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Tribunal judiciaire, referes, 23 juin 2026 — n° 26/00090

Réouverture des débats

Synthèse de la décision

Question juridique

Quelles sont les conditions de résiliation d'un bail commercial en cas de non-paiement des loyers ?

Principe retenu

La résiliation d'un bail commercial peut être prononcée en cas de non-paiement d'une seule échéance de loyer, conformément à la clause résolutoire insérée dans le contrat de bail. Un commandement de payer doit être délivré et rester sans effet pour que la résiliation soit applicable.

Faits clés

  • La S.C.I. [D] a donné à bail un local commercial à la S.A.R.L. [R].
  • La S.A.R.L. [R] n'a pas payé les loyers dus.
  • Un commandement de payer a été délivré le 23 décembre 2025.
  • La S.A.R.L. [R] n'a pas régularisé la somme due dans le délai imparti.
  • La S.C.I. [D] a assigné la S.A.R.L. [R] pour obtenir la résiliation du bail.

Exposé du litige

EXPOSE DU LITIGE Aux termes d’un acte notarié du 31 mars 2025, la S.C.I. [D], bailleresse, a donné à bail à la S.A.R.L. [O] [Localité 2], preneuse, un local commercial situé à l’angle de la [Adresse 4] et de la [Adresse 5] à [Localité 3]. Le bail a été renouvelé le 19 mars 2018. Suivant acte notarié du 28 novembre 2022, la S.A.R.L. [O] [Localité 2] a cédé son fonds de commerce, ainsi que son droit au bail à la S.A.R.L. [R]. Par acte notarié du 26 septembre 2024, la S.A.R.L. [R] s’est engagée à apurer une dette de la S.A.R.L. [S] GRAND [Localité 2] au profit de la S.C.I. [D] à hauteur de 18.865,24 €. Cet engagement n’étant pas respecté par la S.A.R.L. [R], le 25 novembre 2025 la S.C.I. [D] lui a fait délivrer une sommation de payer, restée vaine. Par la suite, les loyers n’ont pas été versés. Le bail comporte une clause résolutoire de plein droit en cas, notamment, de non-paiement d'une seule échéance de loyer et après un commandement de payer infructueux. Un commandement de payer a été délivré à la preneuse le 23 décembre 2025, visant la clause résolutoire insérée dans le bail susvisé, pour un montant de 5.769,20 €, lequel comprend le coût de l’acte. Dans le délai d’un mois imparti par le commandement, la preneuse n’a pas régularisé la somme due. Par ailleurs, la consultation de l’état de nantissement demandé par la S.C.I. [D] a révélé l’existence d’un créancier inscrit, à savoir la Banque Populaire Grand Ouest. C’est dans ce cadre que, par actes de commissaire de justice en dates du 26 et 31 mars 2026, la S.C.I. [D] a assigné, devant le juge des référés du Tribunal judiciaire des Sables d’Olonne, la S.A.R.L. [R] et la Banque Populaire Grand Ouest, aux fins d’obtenir : Constater que la défenderesse S.A.R.L. [R] n’a pas déféré au commandement de payer qui lui a été notifié le 23 décembre 2025 visant la clause résolutoire ;Constater que la dénonciation de la présente a été régulièrement faite au créancier inscrit conformément aux dispositions de l’article L.143-2 al. 1 du Code de commerce ;Constater l’acquisition de la clause résolutoire ;Prononcer la résiliation du bail commercial avec toutes les conséquences que de droit ;Juger que la S.A.R.L. [R] devra libérer les locaux, objet du bail, de toute occupation de son propre chef et ce, dans un délai de 8 jours de la signification de l’ordonnance à venir ;Juger que, faute pour elle de le faire, il sera procédé à son expulsion avec le concours de la force publique ;Fixer l’indemnité d’occupation exigible par la S.A.R.L. [R] à compter de l’ordonnance à venir à la somme mensuelle de 4.000 € et condamner la défenderesse au paiement de ladite indemnité d’occupation jusqu’à libération effective des lieux ;Condamner la S.A.R.L. [R] au paiement à titre de provision des causes de la sommation de payer du 25 novembre 2025, du commandement de payer visant la clause résolutoire du 23 décembre 2025 et des sommes dues arrêtées au 1er mars 2026, soit une somme totale de 31.234,44 € TTC, dont 11.000 € TTC à titre des loyers et 1.369,20 € TTC de taxes et frais, sauf erreur, mémoire ou omission, se décomposant comme suit :Sur le fondement de la sommation de payer du 25 novembre 2025-18.865,24 € TTC ;Sur le bail : À la date du commandement : loyers impayés – 4.400 € TTC et taxes foncières impayées – 1.369,20 € TTC.Postérieurement au commandement : loyers impayés – 6.600 € TTC ;Condamner à titre de provision la S.A.R.L. [R] au paiement d’une indemnité de 4.000 € sur le fondement de l’article 700 du Code de procédure civile ;Condamner la S.A.R.L. [R] aux entiers dépens de l’instance, en ce compris le coût de la sommation de payer du 25 novembre 2025 et du commandement de payer les loyers visant la clause résolutoire délivré le 23 décembre 2025, outre le coût des frais de signification et d’exécution à venir, en ce compris ceux afférents à l’expulsion. L'affaire a appelée et plaidée à l'audience du 18 mai 2026. La S.C.I. [D] a comparu et maintenu ses demandes. La S.A.R.L.

