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Tribunal judiciaire, chambre 23 / proxi référé, 22 juin 2026 — n° 26/00531

Fait droit à une partie des demandes du ou des demandeurs sans accorder de délais d'exécution au défendeur

Synthèse de la décision

Question juridique

Le congé délivré par le locataire est-il valide et le bailleur peut-il obtenir le paiement des arriérés de loyers ?

Principe retenu

Le congé donné par le locataire doit être justifié par un motif légitime et sérieux, et respecter les délais de préavis prévus par la loi. En cas de non-paiement des loyers, le bailleur peut demander le paiement des arriérés.

Faits clés

  • Monsieur [Y] [W] a donné un bail à Monsieur [O] [V] [P] pour un immeuble à usage d'habitation.
  • Monsieur [O] [V] [P] a délivré un congé à Monsieur [Y] [W] avec effet au 31/03/2025.
  • Monsieur [O] [V] [P] est resté dans les lieux après la date de congé.
  • Monsieur [Y] [W] a assigné Monsieur [O] [V] [P] pour obtenir son expulsion et le paiement des arriérés de loyers.
  • Monsieur [O] [V] [P] n'a pas comparu à l'audience.

Articles cités

article 15 de la loi n° 89-462 article 472 du code de procédure civile article 1353 du code civil

Exposé du litige

EXPOSE DU LITIGE Par acte sous seing privé du 01/10/2024, Monsieur [Y] [W] a donné à bail à Monsieur [O] [V] [P] un immeuble à usage d'habitation situé [Adresse 4]. Par acte remise en main propre du 01/03/2025, Monsieur [O] [V] [P] a délivré congé à Monsieur [Y] [W] à effet au 31/03/2025. Constatant que le preneur se maintenait dans les lieux, par acte d’huissier du 29/12/2025, Monsieur [Y] [W] a fait assigner Monsieur [O] [V] [P] devant le juge des contentieux de la protection du Tribunal de proximité d’AUBERVILLIERS, statuant en référé, aux fins de voir : Déclarer le congé délivré par Monsieur [O] [V] [P] valide au fond et en la forme et le déclarer le occupant sans droit ni titre ;Autoriser l’expulsion de Monsieur [O] [V] [P] ainsi que celle de tous occupants de son chef avec l’assistance de la force publique si besoin est ;Condamner provisoirement Monsieur [O] [V] [P] à payer :la somme de 5200 euros au titre des arriérés de loyers et indemnités d’occupation;d’une indemnité d’occupation égale au montant du loyer actuel augmenté des provisions sur charges à compter de la dette d’effet du congé et jusqu’à libération effective des lieux 1000 euros au titre de l’article 700 du code de procédure civile, outre les dépens. A l’audience, Monsieur [Y] [W] a actualisé sa demande en paiement à la somme de 7800 euros. Il a indiqué que le défendeur avait quitté les lieux le 27/02/2026 et avait procédé à la remise des clés à cette date. Cité à domicile, Monsieur [O] [V] [P] n'a pas comparu et ne s'est pas fait représenter.

