Tribunal judiciaire, jcp referes, 16 juin 2026 — n° 25/03181
Synthèse de la décision
Question juridique
Quelles sont les conséquences d'une résiliation de bail pour loyers impayés dans le cadre d'une procédure de référé ?
Principe retenu
La résiliation d'un bail pour loyers impayés peut être constatée par le juge, mais si la dette locative est soldée en cours de procédure, les demandes d'expulsion et de constatation de résiliation deviennent sans objet.
Faits clés
- Bail signé le 6 mai 2002 pour un bien à usage d'habitation.
- Loyer impayé depuis plusieurs mois, avec un commandement de payer signifié en mars 2023.
- Assignation en référé demandant la résiliation du bail et l'expulsion de la locataire.
- La dette locative a été intégralement soldée pendant la procédure.
- La demande d'indemnité d'occupation est devenue sans objet.
Exposé du litige
EXPOSE DU LITIGE
Par acte du 6 mai 2002, à effet du 7 mai 2002, la SA HLM DE L'UNIVERSITE DE [Localité 2] a donné à bail à Madame [Y] [E], un bien à usage d’habitation, situé [Adresse 6] à [Localité 2] ([Localité 3], pour un montant de loyer de 301,05 euros, outre une provision de charges mensuelles.
Par acte du 29 septembre 2005 la SA [Adresse 7] LE NOUVEAU LOGIS MERIDONAL a fusionné par fusion-absorption, en qualité de société absorbante, avec la SA HLM DE L’UNIVERSITE DE [Localité 2], en qualité de société absorbée, ayant conduit à transférer le patrimoine de la société absorbée à la société absorbante, constaté par acte passé en la forme authentique du 28 mars 2007, dont l’immeuble où se trouve le logement de Madame [Y] [E] et par voie de conséquence le contrat de bail signé avec elle.
Des loyers étant demeurés impayés, la SA CDC HABITAT, venant aux droits de la SA HLM DE L'UNIVERSITE DE [Localité 2] a fait signifier un premier commandement de payer le 03 mars 2023 et le 9 décembre 2024 un second commandement de payer se prévalant de la résiliation du bail à défaut de régularisation de la dette.
Le 29 juillet 2025, la SA CDC HABITAT, venant aux droits de la SA HLM DE L'UNIVERSITE DE [Localité 2] a fait assigner Madame [Y] [E] devant le juge des contentieux de la protection de [Localité 2] statuant en référé, à l’audience du 25 novembre 2025 en lui demandant de :
- constater l’application du jeu de la clause résolutoire et la résiliation du bail,
- ordonner sans délai son expulsion et celle de tous occupants de son chef, au besoin avec l’assistance de la force publique,
- la condamner au paiement par provision de la somme de 4292,42 € correspondant loyers et charges et/ou indemnités d’occupation impayés selon décompte arrêté au 17 juillet 2025, quittancement juin 2025 inclus,
- juger et ordonner que la dette locative sera réactualisée au jour de l’audience, y rajoutant les mois de juillet à octobre 2025 et prenant en compte les versements éventuellement effectués par l’occupante,
- la condamner par provision au paiement d’une indemnité d’occupation conventionnelle au moins égale au montant des loyers et charges en cours jusqu’à son départ effectif des lieux,
- juger et ordonner que l’indemnité d’occupation qui sera fixée sera annuellement révisée en fonction de la valeur locative tel que mentionné dans le cadre du contrat de bail,
- juger et ordonner que les intérêts dus sur le montant des loyers et accessoires seront calculés conformément aux dispositions du contrat de bail et pour le surplus des sommes réclamées, courront au taux légal à compter du commandement de payer en date du 9 décembre 2024,
- la condamner au paiement d’une somme de 500 € sur le fondement des dispositions de l’article 700 du code de procédure civile et aux entiers dépens de l’instance en ce compris les frais des deux commandements des 3 mars 2023 et 9 décembre 2024.
Au soutien de ses demandes elle explique que les démarches amiables entreprises sont demeurées vaines et qu’à la suite du premier commandement de payer signifier le 3 mars 2023, alors que la locataire continuait à ne pas régler régulièrement son loyer, elle a accepté de signer un plan d’apurement le 8 octobre 2024, sans toutefois que la locataire le respecte.
Motivations de la décision
MOTIFS DE LA DÉCISION
- Sur la compétence du juge des référés
En application des articles 834 et 835 du code de procédure civile, le juge des contentieux de la protection, dans les limites de sa compétence, d’abord, peut, dans tous les cas d’urgence, ordonner en référé toutes les mesures qui ne se heurtent à aucune contestation sérieuse ou que justifie l'existence d’un différend et peut toujours, même en présence d’une contestation sérieuse, prescrire en référé les mesures conservatoires ou de remise en état qui s’imposent, soit pour prévenir un dommage imminent, soit pour faire cesser un trouble manifestement illicite et, ensuite, peut, dans les cas où l’existence de l’obligation n’est pas sérieusement contestable, accorder une provision au créancier ou ordonner l’exécution de l’obligation même s’il s’agit d’une obligation de faire.
