MOTIFS
Sur la résiliation judiciaire du contrat
Le salarié expose que l'employeur a modifié son contrat de travail en l'affectant sur un secteur géographique différent de celui prévu au contrat, et en modifiant ses horaires ainsi que son temps de travail puisque celui-ci se trouve amputé d'une demi-heure, soulignant qu'il n'est pas titulaire du permis de conduire et que le lieu d'affectation est distant de 20 à 25 km du magasin Décathlon où il était précédemment affecté, qu'il n'existe pas de transport en commun sur la totalité du trajet, et enfin que les nouveaux horaires sont fixés le dimanche alors qu'il n'était pas prévu qu'il travaille ce jour-là. Il sollicite en conséquence la résiliation judiciaire du contrat de travail à effet de l'arrêt à intervenir.
L'employeur objecte que le contrat prévoit un lieu de travail sur la zone géographique de [Localité 5] et sa périphérie, il fixe les horaires de travail du salarié, sans que ceux-ci n'entrent dans le champ contractuel, et que la durée du travail hebdomadaire résultant de la mutation est identique. Il ajoute qu'en tout état de cause les manquements allégués ne présentent pas de caractère de gravité justifiant de prononcer la résiliation judiciaire du contrat de travail. La société ajoute que le salarié a cessé de se présenter sur son lieu de travail le 4 octobre 2021, de sorte que, ne s'étant pas tenu à sa disposition, sa demande de rappel de salaire n'est pas fondée. A titre subsidiaire, la société conclut à la confirmation du jugement ayant dit que la résiliation judiciaire produisait ses effets à la date à laquelle la collaboration entre les parties a cessé, soit le 4 octobre 2021.
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La résiliation judiciaire du contrat de travail est prononcée à l'initiative du salarié et aux torts de l'employeur, lorsque sont établis des manquements par ce dernier à ses obligations suffisamment graves pour empêcher la poursuite du contrat de travail. Dans ce cas, la résiliation produit les effets d'un licenciement sans cause réelle et sérieuse.
Selon l'article L. 1222-1 du code du travail, le contrat est exécuté de bonne foi, et, en application de l'article 1134 du code civil, devenu 1104, les conventions légalement formées tiennent lieu de loi à ceux qui les ont faites, elles ne peuvent être révoquées que de leur consentement mutuel ou pour les causes que la loi autorise et doivent être exécutées de bonne foi.
La nouvelle répartition de l'horaire de travail ayant pour effet de priver le salarié du repos dominical constitue une modification du contrat de travail ne pouvant lui être imposé dans son accord exprès (Soc., 2 mars 2011, pourvoi n°09-43223 et Soc., 4 février 2026, pourvoi n°24-17033).
Par ailleurs, la mise en 'uvre d'une clause de mobilité incluse dans le contrat de travail correspond à un simple changement des conditions de travail et non à une modification du contrat de travail qui nécessiterait l'accord du salarié.
Toutefois, la clause de mobilité doit être mise en 'uvre de bonne foi, c'est à dire conformément à l'intérêt de l'entreprise (Soc., 23 janvier 2002, n°99-44.845 et n°99-44.846) et c'est au salarié de démontrer que la clause de mobilité a été mise en 'uvre pour des raisons étrangères à l'intérêt de l'entreprise, ou dans des conditions exclusives de la bonne foi contractuelle (Soc., 23 février 2005, pourvoi n°04-45463).
Au soutien de sa demande de résiliation judiciaire de son contrat de travail, le salarié invoque la modification du contrat de travail imposée par l'employeur de mauvaise foi (changement des horaires, réduction du temps de travail et affectation sur des sites ne faisant pas véritablement partie de la zone géographique de [Localité 5] et sa périphérie).
En l'espèce, selon l'article 8 du contrat de travail « lieu de travail » :
« au moment de l'engagement, la répartition de l'horaire est la suivante :
DECATHLON [Localité 5] [Localité 9] 32,5h (32 h 30 mn) du lundi au samedi de 8h à 9h15.
Toutefois, Monsieur [N] [B] reconnait que, la profession du nettoyage s'exerçant chez des clients et dans différents lieux, la mobilité est nécessaire et indispensable.
En conséquence Monsieur [N] [Z] accepte de pouvoir être affecté à tout autre site situé dans la zone géographique de [Localité 5] et sa périphérie.
Dans le cadre des travaux qui lui sont confiés, Monsieur [N] [Z] peut être conduit(e) à se déplacer sur différents sites dans la zone géographique de [Localité 5] et sa périphérie. »
Article 4 « durée du travail »
« Monsieur [N] [Z] percevra une rémunération brute mensuelle de 334,15 € pour 32.50 heures de travail par mois.
S'ajoutera à cette rémunération le cas échéant, celle correspondant aux heures complémentaires effectuées.
Eventuellement (M. [F] accepte expressément la durée du travail indiquée ci-dessus, durée inférieure à 43.33 heures mensuelles en application de l'article 5 de l'accord sur le temps partiel du 17/10/97)
« article 5 ' Heures complémentaires
En fonction des besoins de l'entreprise, M. [F] pourra être amené(e) à effectuer des heures complémentaires, au cours d'une même semaine ou d'un même mois, dans la limite des tiers de la durée hebdomadaire ou mensuelle de travail prévue au contrat et ce conformément aux dispositions de l'accord du 17 octobre 1997. M. [F] sera informé(e) trois jours au moins avant la date à laquelle les heures complémentaires seront prévues. »
Que d'autre part, l'article 7 ' Horaires, prévoit :
« M. [N] [Z] devra se conformer aux horaires déterminés ci-joints (voir période de référence et planning réel annexés au présent contrat)
La répartition du temps de travail pourra être modifiée, en fonction des besoins et des affectations du service et pour certains cas majeurs, tels que :
Changement d'horaire à la demande du client, une sanction disciplinaire, un remplacement pour salarié absent, une perte de chantier, une promotion, pour de nouvelles règles de sécurité imposées par le client. Cette liste n'est pas exhaustive et pourra être modifiée en annexée au contrat. En cas de modification de cette répartition des heures de travail, Monsieur [N] [Z] sera averti(e) de son entrée en vigueur, par lettre recommandée avec avis de réception, ou contre décharge remis en mains propres 7 jours au moins à l'avance.
Monsieur [N] [Z] pourra exercer plusieurs activités professionnelles au service d'employeurs différents, de manière occasionnelle ou régulière à la condition toutefois que la durée totale de ses travaux rémunérés ne dépasse pas la durée maximale du travail autorisée. Monsieur [N] [Z] reconnait que les horaires indiqués ci-dessus ne constituent pas un des éléments essentiels de son contrat de travail.
Eventuellement, Monsieur [N] [Z] peut être conduit(e) à travailler le samedi en fonction des besoins et affectations. »
Il résulte de ces articles que le contrat de travail à temps partiel de M. [F], affecté sur le site de [Localité 8] ([Localité 5]) contenait une clause de mobilité sur la zone géographique de [Localité 5] et de sa périphérie, et que le temps de travail a été fixé à 32 h 30 par mois, selon une répartition des horaires du lundi au samedi de 8h à 9h15, sans que cette répartition n'entre dans le champ contractuel.
Par lettre du 13 septembre 2021, la SAS [2] a informé M. [F] de sa mutation à compter du 4 octobre 2021 sur les sites de :
- [4] au [Localité 10], le lundi et le jeudi de 8h à 10h,
- La Résidence à [Localité 7], le lundi de 8h à 9h15, le mercredi de 8h à 9h15 et le dimanche de 8h à 9h.
Il en résulte d'abord que si les sites sur lesquels M.