Justiweb – Assistant juridique IA Passez à Justiweb+ Justiweb+ Justiweb
Se connecter Inscription gratuite
← Bail d'habitation et location

Tribunal judiciaire, jcp, 22 juin 2026 — n° 25/13390

Fait droit à une partie des demandes du ou des demandeurs sans accorder de délais d'exécution au défendeur

Synthèse de la décision

Question juridique

Le cautionnement solidaire est-il valable lorsque l'acte mentionne un montant de loyer différent de celui figurant au contrat de bail ?

Principe retenu

L'acte de cautionnement doit respecter le formalisme prévu à peine de nullité par l'article 22-1 de la loi du 6 juillet 1989, notamment en ce qui concerne la mention du montant du loyer. Toute discordance entre le loyer mentionné dans l'acte de cautionnement et celui figurant au contrat de bail entraîne la nullité du cautionnement.

Faits clés

  • Bail d'habitation meublé signé le 16 juin 2023 entre M. et Mme [B] (bailleurs) et M. [I] (locataire), loyer mensuel de 1 000 euros sans charges.
  • Acte de cautionnement solidaire signé par M. [S] mentionnant un loyer de 1 084 euros charges comprises.
  • Commandement de payer délivré le 7 juin 2024 pour un arriéré locatif.
  • Assignation en résiliation de bail et expulsion délivrée les 27 et 28 octobre 2025.
  • Dette locative soldée avant l'audience, désistement des demandes principales par les bailleurs.

Articles cités

article 22-1 de la loi du 6 juillet 1989 article 395 du code de procédure civile article 472 du code de procédure civile article 700 du code de procédure civile

Exposé du litige

EXPOSE DU LITIGE Selon acte sous seing privé signé par voie électronique à effet au 16 juin 2023, M. et Mme [B] ont donné à bail à M. [Z] [I] un logement meublé situé [Adresse 5], à [Localité 3], moyennant un loyer mensuel de 1 000 euros sans les charges, pour une durée d'un an renouvelable. Par acte séparé, M. [Y] [S] s'est porté caution solidaire du locataire. Par acte de commissaire de justice du 7 juin 2024, M. [G] [B] et Mme [Q] [W] épouse [B] ont fait signifier à M. [Z] [I] un commandement de payer la somme principale de 1.311,20 euros, ledit commandement visant la clause résolutoire insérée au bail. Ledit commandement a été dénoncé à la caution par acte du 20 juin 2024. Par acte de commissaire de justice signifié le 27 octobre 2025 et le 28 octobre 2025, M. [G] [B] et Mme [Q] [B] ont fait assigner respectivement M. [Y] [S] et M. [Z] [I] devant le juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire de Lille aux fins de : constater la résiliation du bail faute de paiement des loyers et charges impayés visant la clause résolutoire dans les délais légaux ;déclarer M. [I] occupant sans droit ni titre des locaux qu'il occupe et, conséquence, ordonner son expulsion desdits locaux, ainsi que celle de tous occupants de son chef ; Condamner solidairement M. [I] et M. [S] à lui payer :la somme de 1 075 euros à titre d'impayé locatif à la date du commandement de payer soit le 7 juin 2024,la somme de 1 084 euros par mois à titre d'indemnité d'occupation à compter du 9 juin 2024 jusqu'à la libération complète des lieux,la somme de 1 500 euros au titre de l'article 700 du code de procédure civile, outre les entiers dépens, dont le coût du commandement payer et de l'assignation ;ne pas écarter l'exécution provisoire. A l'audience du 4 mai 2026, date à laquelle l’affaire a été appelée et retenue, M. et Mme [B] comparaissent, représentés par leur conseil. Ils déclarent se désister de leurs demandes, au motif que la dette locative était soldée. Ils maintiennent en revanche les demandes accessoires en paiement relatives aux dépens et aux frais irrépétibles. M. [Z] [I] comparaît en personne et accepte de régler une partie des frais exposés par les requérants. Cité par acte de commissaire de justice signifié à domicile, M. [Y] [S] n'était pas présent ni représenté.

