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Cour d'appel, pôle 3 - chambre 1, 8 juillet 2026 — n° 26/04573

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Synthèse de la décision

Question juridique

Comment rectifier une erreur matérielle dans un arrêt d'appel statuant sur la liquidation du régime matrimonial après divorce ?

Principe retenu

L'erreur purement matérielle entachant un arrêt peut être rectifiée par la cour qui l'a rendu, sans remettre en cause le fond de la décision. La rectification ne modifie pas le sens de la décision mais corrige une inexactitude de rédaction.

Faits clés

  • Arrêt du 18 mars 2026 de la cour d'appel de Paris statuant sur la liquidation du régime matrimonial après divorce
  • L'arrêt mentionnait par erreur que le jugement de première instance avait rejeté les demandes au titre de l'article 700 du code de procédure civile
  • En réalité, le jugement avait condamné Mme [N] à verser 1 500 euros à M. [G] sur ce fondement
  • L'arrêt omettait également de mentionner la confirmation du jugement sur l'indemnité de jouissance due par Mme [N]
  • La requête en rectification d'erreur matérielle a été déposée par Mme [N]

Articles cités

article 700 du code de procédure civile article 462 du code de procédure civile article 805 du code de procédure civile article 450 du code de procédure civile

Dispositif

PAR CES MOTIFS La Cour, RECTIFIE l'arrêt de la cour d'appel de Paris rendu le18 mars 2026 en ajoutant à son dispositif la phrase suivante : « Confirme le jugement rendu le 13 février 2024 par le juge aux affaires familiales du tribunal judiciaire d'Evry-Courcouronnes en ce qu'il a dit que Mme [Z] [N] était redevable envers l'indivision post-communautaire d'une indemnité au titre de la jouissance du bien immobilier situé à Yerres, et ajoutant au jugement, Dit que cette indemnité est fixée au montant mensuel de 1 320 euros à valoir entre le 9 mars 2017 et le 16 août 2024 ; » ; RECTIFIE l'arrêt 18 mars 2026 de la cour d'appel de Paris rendu le 18 mars 2026 en modifiant le paragraphe 77 comme suit : A la place de « 77. Le jugement sera confirmé en ce qu'il a dit n'y avoir lieu à condamnation d'une ou l'autre des parties sur le fondement au titre de l'article 700 du code de procédure civile. », Il convient de lire : « 77. Le jugement sera confirmé en ce qu'il a condamné Mme [Z] [N] au paiement d'une indemnité de 1 500 euros à M. [N] [G] au titre de l'article 700 du code de procédure civile ». LAISSE les dépens à la charge du Trésor public. LE GREFFIER LE PRÉSIDENT

Exposé du litige

EXPOSE DU LITIGE Par un arrêt du 18 mars 2026, la cour d'appel de Paris a statué en ces termes : « Infirme le jugement rendu le 13 février 2024 par le juge aux affaires familiales du tribunal judiciaire d'Evry-Courcouronnes en ce qu'il a : Débouté M. [Q] [G] et Mme [Z] [N] de leur demande tendant à fixer à l'actif de la communauté la valeur du véhicule Nissan Micra et Nissan Qashqai ; Invité les parties à produire tout document utile au notaire désigné afin d'établir la créance de M. [Q] [G] à l'égard de l'indivision post-communautaire au titre du remboursement du prêt du bien immobilier situé à [Localité 5] ; Débouté M. [Q] [G] de sa demande tendant à lui reconnaître une créance à l'égard de l'indivision post-communautaire au titre du paiement des taxes foncières du bien immobilier, situé à [Localité 5] et l'a débouté de sa demande formée au titre des charges de copropriété de cet immeuble ; Débouté Mme [Z] [N] de sa demande formulée au titre de la récompense à l'égard de la communauté ; Et statuant à nouveau, Dit qu'il sera reporté à l'actif de l'indivision post-communautaire existant entre M. [Q] [G] et Mme [Z] [N] le prix de vente des véhicules Nissan Micra et Nissan Qashqai, soit respectivement les sommes des 6 500 euros et 5 500 euros ; Fixe la créance de M. [Q] [G] à l'égard de l'indivision post-communautaire au titre du remboursement du prêt du bien immobilier situé à [Localité 5] à la somme de 89 147,04 euros correspondant à la période allant du mois de mars 2017 à décembre 2025 ; Invite M. [Q] [G] à justifier devant le notaire commis des charges de copropriétés de l'appartement de [Localité 5] à compter du mois de mars 2017 expurgées, si besoin et selon les justificatifs produits à l'appui, de la part réglée par les locataires au titre des charges locatives ; Invite M. [Q] [G] à justifier devant le notaire commis du montant des taxes foncières qu'il a effectivement payé pour l'ensemble de la période concernée, montant expurgé, si besoin et selon les justificatifs produits à l'appui, de la part réglée par les locataires au titre de l'enlèvement des ordures ; Fixe la créance de l'indivision post-communautaire à l'encontre de M. [Q] [G] au titre des loyers perçus, ainsi qu'à la part des charges locataires pour l'appartement de [Localité 5], à la somme de 6 431,44 euros, pour la période allant du 9 décembre 2019 au 9 décembre 2021 ; Invite M. [Q] [G] à justifier devant le notaire commis du montant des sommes qu'il a encaissées pour le compte de l'indivision au titre des loyers de l'appartement de [Localité 5] pour les périodes manquantes (soit du 9 février 2017 au 9 décembre 2019, et à compter du 9 décembre 2021) ; Dit que Mme [Z] [N] a droit à une récompense de la communauté d'un montant de 49 570,50 euros, correspondant à des fonds qu'elle a perçus en héritage de son père et la déboute de sa demande de récompense formée au titre de l'indemnité conventionnelle qui a été reversée à la suite de son licenciement, en janvier 2009 ; Y ajoutant, Déclare recevable la demande de Mme [Z] [N] en fixation d'une indemnité de jouissance à la charge de M. [Q] [G] pour l'usage du véhicule Nissan Qashqai et la Déboute ; Déboute M. [Q] [G] de sa demande en fixation d'une indemnité de jouissance à la charge de Mme [N] pour l'animal acquis durant le mariage ; Dit que la créance de Mme [Z] [N] à l'encontre de l'indivision post-communautaire pour les frais de vétérinaire est justifiée à hauteur de de 2 907,10 euros ;

