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Tribunal judiciaire, jcp referes, 16 juin 2026 — n° 26/01416

Fait droit à une partie des demandes du ou des demandeurs sans accorder de délais d'exécution au défendeur

Synthèse de la décision

Question juridique

Quelles sont les conséquences d'un désistement de la demande de résiliation de bail après le paiement de la dette locative ?

Principe retenu

Lorsqu'un locataire a soldé sa dette locative en cours de procédure, la demande de résiliation de bail et d'expulsion devient sans objet. Le juge peut alors condamner le locataire aux dépens et à verser une indemnité au titre de l'article 700 du Code de procédure civile.

Faits clés

  • Un bail a été conclu entre l'EPIC [Localité 2] METROPOLE HABITAT et Monsieur [U] [J] pour un bien à usage d'habitation.
  • Des loyers sont restés impayés, entraînant un commandement de payer et une demande de résiliation du bail.
  • Monsieur [U] [J] a soldé sa dette locative pendant la procédure.
  • L'EPIC [Localité 2] METROPOLE HABITAT s'est désisté de ses demandes principales après le paiement.
  • Le juge a condamné Monsieur [U] [J] aux dépens et à verser 150 euros à l'EPIC au titre de l'article 700.

Articles cités

article 700 du Code de procédure civile article 455 du Code de procédure civile

Exposé du litige

EXPOSE DU LITIGE Par acte du 24 février 2023, à effet du même jour, l’EPIC [Localité 2] METROPOLE HABITAT a donné à bail à Monsieur [U] [J], un bien à usage d'habitation, situé [Adresse 6] à [Localité 4], pour un loyer de 353,65 euros, outre une provision mensuelle de charges de 101,28 euros. Des loyers étant demeurés impayés, l’EPIC [Localité 2] METROPOLE HABITAT a fait signifier le 30 septembre 2025 un commandement de payer se prévalant de la résiliation du bail à défaut de régularisation de la dette. Le 5 janvier 2026, l’EPIC [Localité 2] METROPOLE HABITAT a fait assigner Monsieur [U] [J], devant le juge des contentieux de la protection de [Localité 2] statuant en référé à l'audience du 14 avril 2026 en lui demandant de : - constater la résiliation de plein droit du bail, conformément à la clause résolutoire qui y est insérée, - ordonner son expulsion immédiate et celle de tous occupants de son chef, au besoin avec l’assistance de la [Localité 5] Publique, - condamner le requis par application des dispositions de l’article 835 du CPC alinéa 2 à lui payer: • la somme provisionnelle de 6.867,40 euros, ainsi qu’au paiement des échéances postérieures impayées s’il y a lieu, • une indemnité d’occupation mensuelle fixée provisionnellement au montant du loyer et charges à compter du jour où le bail s’est trouvé résilié et jusqu’à la libération effective des lieux ainsi que celui de tout occupant de son chef, • autoriser en cas de départ volontaire de l’occupant et d’abandon du mobilier à séquestrer les meubles se trouvant dans les lieux ou à les faire stocker en garde meubles aux frais des défendeurs, • condamner au paiement de la somme de 150.00 Euros sur le fondement de l’article 700 du Code de procédure Civile et en tous les frais et dépens de l’instance, sur le fondement de l’article 696 du Code de Procédure Civile. L'affaire a été débattue à l'audience du 14 avril 2026. Lors des débats, l’EPIC [Localité 2] METROPOLE HABITAT, régulièrement représenté, indique oralement se désister de ses demandes principales car la dette a été soldée, mais maintenir ses demandes au titre des dépens et de l'article 700 du code de procédure civile. En application de l'article 455 du Code de procédure civile, il est renvoyé à l'assignation, valant conclusions, et à la note d'audience, pour l'exposé complet des prétentions et des moyens de l’EPIC [Localité 2] METROPOLE HABITAT. Monsieur [U] [J], bien que régulièrement cité à domicile, avec avis de dépôt de l'acte en l'étude de commissaire de justice, n'a pas comparu et ne s’est pas fait représenter. La juridiction n'a pas été destinataire d'un diagnostic social et financier. A l'issue de l'audience, la date du délibéré a été fixée au 16 juin 2026.