En l'espèce, tendant à constater l'extinction du bail et à permettre au bailleur de récupérer en conséquence un bien occupé sans droit ni titre, l'action est fondée sur un trouble manifestement illicite. En outre, le juge des référés dispose du pouvoir d'accorder une provision, sauf contestation sérieuse.
- Sur la recevabilité de l'action :
La SA CDC HABITAT, venant aux droits de la SA [Adresse 8] [Localité 2] justifie avoir saisi la commission de coordination des actions de prévention des expulsions locatives, par la voie électronique, le 10 décembre 2024, soit deux mois au moins avant la délivrance de l'assignation du 29 juillet 2025, conformément aux dispositions de l'article 24 II de la loi n°89-462 du 6 juillet 1989.
Par ailleurs, une copie de l’assignation a été notifiée à la préfecture de Haute-Garonne par la voie électronique le 8 août 2025, soit plus de six semaines avant l’audience, conformément aux dispositions de l’article 24, III, de cette loi, dans sa rédaction applicable au litige.
L’action est donc recevable au regard de ces dispositions.
- Sur la résiliation du contrat de bail, l'expulsion et l'arriéré locatif
A l'audience, la SA CDC HABITAT, venant aux droits de la SA HLM DE L’UNIVERSITE DE [Localité 2] a indiqué renoncer aux demandes principales de résiliation et d'expulsion, la dette ayant été soldée au jour de l'audience.
Il convient par conséquent, de constater le désistement du chef de ses demandes.
Subséquemment, la demande de condamnation au paiement d'une indemnité d'occupation mensuelle est devenue sans objet.
- Sur les dépens de l'instance et l'article 700 du Code de procédure civile
Aux termes de l'article 696 du Code de procédure civile, la partie perdante est condamnée aux dépens, à moins que le juge, par décision motivée, n'en mette la totalité ou une fraction à la charge d'une autre partie.
Au vu des pièces produites, la présente procédure ayant été rendue nécessaire par un défaut de paiement des loyers et charges qui ont été régularisés postérieurement à la délivrance de l'assignation en justice, Madame [Y] [E], sera condamnée aux dépens qui comprendront notamment le coût du commandement de payer, sa dénonciation à la commission de coordination des actions de prévention des expulsions locatives, ainsi que le coût de l'assignation et de sa notification à la préfecture, dans le respect de la procédure de surendettement et des dettes y figurant.
Aux termes de l'article 700 du code de procédure civile, le juge condamne la partie tenue aux dépens à payer à l'autre partie, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens, la somme qu'il détermine en tenant compte de l'équité.
L'équité conduit à condamner Madame [Y] [E], à verser à la SA CDC HABITAT, venant aux droits de la SA HLM DE L’UNIVERSITE DE [Localité 2] la somme de 100 euros en application de ces dispositions.
La présente décision est de plein droit exécutoire à titre provisoire.
PAR CES MOTIFS
Statuant en qualité de juge des contentieux de la protection, publiquement, en référé, par ordonnance mise à disposition au greffe, contradictoire et en premier ressort :
CONSTATONS que la dette locative a été intégralement soldée en cours de procédure et que la SA CDC HABITAT, venant aux droits de la SA HLM DE L’UNIVERSITE DE [Localité 2] ne maintient pas ses demandes relatives au constat de la résiliation du bail, à l'expulsion et au titre de l'arriéré locatif;
Dispositif
CONSTATONS que la demande de condamnation au paiement d'une indemnité mensuelle d'occupation est devenue sans objet ;
CONDAMNONS Madame [Y] [E], aux dépens qui comprendront le coût du commandement de payer, sa dénonciation à la commission de coordination des actions de prévention des expulsions locatives, ainsi que le coût de l'assignation et de la notification de l'assignation au représentant de l'État, dans le respect de la procédure de surendettement et des dettes y figurant ;
CONDAMNONS Madame [Y] [E], à payer à la SA CDC HABITAT, venant aux droits de la SA HLM DE L’UNIVERSITE DE [Localité 2] une indemnité de 100 euros en application des dispositions de l'article 700 du Code de procédure civile;
REJETONS les plus amples demandes des parties ;
RAPPELONS que la présente ordonnance est de plein droit exécutoire à titre provisoire ;
Ainsi jugé et mis à disposition, les jour, mois et an susdits.
LE GREFFIER LE JUGE
Questions fréquentes
Qu'est-ce qu'une résiliation de bail ?
La résiliation de bail est la fin du contrat de location, souvent due à des impayés de loyer, constatée par un juge.
Que faire si je ne peux pas payer mon loyer ?
Il est conseillé de contacter votre bailleur pour discuter d'un éventuel plan de paiement ou d'une aide financière.
Quels sont les droits d'un locataire en cas d'expulsion ?
Un locataire a le droit d'être informé des procédures d'expulsion et peut contester celles-ci devant le tribunal.
Comment se déroule une procédure de référé pour loyers impayés ?
La procédure de référé permet au bailleur de demander rapidement une décision de justice pour constater la résiliation du bail et ordonner l'expulsion.
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