Motivations de la décision

MOTIFS DE LA DECISION 1) Sur la rectification d'erreur matérielle L'article 462 du code de procédure civile prévoit que les erreurs et omissions matérielles qui affectent un jugement, même passé en force de chose jugée, peuvent toujours être réparées par la juridiction qui l'a rendu ou par celle à laquelle il est déféré, selon ce que le dossier révèle ou, à défaut, ce que la raison commande. En l'espèce, la cour a confirmé le jugement en ce qu'il a retenu le principe d'une indemnité due par Mme [Z] [N] à l'égard de l'indivision pour la jouissance exclusive et privative de l'ensemble immobilier situé, [Adresse 3] à [Localité 6], et a ajouté à la décision en disant que le montant de cette indemnité est à hauteur de 1 320 euros par mois à valoir entre le 9 mars 2017 et le 16 août 2024. Cette condamnation ne figure pas au dispositif de la décision. En conséquence, il convient d'ajouter au dispositif la mention suivante : « Confirme le jugement rendu le 13 février 2024 par le juge aux affaires familiales du tribunal judiciaire d'Evry-Courcouronnes en ce qu'il a dit que Mme [Z] [N] était redevable envers l'indivision d'une indemnité au titre de la jouissance du bien immobilier situé à Yerres, et ajoutant au jugement, Dit que cette indemnité est fixée au montant mensuel de 1 320 euros à valoir entre le 9 mars 2017 et le 16 août 2024 ; ». 2) Sur la demande relative à la mention dans l'arrêt de la confirmation du jugement « en ce qu'il a dit n'y avoir lieu à condamnation d'une ou l'autre partie sur le fondement de l'article 700 du code de procédure civile » L'arrêt qui confirme le jugement de première instance, mentionne par erreur que celui-ci a rejeté les demandes formées par les parties au titre de l'article 700 du code de procédure civile, alors qu'il a en réalité condamné Mme [Z] [N] à verser à M. [Q] [G] la somme de 1 500 euros au titre de l'article 700 du code de procédure civile. Cette erreur est purement matérielle, dès lors qu'il est constant que Mme [N] a succombé pour l'essentiel en première instance, et doit donc être rectifiée. Il convient par conséquent de lire au paragraphe 77 de l'arrêt à rectifier « Le jugement sera confirmé en ce qu'il a condamné Mme [Z] [N] au paiement d'une indemnité de 1 500 euros à M. [N] [G] au titre de l'article 700 du code de procédure civile ». Ces deux erreurs matérielles doivent être rectifiées. Il y a donc lieu de rectifier l'arrêt sur ces deux points.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'une erreur matérielle dans un arrêt de cour d'appel ?
Une erreur matérielle est une inexactitude purement factuelle dans la rédaction de la décision, comme une omission ou une mention erronée, qui ne remet pas en cause le raisonnement juridique. Par exemple, dans cet arrêt, la cour avait omis de confirmer une partie du jugement et avait mal retenu le sort des frais irrépétibles.
Comment demander la rectification d'une erreur matérielle ?
Il faut déposer une requête en rectification d'erreur matérielle devant la cour qui a rendu l'arrêt. La requête doit exposer l'erreur et proposer la correction. La cour statue ensuite sans débat contradictoire, sauf si elle estime nécessaire d'entendre les parties.
La rectification d'erreur matérielle peut-elle modifier le sens de la décision ?
Non, la rectification ne peut que corriger une inexactitude matérielle sans changer le fond de la décision. Elle ne peut pas remettre en cause le dispositif ou les motifs essentiels. Dans cet arrêt, la rectification a simplement ajouté une confirmation oubliée et corrigé une mention erronée sur les frais.
Quels sont les délais pour demander la rectification d'une erreur matérielle ?
Il n'y a pas de délai spécifique, mais la requête doit être présentée dans un délai raisonnable après la découverte de l'erreur. En pratique, il est conseillé d'agir rapidement pour éviter toute contestation sur la tardiveté.
Que faire si l'arrêt d'appel oublie de statuer sur une demande ?
Si l'omission est purement matérielle (par exemple, omission de mentionner une confirmation), vous pouvez demander la rectification. Si l'omission porte sur un chef de demande non examiné, il peut s'agir d'un défaut de réponse à conclusions, qui relève alors de la voie de recours (pourvoi en cassation).
Qui supporte les frais de la procédure de rectification ?
En principe, les dépens de la procédure de rectification sont laissés à la charge du Trésor public, comme dans cet arrêt. Toutefois, si la requête est abusive, la partie requérante peut être condamnée aux dépens.
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