Justiweb – Assistant juridique IA Justiweb
Se connecter Inscription gratuite
← Vices cachés et achat immobilier

Cour d'appel, chambre 1 section 1, 9 juillet 2026 — n° 25/02873

Other

Synthèse de la décision

Question juridique

L'acquéreur d'un véhicule d'occasion justifie-t-il d'un motif légitime pour obtenir une expertise en référé lorsqu'il allègue un lien entre une panne mécanique et un changement de moteur antérieur à la vente ?

Principe retenu

Pour obtenir une mesure d'instruction in futurum sur le fondement de l'article 145 du code de procédure civile, le demandeur doit justifier d'un motif légitime, c'est-à-dire d'un fait crédible et pertinent susceptible d'établir la preuve de faits dont pourrait dépendre la solution d'un litige. En l'espèce, l'acquéreur n'a pas rapporté la preuve d'un lien vraisemblable entre la panne alléguée et le changement de moteur, ni fourni d'avis technique documenté, de sorte que le motif légitime n'est pas caractérisé.

Faits clés

  • Acquisition le 19 avril 2024 d'un Citroën Jumpy Space Tourer d'occasion au prix de 28 000 euros
  • Changement de moteur effectué par la société Mecaperf en janvier 2024 à l'initiative du vendeur
  • Panne mécanique survenue en novembre 2024, soit 7 mois après l'achat
  • L'acquéreur a parcouru plus de 20 000 km depuis la vente sans problème mécanique signalé
  • Le vendeur a parcouru 1 000 km avec le nouveau moteur sans désordre

Articles cités

article 145 du code de procédure civile article 455 du code de procédure civile article 805 du code de procédure civile

Dispositif

EN CONSÉQUENCE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE mande et ordonne à tous les commissaires de justice, sur ce requis, de mettre ladite décision à exécution, aux procureurs généraux et aux procureurs de la République près les tribunaux judiciaires d'y tenir la main, à tous les commandants et officiers de la [Localité 5] Publique de prêter main-forte lorsqu'ils en seront légalement requis. En foi de quoi, la présente décision a été signée par le président et le greffier.

Exposé du litige

COMPOSITION DE LA COUR LORS DU DÉLIBÉRÉ Samuel Vitse, président de chambre Hélène Billières, conseiller Céline Miller, conseiller ARRÊT PAR DÉFAUT prononcé publiquement par mise à disposition au greffe le 9 juillet 2026 après prorogation du délibéré en date du 12 février 2026 (date indiquée à l'issue des débats) et signé par Samuel Vitse, président, et Delphine Verhaeghe, greffier, auquel la minute a été remise par le magistrat signataire. ORDONNANCE DE CLÔTURE DU : 16 octobre 2025 **** Le 19 avril 2024, M. [W] [H] a acquis de M. [T] [C] un véhicule de marque Citroën, modèle Jumpy Space Tourer, immatriculé [Immatriculation 1], au prix de 28 000 euros. Soutenant qu'une panne mécanique survenue en novembre 2024 résultait du changement de moteur effectué par la société Mecaperf à l'initiative du vendeur en janvier de la même année, M. [H] a, par actes des 19 et 24 mars 2025, assigné en référé-expertise M. [C] et la société Mecaperf. Par ordonnance du 20 mai 2025, le juge des référés du tribunal judiciaire de Saint-Omer a débouté M. [H] de sa demande d'expertise et l'a condamné aux dépens. M. [H] a interjeté appel de cette décision. Aux termes de ses dernières conclusions remises le 24 juin 2025, il demande à la cour d'infirmer l'ordonnance entreprise et, statuant à nouveau, d'ordonner une expertise du véhicule litigieux aux fins essentiellement de décrire les désordres allégués, en déterminer l'origine, dire si les éventuels défauts constatés rendent le véhicule impropre à sa destination, préciser la nature et le coût des travaux nécessaires à sa remise en état, déterminer les responsabilités encourues et évaluer les préjudices subis. Aux termes de ses dernières conclusions remises le 29 juillet 2025, la société Mecaperf demande à la cour de confirmer la décision entreprise, subsidiairement, de statuer ce que de droit sur la mesure d'instruction sollicitée. En application de l'article 455 du code de procédure civile, il est renvoyé aux conclusions précitées des parties pour le détail de leurs prétentions et moyens. M. [C], qui a reçu signification de la déclaration d'appel, de l'avis de fixation et des conclusions, n'a pas constitué avocat devant la cour.

