Tribunal judiciaire, pôle jcp, 16 juin 2026 — n° 26/00641
Synthèse de la décision
Question juridique
Quelles sont les conditions d'application de la clause résolutoire dans un bail d'habitation ?
Principe retenu
La clause résolutoire d'un bail d'habitation s'applique lorsque le locataire ne respecte pas ses obligations de paiement, entraînant la résiliation du bail et l'expulsion du locataire. Le bailleur doit respecter les formalités légales pour faire valoir cette clause.
Faits clés
- Bail à usage d'habitation signé le 22 et 23 août 2023.
- Loyer mensuel de 416,25 euros, le locataire verse systématiquement 412,22 euros.
- Commandement de payer délivré le 07 novembre 2025.
- Le locataire n'a pas comparu ni réglé sa dette dans les délais impartis.
- Demande d'expulsion formulée par le bailleur en référé.
Articles cités
article 696 du code de procédure civile
article 700 du code de procédure civile
Exposé du litige
PROCÉDURE :
Date de la première évocation : 05 Mai 2026
Date des débats : 05 Mai 2026
Date du délibéré : 16 Juin 2026
ORDONNANCE :
Rendue en premier ressort, prononcée par mise à disposition au greffe le 16 JUIN 2026 par Audrey MOYA, Président, assisté de Karine PASCAL, Greffier.
EXPOSE DU LITIGE
Vu l’assignation en référé délivrée le 20 février 2026 à [S] [P] par [H] [D], vers laquelle il est renvoyé et à laquelle il convient de se référer pour un plus ample exposé des faits, moyens et prétentions,
A l’audience, [H] [D], représenté par son Conseil, maintient ses demandes en résiliation du bail par acquisition de la clause résolutoire, d’expulsion sans délai de [S] [P], et sollicite sa condamnation à lui payer à titre provisionnel la somme de 1 274,00 euros au titre des impayés locatifs avec intérêts au taux légal, outre une indemnité d’occupation mensuelle indexée ainsi que 500,00 euros au titre des frais irrépétibles, aux entiers dépens en ce compris les frais du commandement de payer.
Le bailleur précise que le loyer s’élève à 416,25 euros, mais que le locataire verse systématiquement 412,22 euros.
[S] [P], cité à étude du commissaire de justice en application des articles 656 et 658 du code de procédure civile, n'a pas comparu et n'a pas été représenté.
Motivations de la décision
MOTIFS DE LA DECISION
Il résulte des pièces versées aux débats que les parties sont liées par un bail à usage d'habitation principale en date du 22 et 23 août 2023 pour des locaux non-meublés sis [Adresse 3] - [Adresse 4]- [Localité 4], contenant une clause résolutoire.
La procédure diligentée est régulière pour avoir respecté toutes les exigences de la loi notamment quant à la forme du commandement de payer les loyers visant la clause résolutoire et sommation d’avoir à justifier de l’occupation délivré le 07 novembre 2025 et signifié le 07 novembre 2025 à la Commission spécialisée de Coordination des Actions de Prévention des Expulsions Locatives du Var, et à la notification de la présente assignation au représentant de l'Etat le 23 février 2026, soit six semaines au moins avant l'audience pour permettre de saisir les organismes sociaux et les services compétents.
Malgré le rappel de façon claire et légale de la clause résolutoire prévue au bail en son article VIII et faisant la loi des parties et de ses conséquences graves par le commandement de payer les loyers en date du 07 novembre 2025, le défendeur n’a pas apuré l'intégralité de la dette dans les délais impartis ni sollicité de délai par les voies légales, ni lors de l’audience à laquelle il ne s’est pas présenté.
Dès lors, force est de constater l'acquisition de la clause résolutoire du bail.
Ainsi, faute de départ volontaire de la part de [S] [P], il convient de faire droit à la demande d'expulsion sans délai du locataire et de tous occupants de son chef des lieux sis [Adresse 3] - [Adresse 4]- [Localité 4], qui s'effectuera dans les conditions fixées par le code des procédures civiles d'exécution.
