Justiweb – Assistant juridique IA Passez à Justiweb+ Justiweb+ Justiweb
Se connecter Inscription gratuite
← Accident du travail

Tribunal judiciaire, c18-pole social, 15 juin 2026 — n° 25/00221

Déboute le ou les demandeurs de l'ensemble de leurs demandes

Synthèse de la décision

Question juridique

L'employeur peut-il obtenir une expertise médicale judiciaire pour contester l'imputabilité des soins et arrêts de travail prescrits à un salarié au titre d'un accident du travail, en l'absence de commencement de preuve et de demande au fond ?

Principe retenu

La présomption d'imputabilité au travail des soins et arrêts s'étend pendant toute la durée d'incapacité de travail précédant la guérison complète ou la consolidation. Une mesure d'instruction ne peut être ordonnée que si la partie qui l'allègue ne dispose pas d'éléments suffisants pour prouver le fait contesté, et ne peut suppléer la carence de la partie dans l'administration de la preuve.

Faits clés

  • Accident du travail déclaré le 8 mars 2023 par Monsieur [E] [H], salarié de la S.A.S. [Y]
  • La CPAM a pris en charge les soins et arrêts de travail au titre de l'accident du travail
  • La S.A.S. [Y] a saisi le tribunal pour contester l'imputabilité des soins et arrêts
  • La S.A.S. [Y] n'a apporté aucun commencement de preuve à l'appui de sa demande d'expertise
  • Aucune demande au fond n'a été formulée par la S.A.S. [Y]

Articles cités

article L.411-1 du code de la sécurité sociale article 146 du code de procédure civile article 696 du code de procédure civile

Exposé du litige

*** FAITS, PROCEDURE, MOYENS ET PRETENTIONS DES PARTIES Par requête du 24 avril 2025, la société par actions simplifiée (s.a.s) [Y] a saisi le pôle social du tribunal judiciaire de Chambéry aux fins de contester la décision implicite de la commission médicale de recours amiable de la Caisse primaire d’assurance maladie de la Savoie (CPAM) confirmant l’imputabilité des soins et arrêts de travail prescrits à son salarié, Monsieur [E] [H] au titre de l’accident du travail du 8 mars 2023. Après un premier renvoi, les parties ont été régulièrement convoquées à l’audience du 20 avril 2026, à défaut de conciliation, l’affaire a été plaidée. Selon requête, à laquelle il convient de se reporter pour un exposé plus ample des faits, moyens et prétentions, la s.a.s [Y], dispensée de comparution, demande au tribunal de : Ordonner la mise en œuvre d’une expertise médicale judiciaire sur pièces afin de : Déterminer les lésions directement imputables à l’accident déclaré par Monsieur [E] [H] le 8 mars 2023,Rechercher l’existence d’une éventuelle pathologie antérieure et indépendante,Déterminer la durée des arrêts de travail en relation directe avec l’accident, en dehors de tout état antérieur ou indépendant, Déterminer la date de consolidation des lésions en relation directe avec l’accident, en dehors de tout état antérieur ou indépendant,Faire injonction au service médical de la caisse primaire de communiquer à l’expert ainsi qu’au médecin conseil de la société [Y], le Docteur [P] [V], sis 49 bis, avenue du Mesnil – 94210 La Varenne Saint Hilaire, l’ensemble des éléments médicaux en sa possession dont le rapport d’évaluation des séquelles du salarié. En défense, la caisse primaire d’assurance maladie de la Savoie, régulièrement représentée, demande au tribunal de : Débouter la s.a.s [Y] de sa demande d’expertise,Condamner la s.a.s [Y] aux dépens. L’affaire a été mise en délibéré au 15 juin 2026.

