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Cour d'appel, chambre 1-11 idp, 24 juin 2026 — n° 25/00050

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Synthèse de la décision

Question juridique

Quelle est l'indemnisation due à une personne ayant subi une détention provisoire de 8 jours, relaxée ensuite, au titre des préjudices moral et matériel ?

Principe retenu

Toute personne ayant fait l'objet d'une détention provisoire et ayant été relaxée peut demander réparation du préjudice directement causé par cette privation de liberté. Le préjudice moral est évalué en tenant compte de l'âge, du casier judiciaire, des conditions de détention et de la jurisprudence de la CEDH. Le préjudice matériel est indemnisé sur justificatifs.

Faits clés

  • Détention provisoire de 8 jours du 20 au 28 mars 2025
  • Relaxé le 28 mars 2025 par le tribunal correctionnel de Draguignan
  • Procédure pour violence sur concubin
  • Âge du demandeur : 34 ans
  • Casier judiciaire avec 7 condamnations sans mandat de dépôt

Articles cités

article R 26 du code de procédure pénale article 149-2 du code de procédure pénale article 700 du code de procédure civile

Exposé du litige

Les parties ont été avisées que le prononcé de la décision aurait lieu par mise à disposition au greffe le 24 juin 2026.

Motivations de la décision

DECISION Contradictoire, Prononcée par mise à disposition au greffe le 24 juin 2026, Signée par Benoit VANDERMAESEN, président et Florence CHUPIN, greffier auquel la minute de la décision a été remise par le magistrat signataire. ***** *** * Par requête parvenue le 26 septembre 2025, [Y] [Z] a sollicité la réparation du préjudice subi à la suite d'une détention provisoire d'une durée de 8 jours, du 20 au 28 mars 2025. Il sollicite la somme de 7 719,60 € se décomposant comme suit : - 5 000 € au titre du préjudice moral - 319,60 € au titre du préjudice matériel - 2 400 € au titre de l'article 700 du code de procédure civile Vu les conclusions de l'Agent Judiciaire de l'Etat du 3 avril 2026 déclarant irrecevable la requête faute de justificatif de la décision définitive, et subsidiairement proposant 500 € au titre du préjudice moral, diminuer l'article 700 et faire droit au préjudice matériel ; Vu les conclusions du procureur général du 13 avril 2026 proposant de réduire la demande au titre du préjudice moral et de l'article 700 et faire droit à celle du préjudice matériel ; Vu les conclusions en réplique et le certificat de non-appel transmis le 19 mai 2026 ; Vu les observations des parties à l'audience du 15 juin 2026; EN LA FORME Formulée dans le délai légal, la requête est recevable en application des articles R 26 et 149-2 du code de procédure pénale. AU FOND Ayant subi une détention provisoire à l'occasion d'une procédure de violence sur concubin, le requérant, relaxé le 28 mars 2025 par le tribunal correctionnel de Draguignan, est fondé à solliciter la réparation du préjudice directement causé par cette privation de liberté de 8 jours. Préjudice matériel Le requérant sollicite la somme de 319,60 € au titre des frais de défense dont il justifie. Préjudice moral Le préjudice moral subi par [Y] [Z] sera justement réparé par l'allocation de la somme de 600 € tant au regard de son âge (34 ans) lors de son placement en détention pour 8 jours que de son casier judiciaire qui porte trace de 7 condamnations, sans mandat de dépôt, et des conditions de détention subies lors de son incarcération à la maison d'arrêt de [Localité 2], non objectivées en l'espèce malgré un rapport du CGLPL non contemporain, alors que la jurisprudence de la commission nationale de recours estime qu'il appartient au demandeur de justifier avoir souffert personnellement d'une violation grave de ses droits fondamentaux. Néanmoins, conformément au droit conventionnel et à la décision de la CEDH, RM c/ France du 15 janvier 2026, son préjudice intégrera la somme mensuelle de 600 € indemnisant l'indignité de ses conditions de détention. Frais irrépétibles Il est inéquitable de laisser à la charge de [Y] [Z] le montant des frais irrépétibles qu'il a dû exposer dans la présente procédure et qui seront évalués à la somme de 2000 €

Dispositif

PAR CES MOTIFS Statuant publiquement, par décision contradictoire et en premier ressort; Déclare la requête en réparation du préjudice causé suite à la détention provisoire subie par [Y] [Z] recevable. Fixe à la somme de 600 € (six cents euros) le préjudice moral subi par [Y] [Z] Fixe à la somme de 319,60 € (trois cent dix neuf euros soixante centimes) la demande au titre du préjudice matériel Fixe à la somme de 2 000 € (deux mille euros) l'indemnité de procédure Laisse les dépens à la charge du Trésor public. Le greffier, Le président,

Questions fréquentes

Quelle indemnisation pour une détention provisoire de 8 jours ?
Dans cette affaire, le demandeur a obtenu 600 € pour le préjudice moral et 319,60 € pour le préjudice matériel (frais de défense), soit un total de 919,60 €, plus 2 000 € au titre de l'article 700.
Comment est évalué le préjudice moral ?
Le préjudice moral est évalué en fonction de l'âge (34 ans), du casier judiciaire (7 condamnations sans mandat de dépôt), des conditions de détention (non objectivées ici) et de la jurisprudence de la CEDH (indemnité mensuelle de 600 € pour indignité des conditions).
Puis-je être indemnisé pour mes frais d'avocat ?
Oui, les frais de défense justifiés (319,60 € dans cette affaire) sont indemnisés au titre du préjudice matériel. De plus, une indemnité de procédure (2 000 €) peut être accordée sur le fondement de l'article 700 du code de procédure civile.
Mon casier judiciaire joue-t-il un rôle dans l'indemnisation ?
Oui, le casier judiciaire est pris en compte pour évaluer le préjudice moral. Ici, les 7 condamnations antérieures sans mandat de dépôt ont conduit à une indemnisation réduite (600 € au lieu des 5 000 € demandés).
Quelle est la procédure pour demander réparation ?
Il faut déposer une requête devant la cour d'appel dans le délai légal (un an après la décision de relaxe), en justifiant de la décision définitive. L'Agent Judiciaire de l'Etat et le procureur général sont entendus.
Les conditions de détention sont-elles indemnisées ?
Oui, conformément à la jurisprudence de la CEDH (arrêt RM c/ France du 15 janvier 2026), l'indignité des conditions de détention est indemnisée à hauteur de 600 € par mois, même si le demandeur n'a pas objectivé de violation grave.

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