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Tribunal judiciaire, juge cx protection, 10 juillet 2026 — n° 26/05040

Constate ou prononce le désistement d'instance et/ou d'action

Synthèse de la décision

Question juridique

Le juge peut-il constater la résiliation amiable d'un bail d'habitation après le départ volontaire du locataire et le désistement du bailleur de ses demandes en résiliation judiciaire et expulsion ?

Principe retenu

Lorsque les parties s'accordent sur le départ volontaire du locataire et que le bailleur se désiste de ses demandes en résiliation judiciaire et expulsion, le juge constate la résiliation du bail à la date du départ et partage les dépens par moitié.

Faits clés

  • Contrat de location signé le 5 février 2026 pour un local d'habitation
  • Difficultés apparues dans la colocation
  • Assignation en résiliation judiciaire et expulsion par le bailleur le 24 juin 2026
  • Locataire a quitté les lieux le 30 juin 2026
  • État des lieux de sortie réalisé

Articles cités

article 1 de la loi du 6 juillet 1989 article 450 du Code de Procédure Civile article 696 du code de procédure civile article 514 du code de procédure civile article L412-1 du code des procédures civiles d'exécution article L412-3 du code des procédures civiles d'exécution article 700 du code de procédure civile

Dispositif

PAR CES MOTIFS Le juge des contentieux de la protection, statuant après débats tenus en audience publique, par jugement contradictoire, rendu en premier ressort, par mise à disposition au greffe, CONSTATE le désistement de Monsieur [H] [C] de ses demandes de prononcer de résiliation du bail, d’expulsion, et de condamnation du locataire au paiement d’une indemnité mensuelle d’occupation et de sa demande fondée sur l’article 700 du code de procédure civile ; CONSTATE le départ volontaire de Monsieur [Y] [P] du logement situé [Adresse 4] ; DIT que la résiliation du contrat conclu le 05 février 2026 entre Monsieur [H] [C] et Monsieur [Y] [P] concernant le local à usage d’habitation situé [Adresse 4] est intervenu le 30 juin 2026 ; CONDAMNE Monsieur [H] [C] et Monsieur [Y] [P] à régler chacun la moitié des dépens de l’instance ; RAPPELLE que l’exécution provisoire est de droit ; Ainsi jugé et prononcé par mise à disposition de la décision au greffe du tribunal judiciaire, le 10 juillet 2026, la minute étant signée par le juge des contentieux de la protection et par la greffière présente lors du prononcé. La greffière, Le juge des contentieux de la protection,

Exposé du litige

EXPOSÉ DU LITIGE En vertu d’un contrat passé par acte sous signature privée en date du 05 février 2026, Monsieur [H] [C] a loué à Monsieur [Y] [P] un local à usage d’habitation situé [Adresse 4], moyennant un loyer mensuel initial de 353 euros et des provisions sur charges de 70 euros. Des difficultés sont apparues au sein de la colocation. Par acte de commissaire de justice en date du 24 juin 2026 délivré à domicile, Monsieur [H] [C] a fait assigner Monsieur [Y] [P] devant le juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire de Rennes et demande, sous le bénéfice de l’exécution provisoire, de : Prononcer la résiliation judiciaire du bail conclu le 4 février 2026 entre Monsieur [H] et Monsieur [P] [J] [Y] ;Ordonner l’expulsion de Monsieur [P] [J] [Y] ainsi que celle de tous occupants de son chef des lieux situés [Adresse 5] ;Dire qu’à défaut de départ volontaire, il pourra être procédé à son expulsion avec le concours de la force publique et d’un serrurier si nécessaire ;Supprimer le délai de deux mois prévus à l’article L412-1 du code des procédures civiles d’exécution Débouter Monsieur [P] [J] [Y] de toute demande de délais pour quitter les lieux fondée sur l’article L412-3 et suivants du code des procédures civiles d’exécution Condamner Monsieur [P] [J] [Y] au paiement d’une indemnité mensuelle d’occupation égale au montant du loyer et des charges jusqu’à parfaite libération des lieux Condamner Monsieur [P] [J] [Y] à verser à Monsieur [C] [H] la somme de 2000€ au titre de l’article 700 du code de procédure civile Condamner Monsieur [P] [J] [Y] aux entiers dépens comprenant notamment le coût de l’assignation, de la signification du jugement et de son exécution. L’affaire a été appelée et retenue lors de l’audience du 02 juillet 2026. A cette audience, Monsieur [H] [C], représenté par son conseil, précise que Monsieur [Y] a quitté les lieux, qu’un état des lieux de sortie a été réalisé. Il est demandé de constater son départ volontaire du logement au 30 juin 2026 et la résiliation du contrat à cette date. Il se désiste de la demande en lien avec l’expulsion, les indemnités d’occupation et celle fondée sur l’article 700 du code de procédure civile. Monsieur [Y] [P] est présent et assisté de son conseil. Il est précisé qu’il y a un accord sur ces nouvelles demandes de Monsieur [H]. L’affaire est mise en délibéré au 10 juillet 2026