Motivations de la décision

MOTIFS DE LA DECISION Aux termes de l’article 472 du code de procédure civile, si le défendeur ne comparaît pas, il est néanmoins statué sur le fond. Le juge ne fait droit à la demande que dans la mesure où il l’estime régulière, recevable et bien fondée. Sur les demandes principales Sur la validation du congé délivré par le preneur Selon l’article 15 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, « I. - Lorsque le bailleur donne congé à son locataire, ce congé doit être justifié soit par sa décision de reprendre ou de vendre le logement, soit par un motif légitime et sérieux, notamment l'inexécution par le locataire de l'une des obligations lui incombant. […] Lorsqu'il émane du locataire, le délai de préavis applicable au congé est de trois mois. Le délai de préavis est toutefois d'un mois : 1° Sur les territoires mentionnés au premier alinéa du I de l'article 17 ; […] Le locataire souhaitant bénéficier des délais réduits de préavis mentionnés aux 1° à 5° précise le motif invoqué et le justifie au moment de l'envoi de la lettre de congé. A défaut, le délai de préavis applicable à ce congé est de trois mois. Le congé doit être notifié par lettre recommandée avec demande d'avis de réception, signifié par acte d'un commissaire de justice ou remis en main propre contre récépissé ou émargement. Ce délai court à compter du jour de la réception de la lettre recommandée, de la signification de l'acte du commissaire de justice ou de la remise en main propre. Pendant le délai de préavis, le locataire n'est redevable du loyer et des charges que pour le temps où il a occupé réellement les lieux si le congé a été notifié par le bailleur. Il est redevable du loyer et des charges concernant tout le délai de préavis si c'est lui qui a notifié le congé, sauf si le logement se trouve occupé avant la fin du préavis par un autre locataire en accord avec le bailleur. A l'expiration du délai de préavis, le locataire est déchu de tout titre d'occupation des locaux loués. En l’espèce, eu égard au congé remis en main propre au bailleur le 01/03/2025 pour une prise d’effet au 31/03/2025, le contrat de bail a pris fin au bénéfice de Monsieur [O] [V] [P] par l’effet du congé le 31/03/2025 à minuit. Sur l’expulsion et le sort des meubles Monsieur [O] [V] [P] est devenu occupant sans droit ni titre à compter du 31/03/2025 minuit. Compte tenu de la remise des clés par le preneur en date du 27/02/2026, le demandeur ne maintenant à l’audience que sa demande au titre du solde locatif ainsi que ses demandes accessoires, il convient de constater le désistement de Monsieur [W] au titre de sa demande d’expulsion et en indemnités d’occupation postérieurement au 03/05/2026. Sur le sort des meubles Il sera rappelé que le sort des meubles et objets éventuellement laissés dans les lieux au moment de l’expulsion est régi par les dispositions des articles L.433-1 et suivants du code des procédures civiles d'exécution. Sur l’arriéré de loyers, charges et indemnités Selon l’article 7a) de la loi du 6 juillet 1989, le locataire est obligé de payer les loyers et charges aux termes convenus. Aux termes de l’article 4 p) de la loi n°89-462 du 6 juillet 1989, est réputée non écrite toute clause qui fait supporter au locataire des frais de relance ou d'expédition de la quittance ainsi que les frais de procédure en plus des sommes versées au titre des dépens et de l'article 700 du code de procédure civile. Il résulte de ces dispositions que le bailleur ne peut mettre à la charge du locataire les frais relatifs au recouvrement amiable ou contentieux de sa créance au titre de l’arriéré locatif. En application de l'article 1353 du code civil, il appartient à celui qui demande l'exécution d'une obligation d'en rapporter la preuve. Il ressort des éléments versés aux débats que Monsieur [O] [V] [P] reste devoir une somme de 7800 euros au titre de l’arriéré de loyers, charges et indemnités selon décompte arrêté au 03/05/2026. Il convient en conséquence de condamner, à titre provisionnel, Monsieur [O] [V] [P] au paiement de cette somme, qui portera intérêts au taux légal à compter de la présente ordonnance. Sur les demandes accessoires Monsieur [O] [V] [P], qui succombe, sera condamné aux dépens, sans qu’il soit nécessaire de préciser plus avant les actes relevant de cette qualification. Il serait par ailleurs inéquitable de laisser à la charge de Monsieur [Y] [W] les frais irrépétibles qu’il a dû engager pour faire valoir ses droits dans la présente instance. La somme de 500 euros lui sera allouée à ce titre. PAR CES MOTIFS Le Juge des contentieux de la protection statuant en référé publiquement, après débats en audience publique, par ordonnance mise à disposition au greffe réputée contradictoire, en premier ressort et assortie de l’exécution provisoire : CONSTATONS que les conditions de validité relative à la délivrance d’un congé du logement situé [Adresse 4] et donné à bail à Monsieur [O] [V] [P] sont réunies et que le bail a expiré le 31/03/2025 à minuit ;

Dispositif

CONSTATONS le désistement de Monsieur [Y] [W] de ses demandes en expulsion et indemnités d’occupations postérieurement au 03/05/2026 ; CONDAMNONS Monsieur [O] [V] [P] à verser à Monsieur [Y] [W] la somme de 7800 euros au titre de l’arriéré de loyers, charges et indemnités dû selon décompte arrêté au 03/05/2026 ; CONDAMNONS Monsieur [O] [V] [P] à verser à Monsieur [Y] [W] la somme de 500 euros au titre de l'article 700 du code de procédure civile ; CONDAMNONS Monsieur [O] [V] [P] aux dépens de l’instance. LE GREFFIER LE PRESIDENT

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un congé de bail ?
Un congé de bail est une notification par laquelle le bailleur ou le locataire informe l'autre partie de son intention de mettre fin au contrat de location, en respectant les délais de préavis légaux.
Quels sont les motifs légitimes pour donner un congé ?
Les motifs légitimes incluent la reprise du logement par le bailleur, la vente du bien, ou l'inexécution par le locataire de ses obligations, comme le non-paiement des loyers.
Comment se passe une expulsion ?
L'expulsion se déroule généralement après une décision de justice autorisant le bailleur à récupérer son bien, et peut nécessiter l'assistance de la force publique si le locataire refuse de partir.
Quelles sommes puis-je réclamer à un locataire en cas de loyers impayés ?
Vous pouvez réclamer les arriérés de loyers dus, ainsi que des indemnités d'occupation pour la période durant laquelle le locataire reste dans les lieux après la fin du bail.
Qu'est-ce que l'article 700 du code de procédure civile ?
L'article 700 permet au juge d'allouer une somme à la partie gagnante pour couvrir ses frais irrépétibles engagés dans le cadre de la procédure.
Que faire si le locataire ne se présente pas au tribunal ?
Si le locataire ne se présente pas, le juge peut statuer sur le fond de l'affaire en l'absence de celui-ci, en se basant sur les éléments fournis par le bailleur.

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