DECISION N°
DOSSIER N° : N° RG 25/00140 - N° Portalis DBVQ-V-B7J-FWTR-16
[J] [H]
c/
MADAME LA PROCUREURE GENERALE PRES LA COUR D'APPEL DE REIMS
L'AGENT JUDICIAIRE DE L'ETAT REPRESENTANT L'ETAT FRANCAIS
Expédition certifiée conforme revêtue de la formule exécutoire
délivrée le
à
Me Pascal AMMOURA
DECISION PREVUE PAR L'ARTICLE 149-1
DU CODE DE PROCEDURE PENALE
L'AN DEUX MIL VINGT SIX,
Et le 9 juillet,
Nous, Christophe REGNARD, premier président de la cour d'appel de REIMS, en présence de Madame Dominique LAURENS, procureure générale près la cour d'appel de REIMS, assisté de Monsieur Nicolas MUFFAT-GENDET, greffier, qui a signé la minute avec le premier président
A la requête de :
Monsieur [J] [H]
né le [Date naissance 1] 1989 à [Localité 1]
de nationalité Française
Domicile élu chez son avocat Me Pascal AMMOURA
[Adresse 1]
[Localité 2]
représenté par Maître Pascal AMMOURA avocat au barreau de REIMS
DEMANDEUR
et
Monsieur L'AGENT JUDICIAIRE DE L'ETAT REPRESENTANT L'ETAT FRANCAIS
[Adresse 2]
[Adresse 3]
[Localité 3]
représenté par Me Stéphanie PONTON, avocat au barreau de REIMS
MADAME LA PROCUREURE GENERALE PRES LA COUR D'APPEL DE REIMS
[Adresse 4]
[Localité 2]
comparante
DÉFENDEURS
A l'audience publique du 07 mai 2026, où l'affaire a été mise en délibéré au 09 juillet 2026, statuant sur requête de [J] [H], représenté par Me [W] [T] a été entendu en ses demandes,
Me Stéphanie PONTON avocat de l'Agent judiciaire de l'état a été entendue en sa plaidoirie,
Madame la procureure générale a été entendue en ses observations ;
Me Pascal AMMOURA a eu la parole en dernier
MOYENS ET PRETENTIONS DES PARTIES
Par requête déposée le 19 novembre 2025, M. [J] [H] a sollicité l'indemnisation de préjudices résultant d'une détention provisoire.
Il expose qu'il a été mis en cause pour des faits d'atteinte sexuelle sur mineur de 15 ans et de corruption de mineure. Placé en garde à vue, il a été présenté au juge des libertés et de la détention le 17 octobre 2024 et placé en détention dans l'attente de sa comparution devant le tribunal correctionnel de REIMS fixée au 25 novembre 2024.
Il indique avoir déposé une demande de mise en liberté et avoir été placé sous contrôle judiciaire par décision du 25 octobre 2024.
Il précise qu'à l'audience au fond le 20 mai 2025, il a bénéficié d'une relaxe pour l'ensemble des faits reprochés.
Il estime que la durée de la détention provisoire indemnisable est de 13 jours.
Il indique avoir subi un préjudice moral, estimé à 3 900 euros, résultant :
- Du choc carcéral lié à une première incarcération ;
- Du fait d'avoir été privé de contact avec son fils [Y], placé par décision du juge des enfants le 15 octobre 2024 et dont le placement s'est poursuivi jusqu'au 30 juin 2025 ;
- De ses conditions d'incarcération à la maison d'arrêt ancienne et vétuste de [Localité 4], dont le taux de suroccupation est préoccupant.
Il ajoute qu'il a également subi un préjudice matériel, qu'il estime à 618,02 euros résultant de son impossibilité d'exercer ses fonctions dans l'entreprise de nettoyage automobile et d'achat/vente de véhicule d'occasion qu'il a créé en exercice individuel en février 2023. Il estime avoir eu une perte économique qu'il calcule en fonction du SMIC mensuel.
Il demande en outre une somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article 700 du code de procédure civile.
L'agent judiciaire de l'Etat, souligne à titre principal l'irrecevabilité de la requête faute de production d'un certificat de non appel.
A titre subsidiaire, il se dit favorable à l'indemnisation sollicitée au titre du préjudice moral à hauteur de 3900 euros. Il demande en revanche le débouté de M. [H] en ce qui concerne le préjudice matériel, faute de production de pièces justificatives.
Il demande en outre de réduire le montant alloué sur le fondement de l'article 700 du code de procédure civile.