Motivations de la décision

MOTIVATION DE LA DÉCISION L’article 1 de la loi du 6 juillet 1989 tendant à améliorer les rapports locatifs dispose que « le droit au logement est un droit fondamental ; il s’exerce dans le cadre des lois qui le régissent. L’exercice de ce droit implique la liberté de choix pour toute personne de son mode d’habitation grâce au maintien et au développement d’un secteur locatif et d’un secteur d’accession à la propriété ouverts à toutes les catégories sociales. (…) Les droits et obligations réciproques des bailleurs et des locataires doivent être équilibrés dans leurs relations individuelles comme dans leurs relations collectives ». Le jugement est contradictoire en application de l'article 467 du code de procédure civile, les parties ayant toutes comparu. L’article 4 du code de procédure civile dispose que : « L'objet du litige est déterminé par les prétentions respectives des parties. Ces prétentions sont fixées par l'acte introductif d'instance et par les conclusions en défense. Toutefois l'objet du litige peut être modifié par des demandes incidentes lorsque celles-ci se rattachent aux prétentions originaires par un lien suffisant. » Compte tenu de l’accord des parties trouvé à l’audience, sur l’intégralité des demandes principales, il y lieu de faire droit à leur concordantes. • Sur les dépens L’article 696 du code de procédure civile dispose que la partie perdante est condamnée aux dépens, à moins que le juge, par décision motivée, n’en mette la totalité ou une fraction à la charge d’une autre partie. Au regard de l’accord intégral des parties sur les demandes, les dépens seront partagés par moitié entre eux. • Sur l’exécution provisoire Conformément à l’article 514 du code de procédure civile, les décisions de première instance sont de droit exécutoires à titre provisoire à moins que la loi ou la décision rendue n’en dispose autrement. En l’espèce, compte tenu de la nature du litige et en l’absence de dispositions légales contraires, l’exécution provisoire est de droit.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un constat de résiliation amiable ?
C'est une décision du juge qui prend acte de l'accord des parties pour mettre fin au bail, sans prononcer de résiliation judiciaire ni d'expulsion, lorsque le locataire a quitté les lieux volontairement.
Le locataire doit-il payer des indemnités d'occupation après son départ volontaire ?
Non, dans cette affaire, le bailleur s'est désisté de sa demande d'indemnité d'occupation, et le juge a constaté la résiliation au 30 juin 2026, date du départ.
Comment sont répartis les dépens en cas d'accord ?
Les dépens sont partagés par moitié entre le bailleur et le locataire, comme l'a décidé le juge en l'absence de partie perdante.
Le juge peut-il refuser de constater un accord entre les parties ?
En principe, le juge constate l'accord si les demandes sont concordantes et ne contreviennent pas à l'ordre public. Ici, il a fait droit aux demandes communes.
Quelle est la date de résiliation du bail en cas de départ volontaire ?
La résiliation intervient à la date du départ effectif du locataire, soit le 30 juin 2026 dans cette affaire, constatée par le juge.
Puis-je demander l'expulsion après le départ du locataire ?
Non, car le départ volontaire rend la demande d'expulsion sans objet. Le bailleur s'en est désisté dans cette affaire.
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