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Cour d'appel, rétention administrative, 12 juillet 2026 — n° 26/00727

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Synthèse de la décision

Question juridique

L'appel du ministère public contre une ordonnance de refus de prolongation de rétention administrative doit-il être déclaré suspensif en raison de l'absence de garanties de représentation de l'étranger ?

Principe retenu

L'appel du ministère public contre une décision mettant fin à la rétention administrative peut être déclaré suspensif si l'étranger ne dispose pas de garanties de représentation effectives ou en cas de menace grave pour l'ordre public. En l'espèce, l'absence de documents d'identité valides et de ressources stables caractérise un défaut de garanties de représentation justifiant la suspension de l'exécution de l'ordonnance de mise en liberté.

Faits clés

  • M. [N] [B] [F], de nationalité espagnole, né le 8 juin 2007, est placé en rétention administrative.
  • Le juge du tribunal judiciaire de Metz a ordonné sa remise en liberté le 12 juillet 2026.
  • Le procureur de la République a interjeté appel le même jour à 15h24 avec demande d'effet suspensif.
  • L'étranger ne dispose d'aucun document d'identité ou de voyage en cours de validité.
  • M. [N] [B] [F] est sans ressources et ne justifie pas d'une situation stable.

Articles cités

article L 743-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article R 743-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article R 743-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile

Exposé du litige

REPUBLIQUE FRANCAISE AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS COUR D'APPEL DE METZ ORDONNANCE DU 12 JUILLET 2026 Nous, François-Xavier KOEHL, Conseiller, agissant sur délégation de Monsieur le premier président de la cour d'appel de Metz, Dans l'affaire N° RG 26/00727 - N° Portalis DBVS-V-B7K-GS4D ETRANGER entre : Le procureur de la République Et M. [N] [B] [F] né le 08 Juin 2007 à [Localité 1] (ESPAGNE) de nationalité Espagnole Actuellement en rétention administrative. Vu l'ordonnance rendue le 12 juillet 2026 à 11h40 par le juge du tribunal judiciaire ordonnant la remise en liberté immédiate de M. [N] [B] [F] à l'issue des formalités administratives au centre de rétention administrative de [Etablissement 1] et notifiée le même jour à 11h50 à M. Le procureur de la République près le tribunal judiciaire de Metz ; Vu l'appel de cette décision de M. Le procureur de la République près le tribunal judiciaire le 12 juillet 2026à 15h24, réceptionné au greffe de la chambre des libertés le même jour à 15h26 ; Vu la demande d'effet suspensif de l'appel de l'ordonnance de refus de prolongation de la mesure de rétention administrative formulée dans l'acte d'appel ; Vu la notification de la déclaration d'appel avec demande d'appel suspensif faite à M. [N] [B] [F] le 12 juillet 2026 à 15h55 avec indication des modalités et du délai des observations en réponse à la demande de déclaration d'effet suspensif à éventuellement formuler auprès du magistrat devant statuer sur cette demande, Vu les notifications du recours suspensif du 12 juillet 2026 effectuées par le parquet: - à Me Laurence DECKER-LECLERE, avocat au barreau de Metz, conseil de M. [N] [B] [F], par courriel à 15h26 - au préfet de la Moselle, par courriel à 15h26 Constatant l'absence d'observations faite par l'étranger ou son conseil dans le délai prévu à l'article R 743-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

