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Tribunal judiciaire, j.l.d., 23 juin 2026 — n° 26/01342

Maintien de la mesure de rétention administrative

Synthèse de la décision

Question juridique

Le juge des libertés et de la détention peut-il rejeter sans audience une demande de mise en liberté d'un étranger retenu, faute de circonstance nouvelle ou de garanties suffisantes ?

Principe retenu

En application de l'article L743-18 du CESEDA, le juge peut rejeter une demande de mise en liberté sans convoquer les parties s'il apparaît qu'aucune circonstance nouvelle de fait ou de droit n'est intervenue depuis le placement ou son renouvellement, ou si les éléments fournis ne permettent manifestement pas de justifier la fin de la rétention. Les garanties de représentation doivent être stables et crédibles ; une attestation d'hébergement contredite par les déclarations antérieures de l'intéressé et l'absence de passeport valide ne constituent pas des garanties suffisantes.

Faits clés

  • Monsieur [Q] [Y] est maintenu en rétention administrative depuis le 8 juin 2026.
  • Il a sollicité sa mise en liberté avec assignation à résidence le 22 juin 2026.
  • Il produit une attestation d'hébergement chez son frère et une promesse d'embauche.
  • Lors de l'audience du 8 juin 2026, il avait déclaré vivre 'de droite à gauche' et ne jamais être chez la même personne.
  • Il ne dispose pas d'un passeport en cours de validité.

Articles cités

article L742-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L743-18 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L743-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L743-24 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article R743-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile

Exposé du litige

COUR D’APPEL DE [Localité 1] TRIBUNAL JUDICIAIRE DE TOULOUSE Vice-président ORDONNANCE SUR DEMANDE DE MISE EN LIBERTÉ PRÉSENTÉE PAR UN ÉTRANGER MAINTENU EN RÉTENTION ADMINISTRATIVE _______________________________________________________________________________________ N° du rôle N° RG 26/01342 - N° Portalis DBX4-W-B7K-VIHJ Le 23 Juin 2026, Nous, Madame Béatrice DENARNAUD,, vice-président désigné par le président du tribunal judiciaire de TOULOUSE ; Vu les articles L742-8, L743-18 à L743-20, L743-23, L743-24 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (CESEDA) ; Vu l’extrait individualisé du registre prévu à l’article L744-2 du CESEDA émargé par l’intéressé ; Vu l’ordonnance du 8 juin 2026 du Vice-président du tribunal judiciaire de Toulon ayant prolongé la rétention administrative de Monsieur [Q] [Y] ; Vu la requête de Maître Christophe HERNANDEZ,avocat au barreau de Toulon, représentant Monsieur [Q] [Y] reçue le 22 Juin 2026 à 17h26, sollicitant la mise en liberté de celui-ci avec une mesure d’assignation à résidence, soutenant des garanties de rerpésentation ; Il apparaît que les éléments fournis à l'appui de la demande ne permettent manifestement pas de justifier qu'il soit mis fin à la rétention, si bien qu'il n'y a pas lieu de convoquer les parties.

