Cour d'appel, pôle 4 - chambre 3, 25 juin 2026 — n° 24/05591
Synthèse de la décision
Question juridique
Les troubles de voisinage causés par un locataire souffrant de troubles psychiatriques, bien que constituant un manquement au bail, justifient-ils la résiliation judiciaire du bail lorsqu'ils ont cessé depuis près de trois ans grâce à une prise en charge médicale adaptée ?
Principe retenu
La résiliation judiciaire du bail pour manquement du locataire à son obligation de jouissance paisible nécessite que le trouble présente une gravité suffisante et actuelle. Lorsque les nuisances, bien que caractérisées, sont limitées dans le temps et ont cessé depuis plusieurs années en raison d'une prise en charge médicale et d'un suivi, la résiliation n'est pas justifiée.
Faits clés
- M. [O] est locataire d'un logement social depuis 2013.
- Entre novembre 2022 et août 2023, il a causé des troubles de voisinage (cris, insultes, bruits) liés à des troubles psychiatriques.
- Il a été hospitalisé à plusieurs reprises et suit un traitement médicamenteux avec suivi infirmier depuis août 2023.
- Depuis août 2023, aucun trouble n'a été signalé, soit près de trois ans avant l'arrêt.
- Le bailleur a demandé la résiliation judiciaire du bail pour manquement à l'obligation de jouissance paisible.
Articles cités
Sommaire de la décision
Questions fréquentes
Qu'est-ce que la résiliation judiciaire du bail ?
Les troubles psychiatriques peuvent-ils justifier une expulsion ?
Quels sont les critères pour qu'un juge prononce la résiliation du bail ?
Que faire si mon voisin cause des nuisances à cause de problèmes psychologiques ?
Puis-je conserver mon logement si les troubles ont cessé ?
Quelle est la différence entre une résiliation judiciaire et un congé pour vente ?
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