convocations du travailleur social . Seule Madame [R] [K] a pris rendez-vous ultérieurement pour lui faire savoir qu’elle avait soldé la dette.
A l’audience du 5 mai 2026 , Monsieur [Z] [D] et Madame [H] [V] épouse [Z] , non comparants en personne mais représentés par leur avocat, indiquent que la dette locative a été soldée . Ils se désistent en conséquence de leurs demandes initiales , à l’exception de leur demande au titre de l’article 700 du code de procédure civile et des dépens.
Présents à l’audience, Monsieur [L] [X] , Madame [R] [K] et Madame [L] [T] en prennent acte.
L'affaire a été mise en délibéré au 16 juin 2026 pour y être rendue la présente décision par mise à disposition au greffe.
Motivations de la décision
MOTIFS DE LA DÉCISION
Sur la recevabilité de l'action :
L’article 1635 bis Q du code général des impôts institue un droit de timbre d’un montant de 50 euros dû pour toute instance introduite devant les juridictions judiciaires en matière civile et sauf lorsque le demandeur bénéficie de l’aide juridictionnelle ou relève d’un cas d’exonération prévu par la loi.
L’article 62-5 du code de procédure civile dispose que lorsque le justiciable ne s'est pas acquitté de la contribution, il est invité à régulariser la situation dans le mois qui suit la demande formulée par le greffe. A défaut, l'irrecevabilité est constatée d'office par le juge à l'expiration de ce délai. Les parties n'ont pas qualité pour soulever cette irrecevabilité. Elles sont avisées de la décision par le greffe.
Le juge peut statuer sans débat. Dans ce cas, saisi dans un délai de quinze jours suivant sa décision, il rapporte, en cas d'erreur, l'irrecevabilité, sans débat. Le cas échéant, le délai de recours contre la décision d'irrecevabilité court à compter de la notification de la décision qui refuse de la rapporter.
En l’espèce, Monsieur [Z] [D] et Madame [H] [V] épouse [Z] ont saisi le juge des contentieux de la protection de BEZIERS par assignation reçue au greffe le 04 mars 2026, sans s’acquitter du droit de timbre prévu à l’article 1635 bis Q du CGI, et ce en dépit de l’invitation qui leur a été faite de régulariser leur assignation en procédant au paiement du timbre exigé.
Il ressort, par ailleurs, des pièces du dossier que les demandeurs ne justifient d’aucun motif d’exonération, ni de l’octroi de l’aide juridictionnelle, ni d’une dispense légale ou réglementaire applicable.
Il convient, en conséquence, de déclarer leur action irrecevable.
Sur les dépens
L’article 491 du Code de procédure civile dispose que le juge des référés statue sur les dépens. Il le fait conformément aux dispositions de l’article 696 du Code de procédure civile, selon lesquelles la partie perdante est condamnée aux dépens, à moins que le juge, par décision motivée, n'en mette la totalité ou une fraction à la charge d'une autre partie.
En l’espèce , Monsieur [Z] [D] et Madame [H] [V] épouse [Z] , parties perdantes , supporteront seuls les dépens de la présente instance.
Sur l’exécution provisoire
Aux termes de l’article 514-1 du Code de procédure civile, le juge statuant en référé ne peut écarter l’exécution provisoire qui est, aux termes de l’article précédent, de droit pour les décisions de première instance.
PAR CES MOTIFS,
Nous, le Juge des contentieux de la protection, statuant en référé, par mise à disposition au greffe, par ordonnance contradictoire et en premier ressort,
Dispositif
DECLARONS irrecevable l’action en référé de Monsieur [Z] [D] et Madame [H] [V] épouse [Z] ;
DISONS que les dépens restent à la charge de Monsieur [Z] [D] et Madame [H] [V] épouse [Z] ;
RAPPELONS que la présente ordonnance est de plein droit exécutoire à titre provisoire.
Ainsi jugé et prononcé par mise à disposition de la décision au greffe du tribunal, le 16 juin 2026, les parties en ayant été préalablement avisées dans les conditions prévues au deuxième alinéa de l’article 450 du Code de procédure civile.
La greffière, Le juge des référés,
Questions fréquentes
Qu'est-ce qu'une action en référé ?
Une action en référé est une procédure judiciaire rapide permettant d'obtenir une décision provisoire en cas d'urgence.
Pourquoi mon action en référé a-t-elle été déclarée irrecevable ?
Votre action a été déclarée irrecevable en raison du non-paiement du droit de timbre exigé par la loi.
Quels sont les effets d'une décision d'irrecevabilité ?
Une décision d'irrecevabilité signifie que vous ne pouvez pas poursuivre votre action en justice et que vous perdez la possibilité d'obtenir une décision sur le fond.
Qui doit payer les frais de justice dans une procédure de référé ?
En général, la partie perdante est condamnée aux dépens, sauf décision motivée du juge.
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