DECISION N°
DOSSIER N° : N° RG 25/00131 - N° Portalis DBVQ-V-B7J-FWQP-16
[E] [O]
c/
MADAME LA PROCUREURE GENERALE PRES LA COUR D'APPEL DE REIMS
L'AGENT JUDICIAIRE DE L'ETAT REPRESENTANT L'ETAT FRANCAIS
Expédition certifiée conforme revêtue de la formule exécutoire
délivrée le
à
Me Gérard CHEMLA
DECISION PREVUE PAR L'ARTICLE 149-1
DU CODE DE PROCEDURE PENALE
L'AN DEUX MIL VINGT SIX,
Et le 9 juillet,
Nous, Christophe REGNARD, premier président de la cour d'appel de REIMS, en présence de Madame Dominique LAURENS, procureure générale près la cour d'appel de REIMS, assisté de Monsieur Nicolas MUFFAT-GENDET, greffier, qui a signé la minute avec le premier président
A la requête de :
Monsieur [E] [O]
né le [Date naissance 1] 1984 à [Localité 1]
de nationalité Française
[Adresse 1]
[Localité 2]
représenté par Me Gérard CHEMLA, avocat au barreau de REIMS
DEMANDEUR
et
Monsieur L'AGENT JUDICIAIRE DE L'ETAT REPRESENTANT L'ETAT FRANCAIS
[Adresse 2]
[Adresse 3]
[Localité 3]
représenté par Me Edouard COLSON, avocat au barreau de REIMS
MADAME LA PROCUREURE GENERALE PRES LA COUR D'APPEL DE REIMS
[Adresse 4]
[Localité 4]
comparante
DÉFENDEURS
A l'audience publique du 07 mai 2026, où l'affaire a été mise en délibéré au 09 juillet 2026, statuant sur requête de [E] [O], représenté par Me Gérard CHEMLA a été entendu en ses demandes,
Me COLSON avocat de l'Agent judiciaire de l'état a été entendu en sa plaidoirie,
Madame la procureure générale a été entendue en ses observations ;
Me Gérard CHEMLA a eu la parole en dernier
MOYENS ET PRETENTIONS DES PARTIES
Par requête déposée le 6 novembre 2025, M. [E] [O] a sollicité l'indemnisation de préjudices résultant d'une détention provisoire.
Il expose qu'il a été convoqué pour un interrogatoire de première comparution le 18 octobre 2019 et entendu dans ce cadre pour des faits de tentatives de meurtre et placé sous le statut de témoin assisté.
Il ajoute avoir été reconvoqué le 9 mars 2020, mis en examen et placé sous contrôle judiciaire par le juge d'instruction.
Sur appel du ministère public, la chambre de l'instruction de la Cour d'appel de Reims, par arrêt du 14 mai 2020 a infirmé cette décision et placé M. [O]en détention provisoire.
M. [O] a bénéficié d'une ordonnance de mise en liberté sous contrôle judiciaire par ordonnance du 25 juin 2020. La chambre de l'instruction, dans le cadre d'une procédure de référé détention initiée par le parquet, a infirmé cette décision et maintenu M. [O] en détention.
M. [O] a alors déposé de nombreuses demandes de mise en liberté, toutes refusées. Sur appel du dernier refus, la chambre de l'instruction, par arrêt du 8 octobre 2020 a mis M. [O] en liberté sous contrôle judiciaire.
Une ordonnance de non-lieu a été rendue le 19 mai 2025. Les parties civiles ont interjeté appel de ce non-lieu, puis se sont désistées de leur appel, de sorte que le non-lieu est aujourd'hui définitif.
M. [O] estime que la durée de la détention provisoire indemnisable est de 148 jours.
Il indique avoir subi un préjudice moral, estimé à 18 500 euros, résultant :
- Des conditions précédant son incarcération et des faits qui lui sont reprochés, alors même qu'il a vu mourir sa s'ur et son frère ;
- De la séparation de sa famille, dans ce contexte particulier et de la crainte de nouvelles représailles contre eux, alors même qu'il ne pouvait les défendre ;
- De l'incarcération en période de COVID 19.
Il ajoute qu'il a également subi un préjudice matériel, qu'il estime à 10 700 euros résultant des frais d'avocat engagés pour le contentieux de la détention.
Il demande en outre une somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article 700 du code de procédure civile.
L'agent judiciaire de l'Etat, après avoir souligné la recevabilité en la forme et au fond, demande de réduire la somme due au titre du préjudice moral à la somme de 14 500 euros, pour une détention de 148 jours, de débouter M.