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Tribunal judiciaire, referes 2ème section, 22 juin 2026 — n° 26/00655

Désigne un expert ou un autre technicien

Synthèse de la décision

Question juridique

Dans quelles conditions peut-on ordonner une expertise pour établir la preuve de vices cachés dans un bien acheté ?

Principe retenu

Selon l'article 145 du code de procédure civile, une mesure d'instruction peut être ordonnée avant tout procès si un motif légitime justifie la conservation ou l'établissement de la preuve de faits pouvant influencer la solution d'un litige.

Faits clés

  • Acquisition d'un camping-car d'occasion pour 14 000 euros
  • Constatation de vices cachés, notamment un chauffe-eau défectueux et une infiltration dans la salle de bain
  • Demande d'expertise pour établir la preuve des vices cachés
  • Demande de condamnation de Monsieur [M] [E] au paiement de 2500 € au titre de l'article 700 du Code de procédure civile
  • Demande d'exécution provisoire de l'ordonnance

Articles cités

article 145 du code de procédure civile article 700 du code de procédure civile article 699 du code de procédure civile

Exposé du litige

I - FAITS, PROCÉDURE ET DEMANDES DES PARTIES Par acte du 23 mars 2026, Monsieur [J] [A] et Madame [I] [U] ont fait assigner Monsieur [M] [E] devant le juge des référés du tribunal judiciaire de Bordeaux, afin, au visa de l'article 145 du code de procédure civile, de voir ordonner une expertise de leur véhicule automobile. Ils ont également sollicité : - CONDAMNER Monsieur [E] au paiement de la somme de 2500 € au titre de l’article 700 du Code de procédure civile - CONDAMNER Monsieur [E] aux entiers dépens en application de l'article 699 du Code de procédure civile - ORDONNER, vu l’urgence, l’exécution provisoire de l’ordonnance sur minute Monsieur [J] [A] et Madame [I] [U] ont exposé qu'ils ont acquis le 28 septembre 2025 un camping-car de marque [Etablissement 1] , d’occasion auprès de Monsieur [M] [E] pour le prix de 14 000 euros ; que le 16 octobre 2026 , ils ont constaté : d’une part, que le chauffe-eau ne fonctionnait pas, ne produisant pas d’eau chaude ; d’autre part, que le bouton d’enclenchement du radiateur était cassé. De plus les requérants ont indiqué avoir constaté d’autres vices cachés à savoir une grosse infiltration dans la salle de bain. L’affaire a été appelée et retenue à l’audience du 11 mai 2026. Les parties ont conclu pour la dernière fois : - Monsieur [J] [A] et Madame [I] [U]  : dans leur acte introductif d'instance - Monsieur [M] [E]  : le 30 avril 2026, par des écritures dans lesquelles il formule toutes protestations et réserves d'usage quant à la mesure d'instruction sollicitée et conclut au rejet de la demande fondée sur l'article 700 du code de procédure civile. La présente décision se rapporte à ces écritures pour un plus ample exposé des demandes et des moyens des parties.