Motivations de la décision

MOTIFS DE LA DECISION Sur la demande d’expertise Il résulte des dispositions de l’article L.411-1 du code de la sécurité sociale que la présomption d’imputabilité au travail des soins et arrêts s’étend pendant toute la durée d’incapacité de travail précédant soit la guérison complète soit la consolidation de l’état de la victime. La présomption d’imputabilité au travail des soins et arrêts s’étend pendant toute la durée d’incapacité de travail. L’article 146 du code de procédure civile dispose : « une mesure d’instruction ne peut être ordonnée sur un fait que si la partie qui l’allègue ne dispose pas d’éléments suffisants pour le prouver. En aucun cas une mesure d’instruction ne peut être ordonnée en vue de suppléer la carence de la partie dans l’administration de la preuve. » La s.a.s [Y] n’apporte pas un commencement de preuve qui justifierait d’ordonner une expertise médicale, d’autant qu’aucune demande au fond n’est formulée au soutien de cette mesure d’instruction. La mesure d’instruction n’a pas pour but de venir combler les lacunes de la société [Y] dans l’administration de la preuve. La CPAM de la Savoie verse aux débats une attestation de paiement des indemnités journalières sur la période du 9 mars 2023 au 31 août 2024 (pièce n° 2 de la caisse). Par conséquent, en l’absence de preuve ou de commencement de preuve de nature à justifier une mesure d’instruction, en l’absence de demande principale, il y a lieu de rejeter la demande d’expertise médicale. Aux termes de l’article 696 du Code de procédure civile, la partie perdante est condamnée aux dépens, à moins que le juge, par décision motivée, n’en mette la totalité ou une fraction à la charge d’une autre partie. Les dépens seront à la charge de la s.a.s [Y].

Dispositif

PAR CES MOTIFS Le tribunal judiciaire de Chambéry statuant publiquement, par jugement contradictoire mis à disposition au greffe après en avoir délibéré et en premier ressort, Rejette la demande d’expertise ; Déboute la s.a.s [Y] de ses demandes ; Condamne la s.a.s [Y] aux dépens ; Dit que la présente décision peut, à peine de forclusion, être attaquée dans le délai d’un mois de sa notification. Ce délai est augmenté d’un mois pour les personnes qui demeurent dans un département d’outre-mer ou dans un territoire d’outre-mer et de deux mois pour celles qui demeurent à l’étranger. L’appel est formé par une déclaration accompagnée de la copie de la décision que la partie ou tout mandataire fait ou adresse par pli recommandé au greffe de la Cour d’Appel de Grenoble – Chambre sociale – 7 place Firmin Gautier – BP 110 - 38019 GRENOBLE Cedex. Ainsi jugé et prononcé par la mise à disposition au greffe conformément aux dispositions des articles 450 et suivants du code de procédure civile aux jour, mois et an que dessus et signé par : La greffière, Le président,

Questions fréquentes

Qu'est-ce que la présomption d'imputabilité en matière d'accident du travail ?
La présomption d'imputabilité signifie que les soins et arrêts de travail prescrits à la suite d'un accident du travail sont présumés être en lien avec cet accident, jusqu'à la guérison complète ou la consolidation de l'état de la victime.
L'employeur peut-il contester l'imputabilité des arrêts de travail d'un salarié ?
Oui, l'employeur peut contester l'imputabilité, mais il doit apporter un commencement de preuve pour obtenir une expertise médicale judiciaire. En l'absence de preuve, la demande d'expertise sera rejetée.
Quels sont les éléments nécessaires pour obtenir une expertise médicale judiciaire ?
Il faut apporter un commencement de preuve, c'est-à-dire des éléments suffisants pour remettre en cause l'imputabilité, et formuler une demande au fond. Une simple contestation sans preuve ne suffit pas.
Que se passe-t-il si l'employeur ne fournit aucune preuve à l'appui de sa demande d'expertise ?
Le tribunal rejette la demande d'expertise, car une mesure d'instruction ne peut suppléer la carence de la partie dans l'administration de la preuve. L'employeur est également condamné aux dépens.
Quelle est la durée de la présomption d'imputabilité ?
La présomption d'imputabilité s'étend pendant toute la durée d'incapacité de travail précédant la guérison complète ou la consolidation de l'état de la victime.
L'employeur peut-il obtenir communication du rapport médical de la CPAM ?
Dans cette affaire, l'employeur a demandé la communication du rapport médical, mais le tribunal a rejeté la demande d'expertise, ce qui inclut implicitement le rejet de cette demande accessoire.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question
Important : Cette page présente une décision de justice à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Pour votre situation spécifique, consultez un avocat ou utilisez l'assistant Justiweb pour explorer vos questions juridiques.