Motivations de la décision

SUR CE, Vu le dossier de la procédure, Vu l'article L 743-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui dispose que l'appel n'est pas suspensif, mais que toutefois, le ministère public peut demander au premier président de la cour d'appel ou à son délégué de déclarer son recours suspensif lorsqu'il lui apparaît que l'intéressé ne dispose pas de garanties de représentation effectives ou en cas de menace grave pour l'ordre public. Dans ce cas, l'appel, accompagné de la demande qui se réfère à l'absence de garanties de représentation effectives ou à la menace grave pour l'ordre public, est formé dans un délai de 6 heures (décision n°2025-11158 du Conseil Constitutionnel du 12/09/2025 publié au JO le 13/09/2025) à compter de la notification de l'ordonnance au procureur de la République et transmis au premier président de la cour d'appel ou à son délégué. Celui-ci décide, sans délai, s'il y a lieu de donner à cet appel un effet suspensif, en fonction des garanties de représentation dont dispose l'étranger ou de la menace grave pour l'ordre public, par une ordonnance motivée rendue contradictoirement et qui n'est pas susceptible de recours. Par dérogation au présent article, l'appel interjeté contre une décision mettant fin à la rétention est suspensif lorsque l'intéressé a été condamné à une peine d'interdiction du territoire pour des actes de terrorisme prévus au titre II du livre IV du code pénal ou s'il fait l'objet d'une mesure d'éloignement édictée pour un comportement lié à des activités à caractère terroriste. L'intéressé est maintenu à la disposition de la justice jusqu'à ce que cette ordonnance soit rendue et, si elle donne un effet suspensif à l'appel du ministère public, jusqu'à ce qu'il soit statué sur le fond. En l'espèce, M. [N] [B] [F], sans ressources, ne justifie pas d'une situation stable et ne dispose d'aucun document d'identité ou de voyage en cours de validité. Il se déduit de ces circonstances que l'intimé ne présente pas de garanties suffisantes de représentation et risque de se soustraire, si elle lui est défavorable à la décision d'appel, de sorte qu'il y a lieu de suspendre les effets de l'ordonnance déférée. PAR CES MOTIFS Statuant sans délai par décision insusceptible de recours, PRONONÇONS LA SUSPENSION DE L'EXÉCUTION de l'ordonnance rendue par le juge du tribunal judiciaire de Metz en date du 12 juillet 2026 ayant rejeté la requête aux fins de prolongation de la rétention dans des locaux ne dépendant pas de l'administration pénitentiaire de M. [N] [B] [F] et ordonné sa mise en liberté, ORDONNONS LE MAINTIEN A LA DISPOSITION DE LA JUSTICE de M. [N] [B] [F] jusqu'au prononcé de la décision à intervenir statuant sur l'appel, les conditions du maintien étant déterminées comme le prévoit l'article R 743-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; DISONS que la présente décision conférant un caractère suspensif à l'appel du ministère public sera portée à la connaissance de l'étranger et de son conseil par le greffe de la cour d'appel et communiquée au procureur de la république, qui veillera à son exécution et en informera l'autorité administrative qui a prononcé la rétention, AVISONS les parties que l'audience d'appel aura lieu le lundi 13 juillet 2026 à 14h00 ;

Dispositif

ORDONNONS la remise immédiate au procureur général d'une expédition de la présente ordonnance. Le conseiller,

Questions fréquentes

Qu'est-ce que l'appel suspensif du procureur en matière de rétention administrative ?
L'appel suspensif permet au ministère public de demander au premier président de la cour d'appel de suspendre l'exécution d'une ordonnance de mise en liberté d'un étranger retenu, lorsque celui-ci ne présente pas de garanties de représentation suffisantes ou en cas de menace grave pour l'ordre public. Dans cette affaire, le procureur a obtenu la suspension car l'étranger était sans papiers et sans ressources.
Quelles sont les conditions pour que l'appel du parquet soit suspensif ?
L'appel suspensif est possible si l'étranger ne dispose pas de garanties de représentation effectives (absence de documents d'identité, de domicile stable, de ressources) ou s'il existe une menace grave pour l'ordre public. Le procureur doit former son appel dans les 6 heures suivant la notification de l'ordonnance et demander expressément l'effet suspensif.
Un étranger sans papiers peut-il être maintenu en rétention malgré une décision de libération ?
Oui, si le procureur fait appel avec demande d'effet suspensif et que le premier président estime que l'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes. Dans cette affaire, l'étranger, sans document d'identité valide et sans ressources, a vu son maintien en rétention ordonné jusqu'à l'audience d'appel.
Quels sont les recours contre une décision de refus de prolongation de rétention ?
Le procureur de la République peut interjeter appel de l'ordonnance du juge refusant la prolongation de la rétention. Cet appel peut être assorti d'une demande d'effet suspensif. La décision du premier président sur l'effet suspensif n'est pas susceptible de recours.
Qu'est-ce qu'une menace grave pour l'ordre public dans le cadre de la rétention ?
Une menace grave pour l'ordre public peut résulter de comportements liés à des activités terroristes ou à des condamnations pénales graves. Dans cette affaire, la suspension a été fondée sur l'absence de garanties de représentation, et non sur une menace pour l'ordre public.
Quels sont les délais pour faire appel d'une ordonnance de mise en liberté ?
Le procureur doit former son appel dans un délai de 6 heures à compter de la notification de l'ordonnance. En l'espèce, l'ordonnance a été notifiée à 11h50 et l'appel a été formé à 15h24, soit dans le délai légal.
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