Motivations de la décision

II - MOTIFS DE LA DÉCISION La demande d’expertise Aux termes de l’article 145 du code de procédure civile, “s'il existe un motif légitime de conserver ou d'établir avant tout procès la preuve de faits dont pourrait dépendre la solution d'un litige, les mesures d'instruction légalement admissibles peuvent être ordonnées à la demande de tout intéressé, sur requête ou en référé”. En l’espèce, Monsieur [J] [A] et Madame [I] [U] , par les pièces qu’ils versent aux débats, justifient d’un motif légitime pour obtenir qu’une mesure d’instruction soit, dans les termes et conditions figurant au dispositif de la présente décision, ordonnée au contradictoire des parties défenderesses, sans aucune appréciation des responsabilités et garanties encourues. L’expertise sera réalisée aux frais avancés du demandeur, qui a seul intérêt à voir la mesure menée à son terme. Les autres demandes Les dépens de l’instance seront provisoirement supportés par le demandeur. De ce fait, le demandeur ne peut prétendre à aucune indemnité par application de l’article 700 du code de procédure civile. La minute étant conservée au rang des minutes détenu au greffe du Tribunal Judiciaire, il ne peut être délivré qu’une copie exécutoire aux avocats. La demande étant sans objet sera donc rejetée . III - DÉCISION Le juge des référés du tribunal judiciaire de Bordeaux statuant par une ordonnance contradictoire prononcée publiquement par mise à disposition au greffe et à charge d'appel ; Vu l’article 145 du code de procédure civile, ORDONNE une mesure d’expertise et désigne pour y procéder : Monsieur [L] [P] [Adresse 3] [Localité 4] Port. : 06 85 05 94 76 [Courriel 1] DIT que l’expert procédera à la mission suivante : – convoquer et entendre les parties, se faire communiquer dans le délai qu'il lui appartiendra de fixer tous documents utiles à l'exercice de sa mission et notamment la citation, les documents relatifs à la mise en circulation du véhicule, aux contrôles techniques, à l'entretien et à l'achat du véhicule de Monsieur [J] [A] et Madame [I] [U] , – donner aux juges tous éléments de nature à établir dans quelles conditions il a été fait acquisition de ce véhicule, préciser notamment si l'acheteur a eu communication de pièces déterminant de façon précise l'état du véhicule qu'il se proposait d'acquérir, – dire à quelle date le véhicule litigieux a été mis en circulation, décrire l'état de la mécanique et de la carrosserie et préciser le degré d’usure du véhicule lors de son acquisition par rapport à la longévité habituelle de véhicules de même type, – vérifier si les désordres allégués existent, dans ce cas, en préciser la nature, la localisation, l'importance et la date d'apparition, et dire s’ils sont de nature à rendre le véhicule impropre à son usage, – donner aux juges du fond tous éléments techniques et de fait leur permettant de déterminer si le vice aujourd'hui constaté existait ou non lors de la vente, dans l'affirmative, donner aux juges du fond tous éléments techniques et factuels leur permettant de dire si ce vice était ou non décelable pour un profane et pouvait ou non être ignoré du vendeur au moment de la vente, – dire si le véhicule a fait, avant ou/et après la vente litigieuse, l'objet de réparations et dans l'affirmative, en préciser la nature, l'opportunité et l'efficience, – rechercher la cause des désordres, en indiquant si les désordres sont dûs à un vice de la mécanique, à la vétusté, à des réparations inappropriées, à un défaut d'entretien, à une utilisation inappropriée du véhicule ou à tout autre cause, – dire si le prix acquitté est conforme à celui habituellement pratiqué pour un véhicule de même type, de même âge et se trouvant dans un état identique, – en raison des désordres éventuellement constatés, donner son avis sur le prix actuel d'un tel véhicule, compte tenu du marché, – donner son avis sur la nature, la durée et le coût des travaux, hors-taxes et TTC, propres à remédier aux désordres constatés, en donnant aux juges du fond tous éléments susceptibles de leur permettre de déterminer l'opportunité économique d'y recourir, et communiquer à cet égard aux parties, en même temps que son pré-rapport, des devis et estimations chiffrées, – fournir tous éléments techniques et de fait de nature à permettre, le cas échéant, à la juridiction compétente, de déterminer les responsabilités encourues et d'évaluer s'il y a lieu les préjudices subis, – établir un pré-rapport et le communiquer aux parties en leur enjoignant de formuler, avant la date qu'il estimera nécessaire de fixer, et dans tous les cas dans le délai d'un mois suivant cette communication, toutes les observations utiles, et répondre aux observations qui auraient été formulées dans ce délai ; DIT que l'expert ne pourra recueillir l'avis d'un autre technicien que dans une spécialité distincte de la sienne, et qu'il pourra recueillir des informations orales ou écrites de toutes personnes, sauf à ce que soient précisés leur nom, prénom, adresse, et profession ainsi que, s'il y a lieu, leur lien de parenté ou d'alliance avec les parties, de subordination à leur égard, de collaboration ou de communauté d'intérêt avec elles ; FIXE à la somme de 3 000 euros la provision que les demandeurs devront consigner par virement sur le compte de la Régie du tribunal judiciaire de Bordeaux (Cf code BIC joint) mentionnant le numéro PORTALIS (figurant en haut à gauche sur la première page de la présente ordonnance) dans le délai de 2 mois, faute de quoi l’expertise pourra être déclarée caduque,et ce à moins que ces parties ne soient dispensées du versement d’une consignation par application de la loi sur l’aide juridictionnelle, auquel cas les frais seront avancés par le Trésor ; DIT que l’expert déposera son rapport dans le délai de dix mois à compter de la consignation ; DESIGNE le juge chargé du contrôle des expertises pour suivre le déroulement de la présente mesure d'instruction ; REJTTE la demande de l’exécution provisoire de l’ordonnance sur minute ; DIT que Monsieur [J] [A] et Madame [I] [U] conserveront provisoirement la charge des dépens, et les déboute de leur demande au titre de l’article 700 du code de procédure civile. La présente décision a été signée par Jacqueline DESCOUT, Vice-Présidente, et par Isabelle LEBOUL, Greffière. Le Greffier, Le Président,

Dispositif

En conséquence, la République française mande et ordonne à tous commissaires de justice, sur ce requis, de mettre ladite ordonnance à exécution, aux procureurs généraux et aux procureurs de la République près les tribunaux judiciaires d’y tenir la main, à tous commandants et officiers de la force publique de prêter main-forte lorsqu’ils en seront légalement requis. En foi de quoi, la présente ordonnance a été signée par le greffier.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un vice caché ?
Un vice caché est un défaut d'un bien qui n'est pas visible lors de l'achat et qui le rend impropre à l'usage prévu.
Comment demander une expertise pour vices cachés ?
Il faut saisir le juge des référés en justifiant d'un motif légitime pour obtenir une mesure d'instruction.
Quels sont les frais liés à une expertise judiciaire ?
Les frais de l'expertise sont généralement avancés par le demandeur, qui peut être remboursé si le litige est tranché en sa faveur.
Que faire si l'expertise révèle des vices cachés ?
Vous pouvez demander des réparations, une réduction du prix ou même l'annulation de la vente selon les circonstances.

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