Motivations de la décision

MOTIFS Sur la demande d'expertise Aux termes de l'article 145 du code de procédure civile, s'il existe un motif légitime de conserver ou d'établir avant tout procès la preuve de faits dont pourrait dépendre la solution d'un litige, les mesures d'instruction légalement admissibles peuvent être ordonnées à la demande de tout intéressé, sur requête ou en référé. La mise en oeuvre de ce texte suppose de vérifier l'existence d'un potentiel litige, la vraisemblance des faits invoqués pour l'étayer et l'utilité de la mesure d'instruction pour le résoudre. En l'espèce, l'expertise du véhicule sollicitée par M. [H] procède d'une panne survenue en novembre 2024, dont il attribue l'origine au changement de moteur opéré en janvier de la même année par la société Mecaperf à l'initiative de M. [C]. Il appartient à M. [H] d'établir la vraisemblance d'un lien entre ce changement de moteur et la panne survenue en novembre 2024. A cet effet, il produit les éléments suivants : ' un procès-verbal de contrôle technique du 15 avril 2024 faisant état d'une défaillance mineure, à savoir la mauvaise orientation d'un feu de brouillard avant ; ' trois factures de la société Mecaperf respectivement émises les 26 décembre 2023, 22 et 23 janvier 2024 portant sur des travaux d'entretien et l'échange standard du moteur du véhicule, dont le coût semble avoir été partagé entre M. [C] et la société Mikadan au titre d'une demande de prise en charge contrat 100068579, cette désignation figurant sur la dernière facture en date ; ' deux factures de la société Liane automobiles respectivement émises les 6 juin et 7 août 2024, la première portant sur des travaux d'entretien et la seconde sur des travaux de même nature ainsi que sur des prestations destinées à remédier à des vibrations dans le compartiment moteur ; ' une facture de la société Siligom émise le 16 novembre 2024 portant sur un changement de pneus ; ' deux courriels des 7 et 30 mai 2025 échangés entre M. [H] et M. [Y], salarié du garage où se trouverait entreposé le véhicule litigieux depuis le 28 novembre 2024, dont il ressort que ce dernier serait en panne et que le dysfonctionnement de la poulie d'arbre à cames en serait la cause. Parmi ces éléments, le procès-verbal de contrôle technique et la facture de la société Siligom ne sont manifestement pas de nature à servir la demande d'expertise, dès lors qu'ils ne témoignent d'aucune défaillance mécanique du bloc moteur. Il en est de même de celles des factures émises par les sociétés Mecaperf et Liane automobiles portant sur l'entretien courant du véhicule. Si la facture de la société Mecaperf du 23 janvier 2024 conforte bien l'existence d'un changement de moteur par le vendeur quelques mois avant la vente litigieuse, cette circonstance s'avère à elle seule insuffisante pour rendre vraisemblable l'existence d'une corrélation entre le changement opéré et la prétendue panne survenue en novembre 2024. S'il apparaît ensuite que la facture de la société Liane automobiles du 7 août 2024 trouve partiellement son origine dans des vibrations affectant le compartiment moteur du véhicule, les prestations accomplies pour y remédier sont étrangères à celles que rendrait nécessaire l'éventuel dysfonctionnement de la poulie d'arbre à cames, seul invoqué au soutien de la demande d'expertise. A supposer enfin que la prétendue panne mécanique survenue en novembre 2024 procède bien d'un dysfonctionnement de cette poulie, dont la cour observe qu'il ne repose sur aucun avis technique documenté, rien ne permet de se convaincre d'un lien vraisemblable entre cette défaillance et le changement de moteur opéré en janvier 2024, étant observé que le vendeur a personnellement parcouru 1 000 km avec le nouveau moteur sans que soit démontré ni même allégué un quelconque désordre mécanique, et que l'acquéreur a lui-même parcouru plus de 20 000 km depuis la vente litigieuse, de sorte qu'il n'existe aucun indice d'une panne de l'arbre à cames dont la chronologie serait de nature à conforter la vraisemblance d'une origine concomitante au changement de moteur, n'étant pas établi ni même soutenu que la défaillance de cette pièce n'interviendrait qu'au long cours. Il suit de tout ce qui précède que M. [H] ne caractérise pas l'existence d'un motif légitime au sens du texte précité. L'ordonnance entreprise sera donc confirmée en ce qu'elle a débouté l'intéressé de sa demande d'expertise. Sur les dépens L'issue du litige justifie de confirmer l'ordonnance entreprise de ce chef et de condamner M. [H] aux dépens d'appel. PAR CES MOTIFS Confirme l'ordonnance entreprise ; Y ajoutant, Condamne M. [W] [H] aux dépens d'appel. Le greffier Le président

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un motif légitime pour obtenir une expertise en référé ?
Le motif légitime est une raison sérieuse et crédible de vouloir établir une preuve avant un procès. Dans cette affaire, l'acquéreur n'a pas prouvé de lien vraisemblable entre la panne et le changement de moteur, ni fourni d'avis technique, ce qui a conduit au rejet de sa demande.
Puis-je obtenir une expertise si mon véhicule tombe en panne après un changement de moteur effectué par le vendeur ?
Oui, à condition de démontrer un lien probable entre la panne et le changement de moteur. Ici, l'acquéreur avait parcouru 20 000 km sans problème et le vendeur 1 000 km, ce qui affaiblissait le lien de causalité.
Quels sont les risques si je demande une expertise sans preuve technique ?
Le juge peut rejeter la demande pour absence de motif légitime, comme dans cette affaire. Il est recommandé de rassembler des avis techniques ou des témoignages avant d'agir.
Le juge des référés peut-il refuser une expertise même si le véhicule est en panne ?
Oui, si le demandeur ne prouve pas un lien plausible entre le défaut allégué et un fait imputable au vendeur ou à un tiers. La simple existence d'une panne ne suffit pas.
Que faire si le vendeur ne se présente pas en justice ?
Le juge peut statuer par défaut. Dans cette affaire, le vendeur n'a pas constitué avocat, mais la cour a tout de même examiné la demande sur le fond.
Quelle est la différence entre une expertise en référé et une action en garantie des vices cachés ?
L'expertise en référé est une mesure préparatoire avant un procès, tandis que l'action en garantie des vices cachés est une action au fond. Ici, l'acquéreur a choisi la voie du référé, mais sa demande a été rejetée faute de motif légitime.
💡 Votre situation ressemble à cette décision ? Posez votre question à l'IA
Gratuit · sans engagement

Des milliers de justiciables utilisent déjà Justiweb pour clarifier leur situation.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question

Gratuit pour commencer · sans engagement

Important : Cette page présente une décision de justice à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Pour votre situation spécifique, consultez un avocat ou utilisez l'assistant Justiweb pour explorer vos questions juridiques.