EXPOSÉ DU LITIGE
Suivant acte notarié en date du 27 mars 2025, [X] [E] et [P] [W] ont acquis un bien immobilier situé [Adresse 4] à [Localité 2] pour un montant de 305.000 euros.
[P] [W] détient 55,43 % des droits indivis et [X] [E] détient 44,57 % des droits indivis.
[X] [E] a quitté le logement familial, celui-ci a alors été mis en vente.
Par lettre recommandée avec accusé de réception en date du 9 janvier 2026, [X] [E] a mis en demeure [P] [W] de régler une indemnité d’occupation.
Par requête en date du 26 janvier 2026, reçue le 30 janvier 2026, [X] [E] a saisi le tribunal judiciaire de SAINT-QUENTIN aux fins de voir fixer une indemnité d’occupation à l’encontre de [P] [W]. Le juge s’est déclaré incompétent sur le fondement de l’article 82-1 du code de procédure civile et a renvoyé le dossier devant la présidente statuant selon la procédure accélérée au fond.
L’affaire a été appelée à l’audience du 30 avril 2026 pour être retenue à l’audience du 21 mai 2026.
À l’issue de l’audience, l’affaire a été mise en délibéré au 18 juin 2026 prorogée au 25 juin 2026, par mise à disposition au greffe.
PRETENTION ET MOYENS
Aux termes de ses conclusions, [X] [E] a demandé à la présidente du tribunal judiciaire de :
Dire que [P] [W] est redevable d’une indemnité d’occupation pour le logement dont il jouit privativement, sis [Adresse 5],Condamner [P] [W] au paiement d’une indemnité d’occupation envers l’indivision fixée à hauteur de 1.400,00 € par moisDire que l’indemnité d’occupation sera due avec effet rétroactif à compter du 27 juin 2025Condamner [P] [W] à lui payer la somme de 1.200,00 € en application des dispositions de l’article 700 du Code de procédure civile, ainsi qu’aux entiers frais et dépens de l’instance.Au soutien de ses prétentions, elle expose que l’indemnité d’occupation suppose que l’occupation soit privative de sorte qu’elle exclut de fait ou de droit l’usage du bien par les autres indivisaires. Elle indique à ce titre justifier avoir quitté le domicile conjugal le 27 juin 2025, de sorte que selon elle, [P] [W] occupe privativement le bien depuis cette date.
En réponse à [P] [W], elle expose avoir raccompagné leur fille, en garde alternée, au domicile paternel lorsque des clichés ont été pris à son insu. Elle précise que, lors des remises de l’enfant, [P] [W] ne s’opposerait pas à ce qu’elle pénètre dans les lieux.
En outre, [X] [E] indique continuer de rembourser le prêt immobilier dont les mensualités s’élèvent à 1.285 euros et procéder à un virement mensuel de 700 euros sur le compte commun à ce titre.
Aux termes de ses conclusions, [P] [W] a demandé à la présidente du tribunal judiciaire de :
A titre principal : Débouter [X] [E] de sa demande, la jouissance de l’immeuble n’étant pas privativeA titre subsidiaire :Fixer l’indemnité d’occupation due à l’indivision à la somme mensuelle de 960 euros à compter de juillet 2025Dire que cette somme sera réglée par [P] [W] lors de la vente de l’immeubleCondamner [X] [E] à lui payer la somme de 1.000 euros sur le fondement des dispositions de l’article 700 du Code de procédure civile ainsi qu’aux entiers frais et dépens de l’instance.Au soutien de ses prétentions, il expose que la jouissance effective et exclusive empêchant les autres indivisaires de leur droit justifie l’indemnisation et non le partage différé. Il précise que l’indemnité d’occupation doit être prouvée de sorte qu’elle doit reposer sur une occupation privative avérée. Il indique ne pas jouir privativement du bien puisque, selon ses dires, [X] [E] dispose des clés du logement, y pénètre et y a laissé ses effets personnels.
En outre, il expose être propriétaire de l’immeuble dans la proportion de 55,43 % de sorte que cette proportion doit s’appliquer pour le montant de l’indemnité d’occupation. Il ajoute que l’agence [1] disposant d’un mandat de vente sur l’immeuble a fixé la valeur locative à 1.200 euros par mois de sorte que la somme maximale de l’indemnité d’occupation mensuelle est de 960 euros.