Cour d'appel, ch.sociale-sect.prud'hom, 18 juin 2026 — n° 23/04068
Synthèse de la décision
Question juridique
La démission d'une salariée peut-elle être requalifiée en prise d'acte produisant les effets d'un licenciement sans cause réelle et sérieuse en raison d'un harcèlement moral ?
Principe retenu
La démission est un acte unilatéral par lequel le salarié manifeste de façon claire et non équivoque sa volonté de rompre le contrat de travail. En cas de contestation, il appartient au salarié de démontrer que sa démission a été donnée sous l'empire de faits qu'il reproche à son employeur, de nature à la rendre équivoque. La prise d'acte permet au salarié de rompre le contrat en cas de manquement suffisamment grave de l'employeur empêchant la poursuite du contrat. En l'espèce, la salariée n'a pas démontré que sa démission était équivoque ni que l'employeur avait commis des manquements graves.
Faits clés
- Mme [I] a démissionné le 2 septembre 2021 après avoir été accusée de harcèlement moral par une collègue.
- Une enquête interne pour harcèlement moral a été ouverte par l'employeur le 20 mai 2021.
- Mme [I] a été placée en arrêt maladie le 26 juillet 2021.
- Elle a demandé une rupture conventionnelle le 9 août 2021, refusée par l'employeur.
- La démission a été notifiée par lettre du 2 septembre 2021 avec demande de dispense de préavis.
Articles cités
Sommaire de la décision
Questions fréquentes
Puis-je requalifier ma démission en prise d'acte si je subis un harcèlement moral ?
Comment prouver que ma démission était équivoque ?
Quels sont les effets d'une prise d'acte aux torts de l'employeur ?
Mon employeur a-t-il l'obligation de mener une enquête en cas d'accusation de harcèlement ?
Puis-je demander une rupture conventionnelle pendant une enquête pour harcèlement ?
La démission pendant un arrêt maladie est-elle valable ?
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