Motivations de la décision

MOTIFS Selon l'article L 742-8 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, hors les audiences de prolongation de la rétention, l'étranger peut demander qu'il soit mis fin à sa rétention en saisissant le juge des libertés et de la détention. Aux termes de l'article R743-2 du même code, à peine d'irrecevabilité, la requête est motivée, datée et signée par l'étranger ou son représentant. L'article L743-18 prévoit que le juge des libertés et de la détention peut rejeter la requête sans avoir préalablement convoqué les parties s'il apparaît qu'aucune circonstance nouvelle de fait ou de droit n'est intervenue depuis le placement en rétention administrative ou son renouvellement, ou que les éléments fournis à l'appui de la demande ne permettent manifestement pas de justifier qu'il soit mis fin à la rétention. Il ressort de la demande de mise en liberté sous assignation à résidence, que [Q] [Y] produit des garanties de représentation à savoir un hébergement au domicile de son frère, [K] [Y] ainsi qu’une promesse d’embauche. Pour autant, il ressort des débats de l’audience du 8 juin 2026, repris dans l’ordonnance du même jour, que [Q] [Y] a déclaré “j’ai de la famille, j’ai mes soeurs. Je vis chez les amis, dans la famille, de droite à gauche. Pour le moment, je ne peux pas prendre un logement.” Ainsi, si l’intéressé produit une attestation d’hébergement, elle ne peut êter retenue au titre de garanties de représentation, dès lors qu’il a pu clairement indiqué vivre “de droit à gauche” et n’être jamais chez la même personne”. En outre, il ne produit pas un passeport en cours de validité. Ainsi, aucune circonstance nouvelle de fait ou de droit n’est intervenue depuis le placement en rétention administrative ou depuis son renouvellement. En conséquence, les éléments fournis à l’appui de la demande ne permettent manifestement pas de justifier qu’il soit mis fin à la rétention. Il y a lieu de rejeter ladite demande de mise en liberté sans qu’il soit désormais nécessaire de convoquer au préalable les parties, comme prévu par l’article L743-18 du CESEDA.

Dispositif

PAR CES MOTIFS Statuant en notre cabinet, Rejetons la demande mise en liberté formée par Monsieur [Q] [Y]. Fait en notre cabinet le 23 Juin 2026 à Le Vice-président Les parties soussignées ont reçu notification de la présente décision. Disons avoir informé l’étranger des possibilités et des délais de recours contre toutes les décisions le concernant. Rappelons que cette décision est susceptible d’appel dans un délai de 24 heures à compter de sa notification par déclaration motivée transmise par tous moyens au greffe de la Cour d’appel de [Localité 1] et de manière privilégiée sur la boîte structurelle [Courriel 1] Notification à l’intéressé par voie électronique au centre de rétention, et à son avocat (RPVA), Copie de la présente ordonnance notifiée par voie électronique au préfet, le 23 Juin 2026, le greffier,

Questions fréquentes

Puis-je demander ma mise en liberté pendant ma rétention administrative ?
Oui, en vertu de l'article L742-8 du CESEDA, vous pouvez saisir le juge des libertés et de la détention d'une demande de mise en liberté à tout moment. Cependant, le juge peut rejeter votre demande sans audience si aucune circonstance nouvelle n'est intervenue ou si vos justificatifs sont insuffisants.
Quelles sont les conditions pour obtenir une assignation à résidence ?
Vous devez présenter des garanties de représentation effectives, comme un hébergement stable et un passeport valide. Dans cette affaire, l'attestation d'hébergement a été écartée car l'intéressé avait déclaré vivre 'de droite à gauche', et l'absence de passeport a également joué contre lui.
Le juge peut-il refuser ma demande sans audience ?
Oui, selon l'article L743-18 du CESEDA, le juge peut rejeter la demande sans convoquer les parties s'il apparaît qu'aucune circonstance nouvelle n'est intervenue depuis le placement ou son renouvellement, ou si les éléments fournis ne permettent manifestement pas de justifier la fin de la rétention.
Qu'est-ce qu'une circonstance nouvelle de fait ou de droit ?
Une circonstance nouvelle est un élément qui n'existait pas au moment du placement en rétention ou de sa prolongation, comme un changement de situation personnelle (logement stable, emploi) ou une évolution juridique. Dans cette décision, l'intéressé n'a apporté aucun élément nouveau par rapport à l'audience du 8 juin 2026.
Quels documents dois-je fournir pour prouver mes garanties de représentation ?
Vous devez fournir des justificatifs solides : une attestation d'hébergement récente et fiable, un passeport en cours de validité, une promesse d'embauche, etc. Attention : si vos déclarations antérieures contredisent ces documents, ils peuvent être écartés, comme dans cette affaire où l'intéressé avait dit vivre 'de droite à gauche'.
Puis-je contester le rejet de ma demande de mise en liberté ?
Oui, vous pouvez faire appel de l'ordonnance dans un délai de 24 heures à compter de sa notification, par déclaration motivée transmise au greffe de la cour d'appel. L'appel est suspensif.

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