Motivations de la décision

MOTIFS Aux termes de l’article 472 du code de procédure civile, si le défendeur ne comparaît pas, il est néanmoins statué sur le fond. Le juge ne fait droit à la demande que dans la mesure où il l’estime régulière, recevable et bien fondée. Sur le désistement : Le désistement présente, en application de l'article 395 du code de procédure civile, un caractère parfait en l'absence de fins de non-recevoir et moyens de défense opposés par M. [Z] [I]. Il convient dès lors de constater le désistement de M. et Mme [B] relativement à ses demandes de résiliation de bail, d'expulsion et en paiement au titre de l'arriéré locatif. Sur les demandes accessoires : La situation d’impayés ayant été régularisée postérieurement à l’assignation en justice, M. [Z] [I] supportera la charge des dépens, dont le coût du commandement de payer et de l’assignation. Il devra également verser à M. [G] [B] et Mme [Q] [W] épouse [B] la somme de 400 euros au titre des frais exposés par les bailleurs et non compris dans les dépens, en application de l’article 700 du code de procédure civile. En revanche, il convient de rejeter les demandes en paiement au titre des dépens et des frais irrépétibles dirigées contre M. [Y] [S] dès lors que l'acte de cautionnement ne respecte pas le formalisme prévu à peine de nullité par l'article 22-1 de la loi du 6 juillet 1989, en ce qu'il ne fait pas apparaître le montant du loyer tel qu'il figure au contrat de location. Le cautionnement mentionne en effet un loyer mensuel de 1 084 euros charges comprises tandis que le bail prévoit un loyer de 1 000 euros sans les charges. Le jugement est de plein droit assorti de l'exécution provisoire. PAR CES MOTIFS, Le juge des contentieux de la protection statuant publiquement, par jugement réputé contradictoire et en premier ressort, CONSTATE le caractère parfait du désistement de M. [G] [B] et Mme [Q] [W] épouse [B] relativement à leurs demandes de résiliation de bail, d'expulsion et de paiement au titre de l'arriéré locatif ; DEBOUTE M. [G] [B] et Mme [Q] [W] épouse [B] de leur demande en paiement au titre des dépens et des frais irrépétibles dirigées contre M. [Y] [S] ; CONDAMNE M. [Z] [I] aux dépens, dont le coût du commandement de payer et de l’assignation ; CONDAMNE M. [Z] [I] à payer à M. [G] [B] et Mme [Q] [W] épouse [B] la somme de 400 euros en application de l’article 700 du code de procédure civile ; RAPPELLE que le jugement est de plein droit exécutoire par provision ; Ainsi jugé et prononcé à [Localité 1] par mise à disposition au greffe, le 22 juin 2026. LE GREFFIER LA JUGE

Dispositif

EN CONSÉQUENCE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE MANDE ET ORDONNE A tous commissaires de justice sur ce requis, de mettre les présentes à exécution ; Aux Procureurs Généraux et aux Procureurs de la République près des Tribunaux Judiciaires d'y tenir la main ; A tous Commandants et Officiers de la force publique de prêter main-forte lorsqu'ils en seront légalement requis ; En foi de quoi les présentes ont été signées et scellées du sceau du Tribunal ;

Questions fréquentes

Quelles sont les mentions obligatoires dans un acte de cautionnement pour un bail d'habitation ?
L'acte de cautionnement doit notamment mentionner le montant du loyer tel qu'il figure au contrat de bail, à peine de nullité. Dans cette affaire, l'acte mentionnait un loyer de 1 084 € charges comprises alors que le bail prévoyait 1 000 € sans charges, ce qui a entraîné la nullité du cautionnement.
Un cautionnement est-il valable si le montant du loyer indiqué est différent de celui du bail ?
Non, toute discordance entre le loyer mentionné dans l'acte de cautionnement et celui du contrat de bail entraîne la nullité du cautionnement pour non-respect du formalisme de l'article 22-1 de la loi du 6 juillet 1989.
La caution peut-elle être condamnée aux dépens et frais irrépétibles si le cautionnement est nul ?
Non, si le cautionnement est nul, la caution n'est pas tenue des obligations découlant du bail, y compris les dépens et frais irrépétibles. Dans cette affaire, la demande contre la caution a été rejetée.
Que faire si l'acte de cautionnement mentionne un loyer erroné ?
Vous pouvez invoquer la nullité du cautionnement pour défaut de mention obligatoire. Il est conseillé de consulter un avocat pour engager une action en justice.
Le désistement du bailleur affecte-t-il la demande contre la caution ?
Le désistement des demandes principales (résiliation, expulsion, arriéré) n'affecte pas la demande accessoire contre la caution, mais celle-ci peut être rejetée si le cautionnement est nul, comme en l'espèce.
Quels sont les effets de la nullité du cautionnement sur les obligations de la caution ?
La nullité du cautionnement rend l'engagement de la caution nul et non avenu. La caution n'est tenue d'aucune obligation, ni au paiement de la dette locative, ni aux dépens ou frais irrépétibles.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question
Important : Cette page présente une décision de justice à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Pour votre situation spécifique, consultez un avocat ou utilisez l'assistant Justiweb pour explorer vos questions juridiques.