Motivations de la décision

MOTIFS DE LA DÉCISION - Sur la compétence du juge des référés En application des articles 834 et 835 du code de procédure civile, le juge des contentieux de la protection, dans les limites de sa compétence, d'abord, peut, dans tous les cas d'urgence, ordonner en référé toutes les mesures qui ne se heurtent à aucune contestation sérieuse ou que justifie l'existence d'un différend et peut toujours, même en présence d'une contestation sérieuse, prescrire en référé les mesures conservatoires ou de remise en état qui s'imposent, soit pour prévenir un dommage imminent, soit pour faire cesser un trouble manifestement illicite et, ensuite, peut, dans les cas où l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable, accorder une provision au créancier ou ordonner l'exécution de l'obligation même s'il s'agit d'une obligation de faire. En l'espèce, tendant à constater l'extinction du bail et à permettre au bailleur de récupérer en conséquence un bien occupé sans droit ni titre, l'action est fondée sur un trouble manifestement illicite. En outre, le juge des référés dispose du pouvoir d'accorder une provision, sauf contestation sérieuse. - Sur le défaut de comparution du défendeur En l’absence du défendeur, régulièrement assigné et en application de l’article 472 du Code de Procédure Civile, le juge fait droit à la demande dans la mesure où il l’estime régulière, recevable et fondée. L'article 473 du code de procédure civile indique que « lorsque le défendeur ne comparaît pas, le jugement est rendu par défaut si la décision est en dernier ressort et si la citation n'a pas été délivrée à personne. Le jugement est réputé contradictoire lorsque la décision est susceptible d'appel ou lors-que la citation a été délivrée à la personne du défendeur. » Monsieur [U] [J] assigné à domicile avec avis de dépôt de l’acte en étude de commissaire de justice, n’ayant pas comparu et ne s’étant pas fait représenter, il convient de statuer au vu des demandes formées dans le cadre de l’assignation et des pièces produites à l’appui de celle-ci par l’EPIC [Localité 2] METROPOLE HABITAT par ordonnance réputée contradictoire, en premier ressort. - Sur la recevabilité de l'action : L’EPIC [Localité 2] METROPOLE HABITAT justifie avoir saisi la commission de coordination des actions de prévention des expulsions locatives, par la voie électronique, le 1er octobre 2025, deux mois au moins avant la délivrance de l'assignation du 05 janvier 2026, conformément dispositions de l'article 24 II de la loi n°89-462 du 6 juillet 1989. Par ailleurs, une copie de l'assignation a été notifiée à la préfecture de la Haute-Garonne par la voie électronique le 06 janvier 2026, soit plus de six semaines avant l'audience, conformément aux dispositions de l'article 24, III, de cette loi, dans sa rédaction applicable au litige. L'action est donc recevable au regard de ces dispositions. - Sur la résiliation du contrat de bail, l'expulsion et l'arriéré locatif A l'audience, l’EPIC [Localité 2] METROPOLE HABITAT a indiqué renoncer aux demandes principales de résiliation, d'expulsion et de condamnation en paiement de la dette locative, Monsieur [U] [J], s'étant acquitté de la totalité de la dette au jour de l'audience. Il convient par conséquent, de constater le désistement du chef de ses demandes. Subséquemment, la demande de condamnation au paiement d'une indemnité d'occupation mensuelle est devenue sans objet. - Sur les dépens de l'instance et l'article 700 du Code de procédure civile Aux termes de l'article 696 du Code de procédure civile, la partie perdante est condamnée aux dépens, à moins que le juge, par décision motivée, n'en mette la totalité ou une fraction à la charge d'une autre partie. Au vu des pièces produites, la présente procédure ayant été rendue nécessaire par un défaut de paiement des loyers et charges qui ont été régularisés postérieurement à la délivrance de l'assignation en justice, Monsieur [U] [J], sera condamné aux dépens qui comprendront notamment le coût du commandement de payer, sa dénonciation à la commission de coordination des actions de prévention des expulsions locatives, ainsi que le coût de l'assignation et de sa notification à la préfecture. Aux termes de l'article 700 du code de procédure civile, le juge condamne la partie tenue aux dépens à payer à l'autre partie, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens, la somme qu'il détermine en tenant compte de l'équité. L'équité conduit à condamner Monsieur [U] [J], à verser à l’EPIC [Localité 2] METROPOLE HABITAT la somme de 150 euros en application de ces dispositions. La présente décision est de plein droit exécutoire à titre provisoire. PAR CES MOTIFS Statuant en qualité de juge des contentieux de la protection, publiquement, en référé, par ordonnance mise à disposition au greffe, réputée contradictoire et en premier ressort : CONSTATONS que la dette locative a été intégralement soldée en cours de procédure par Monsieur [U] [J], et que l’EPIC [Localité 2] METROPOLE HABITAT ne maintient pas ses demandes relatives au constat de la résiliation du bail, à l'expulsion et au titre de l'arriéré locatif;

Dispositif

CONSTATONS que la demande de condamnation au paiement d'une indemnité mensuelle d'occupation est devenue sans objet ; CONDAMNONS Monsieur [U] [J], aux dépens qui comprendront le coût du commandement de payer, sa dénonciation à la commission de coordination des actions de prévention des expulsions locatives, ainsi que le coût de l'assignation et de la notification de l'assignation au représentant de l'État ; CONDAMNONS Monsieur [U] [J], à payer à l’EPIC [Localité 2] METROPOLE HABITAT une indemnité de 150 euros en application des dispositions de l'article 700 du Code de procédure civile ; REJETONS les plus amples demandes des parties ; RAPPELONS que la présente ordonnance est de plein droit exécutoire à titre provisoire ; Ainsi jugé et mis à disposition, les jour, mois et an susdits. LE GREFFIER LE JUGE

Questions fréquentes

Que se passe-t-il si je paie mes loyers en cours de procédure ?
Si vous payez vos loyers pendant la procédure, la demande de résiliation de bail et d'expulsion devient sans objet.
Puis-je être expulsé si j'ai réglé ma dette locative ?
Non, si vous avez soldé votre dette, l'EPIC ne peut plus demander votre expulsion.
Quels frais dois-je payer en cas de procédure judiciaire liée à mon bail ?
Vous serez condamné aux dépens, qui incluent les frais de commandement de payer et d'assignation.
Comment fonctionne l'article 700 du Code de procédure civile ?
Cet article permet au juge de condamner une partie à payer une indemnité pour couvrir les frais non compris dans les dépens.
Quelles sont les conséquences d'un désistement de la demande d'expulsion ?
Le désistement entraîne l'irrecevabilité de la demande d'expulsion si la dette a été réglée.

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