Il résulte par ailleurs des pièces versées et notamment de l’extrait de situation de compte actualisé au 28 avril 2026, que le retard pris par le défendeur dans le paiement des loyers, charges et indemnités d'occupation s'élève à la somme de 1274,00 euros, échéance de mai 2026 incluse.
Il s'ensuit que [S] [P] sera condamné au paiement de cette somme provisionnelle de 1 274,00 euros au bailleur, échéance de mai 2026 incluse, somme assortie des intérêts au taux légal à compter de la date de signification de la présente ordonnance, en application de l’article 1231-7 du code civil.
Par ailleurs, l’indemnité d’occupation est due en lieu et place du loyer à compter de la résiliation du bail et jusqu'à la libération des lieux. Dans l'attente du départ effectif du locataire, il convient de fixer une indemnité mensuelle d'occupation égale au montant du dernier loyer charges comprises, en l’espèce la somme de 416,25 euros dès le mois de juin 2026 et jusqu'à libération complète des lieux par la remise des clés.
[S] [P], partie perdante, sera condamné aux entiers dépens en ce compris les frais du commandement de payer, par application de l'article 696 du code de procédure civile et en équité, à payer à [H] [D] la somme de 500,00 euros par application de l'article 700 du code de procédure civile.
PAR CES MOTIFS
Statuant par ordonnance réputée contradictoire, rendue en premier ressort et mise à disposition au greffe,
CONSTATONS que la résiliation du bail d’habitation liant les parties sur les locaux sis [Adresse 3] - [Adresse 4]- [Localité 4], est intervenue par le jeu de la clause résolutoire ;
ORDONNONS à [S] [P] de quitter les lieux immédiatement ;
Dispositif
ORDONNONS, à défaut de libération volontaire et de remise des clés, l'expulsion de [S] [P] ainsi que celle de tous occupants de son chef et au besoin avec l'assistance de la force publique ;
DISONS que le sort des meubles sera régi par les articles L.433-1 à L.433-3 du code des procédures civiles d’exécution ;
CONDAMNONS [S] [P] à payer à [H] [D] la somme provisionnelle de 1 274,00 euros correspondant aux loyers, charges et indemnités d'occupation impayés jusqu’au mois de mai 2026 inclus, avec intérêts au taux légal à compter de la date de signification de la présente ordonnance ;
CONDAMNONS [S] [P] à payer à [H] [D] une indemnité d'occupation mensuelle de 416,25 euros , dès juin 2026 et jusqu'à libération complète des lieux par la remise des clés ;
CONDAMNONS [S] [P] aux entiers dépens en ce compris les frais du commandement de payer ;
CONDAMNONS [S] [P] à payer à [H] [D] la somme de 500,00 euros par application de l'article 700 du code de procédure civile ;
REJETONS les autres demandes ;
RAPPELONS que la présente ordonnance est assortie de plein droit de l'exécution provisoire.
Le greffier Le président
Questions fréquentes
Qu'est-ce qu'une clause résolutoire ?
Une clause résolutoire est une disposition dans un contrat de bail qui permet au bailleur de résilier le contrat en cas de non-respect des obligations par le locataire, notamment le non-paiement des loyers.
Comment se déroule une procédure d'expulsion ?
La procédure d'expulsion commence par un commandement de payer, suivi d'une assignation en justice. Si le locataire ne régularise sa situation, le tribunal peut ordonner son expulsion.
Quels sont les droits du locataire en cas d'expulsion ?
Le locataire a le droit d'être informé de la procédure et de se défendre devant le tribunal. Il peut également demander des délais pour régler ses impayés.
Comment est fixée l'indemnité d'occupation ?
L'indemnité d'occupation est généralement fixée au montant du dernier loyer dû, et elle est due jusqu'à la libération complète des lieux par le locataire.
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