Motivations de la décision

MOTIFS La demande formulée par la S .C.I. [D] vise à faire ordonner l’expulsion de sa locataire, la S.A.R.L. [R]. Néanmoins, la demanderesse ne précise pas les bases légales dont elle entend solliciter l’application par le juge des référés, notamment celle visant à faire prononcer la résiliation du bail ; Il y a lieu en conséquence d’ordonner une réouverture des débats afin d’obtenir des précisions sur le motif légitime visé par la demanderesse et, surtout, sur l’état d’avancement de l’expertise déjà en cours, confiée à Monsieur [Y]. La S.C.I. [D] devra veiller à faire signifier ses conclusions complémentaires aux défenderesses. PAR CES MOTIFS Statuant publiquement, par ordonnance mise à disposition au Greffe, réputée contradictoire, exécutoire par provision, et en premier ressort, Tous droits et moyens des parties étant réservés ;

Dispositif

ORDONNONS la réouverture des débats à l’audience du 20 juillet 2026 à 9 heures aux fins de précisions par la S.C.I. [D] sur les bases légales dont il entend solliciter l’application au soutien de ses demandes, notamment celle visant à faire prononcer la résiliation du bail ; DISONS que la S.C.I. [D] devra faire signifier ses conclusions complémentaires à la S.A.R.L. [R] et à la BANQUE POPULAIRE GRAND OUEST ; Ainsi faits et ordonné les jours, moins et ans susdits. La présente décision a été signée par Franck NGUEMA ONDO, Président, et Dorothée MALDINEZ, cadre greffière. Dorothée MALDINEZ Franck NGUEMA ONDO

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'une clause résolutoire ?
Une clause résolutoire est une disposition dans un contrat de bail qui permet au bailleur de résilier le contrat en cas de non-respect des obligations par le locataire, comme le non-paiement des loyers.
Comment se passe la résiliation d'un bail commercial ?
La résiliation d'un bail commercial se fait généralement par l'envoi d'un commandement de payer au locataire, suivi de la constatation de l'inaction de celui-ci, permettant ainsi au bailleur de demander la résiliation devant le tribunal.
Quels sont les droits du bailleur en cas de loyers impayés ?
Le bailleur a le droit de résilier le bail, de demander l'expulsion du locataire et de réclamer les loyers dus ainsi que des indemnités d'occupation.
Que faire si le locataire refuse de quitter les lieux après résiliation ?
Si le locataire refuse de quitter les lieux après la résiliation, le bailleur peut demander l'expulsion par voie judiciaire, en sollicitant l'intervention de la force publique.

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