Cour d'appel, chambre 3-2, 18 juin 2026 — n° 21/18080
Synthèse de la décision
Question juridique
Le juge commissaire peut-il rejeter une créance fiscale déclarée par la DGFIP alors que le liquidateur judiciaire ne la conteste pas et que la créance est justifiée ?
Principe retenu
Le juge commissaire doit admettre la créance déclarée par un créancier lorsque le liquidateur judiciaire ne la conteste pas et que la créance est justifiée par les pièces produites. Le rejet de la créance sans motif valable constitue une erreur.
Faits clés
- La DGFIP a déclaré une créance de 11 932,18 euros à titre privilégié au passif de M. [D].
- Le liquidateur judiciaire a donné un avis favorable à l'admission de la créance à hauteur de 7 147,72 euros à titre définitif et 138 euros à titre provisionnel.
- Le juge commissaire a rejeté la créance pour la partie contestée, considérant que le débiteur n'avait pas répondu et que le liquidateur avait sollicité le rejet.
- La DGFIP avait répondu dans les délais légaux à la contestation soulevée par le mandataire judiciaire.
- Le liquidateur a interjeté appel de l'ordonnance de rejet.
Articles cités
article 455 du code de procédure civile
article 805 du code de procédure civile
article 907 du code de procédure civile
Exposé du litige
***
EXPOSE DU LITIGE
La direction générale des finances publiques - pôle recouvrement spécialisé (ci-après PRS) a déclaré une créance de 11 932,18 euros à titre privilégié au passif de la procédure collective de M. [H] [D] exerçant une activité de restauration et vente à emporter.
Cette créance étant contestée, le juge commissaire du tribunal de commerce de Draguignan a rendu une ordonnance le 8 décembre 2021 rejetant la créance de la direction générale des finances publiques - pôle recouvrement spécialisé à hauteur de la somme de 4 371 euros et disant que les dépens seront des frais privilégiés de justice de la procédure collective.
Me [W] [Y], agissant en qualité de liquidateur judiciaire a interjeté appel de cette décision le 21 décembre 2021.
Aux termes de ses conclusions déposées et notifiées par RPVA le 09 mars 2022 Me [Y] ès qualités demande à la cour d'infirmer l'ordonnance entreprise et d'admettre la créance de la direction générale des finances publiques - pôle recouvrement spécialisé au passif du débiteur à hauteur de 7 147,72 euros à titre privilégié et définitif et de 138 euros à titre provisionnel.
Il fait valoir que le liquidateur judiciaire avait donné un avis favorable à l'admission de la créance de la DGFIP à hauteur de 7 147,72 euros à titre privilégié définitif et 138,00 euros à titre privilégié provisionnel. Toutefois, le juge commissaire a rejeté la créance de la direction générale des finances publiques pour la partie contestée, considérant que le débiteur n'avait pas répondu et que le Liquidateur avait sollicité le rejet'; toutefois, la DGFIP ayant répondu dans les délais légaux à la contestation soulevée par le mandataire judiciaire, il est demandé par les présentes d'infirmer l'ordonnance rendue en toutes ses dispositions et d'admettre la créance d'IR de 2016 à 2019 à hauteur des montants déclarés à titre définitif par la DGFIP à savoir':
-1 111,00 euros à titre privilégié définitif
-abandon de la somme de 3 180,00 euros.
La déclaration d'appel et les conclusions de l'appelante ont été signifiées à M. [D] par acte du 10 mai 2022 délivré en l'étude du commissaire de justice, ce dernier n'a pas constitué avocat.
La direction générale des finances publiques - pôle recouvrement spécialisé n'a pas constitué avocat.
Par ordonnance du 20 janvier 2022, le conseiller de la mise en état a ordonné la jonction des procédures enregistrées sous les numéros RG 21/18179 et RG 21/18080 sous le numéro RG 18/18080
L'affaire a été fixée à l'audience rapporteur du 5 février 2026.
La clôture a été prononcée le 15 janvier 2026.
Il sera renvoyé, conformément aux dispositions de l'article 455 du code de procédure civile aux écritures des parties pour un plus ample exposé de leurs moyens respectifs.
Motivations de la décision
MOTIFS DE LA DÉCISION
Il ressort des écritures de Me [Y] ès qualités de liquidateur judiciaire et des pièces produites (pièces n°4 et n°7 de l'appelant), que la créance de la direction générale des finances publiques - pôle recouvrement spécialisé du Var n'est pas contestée par le liquidateur judiciaire et est justifiée à hauteur de' 7 147,72 euros (1 1110 + 6 063,72) à titre privilégié définitif et 138,00 euros à titre privilégié provisionnel.
L'ordonnance sera par conséquent infirmée en toutes ses dispositions sauf en celles relatives aux dépens.
Dispositif
PAR CES MOTIFS
La cour, statuant publiquement, par arrêt rendu par défaut, prononcé par mise à disposition au greffe,
Infirme l'ordonnance en date du 08 décembre 2021 (minute n°2021/2920) rendue par le juge commissaire à la procédure collective de M. [D] du tribunal de commerce de Draguignan en toutes ses dispositions, sauf celles relatives aux dépens';
Statuant à nouveau et y ajoutant,
Prononce l'admission de la créance de la direction générale des finances publiques - pôle recouvrement spécialisé du Var déclarée le 5 mars 2021 pour la somme de 7 147,72 euros à titre privilégié et définitif et celle de 138 euros à titre privilégié et provisionnel'au passif de la procédure collective de M. [H] [D] ;
Dit que les dépens d'appel seront traités en frais privilégiés de la procédure collective.
Questions fréquentes
Le juge commissaire peut-il rejeter une créance fiscale sans motif valable ?
Non, le juge commissaire ne peut rejeter une créance que si elle est contestée par le liquidateur ou si elle n'est pas justifiée. En l'espèce, le liquidateur avait donné un avis favorable et la créance était justifiée, le rejet était donc abusif.
Que faire si le juge commissaire rejette une créance que le liquidateur ne conteste pas ?
Il faut interjeter appel de l'ordonnance. Dans cette affaire, le liquidateur a fait appel et la cour d'appel a infirmé la décision et admis la créance.
Comment se déroule la vérification des créances en liquidation judiciaire ?
Le liquidateur vérifie les déclarations de créance et peut les contester. En cas de contestation, le juge commissaire statue. Si le liquidateur ne conteste pas, la créance est normalement admise.
Quels sont les droits de la DGFIP dans une procédure collective ?
La DGFIP peut déclarer sa créance fiscale, qui est privilégiée. Elle doit répondre aux contestations dans les délais. En l'espèce, elle a répondu et sa créance a été admise.
Qu'est-ce qu'une créance privilégiée ?
Une créance privilégiée bénéficie d'un droit de préférence sur le produit de la vente des biens du débiteur. Les créances fiscales sont souvent privilégiées.
Quelle est la procédure d'appel contre une décision du juge commissaire ?
L'appel est formé dans les délais légaux. En l'espèce, le liquidateur a interjeté appel et la cour d'appel a statué, infirmant l'ordonnance et admettant la créance.
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