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Cour d'appel, pôle 1 - chambre 3, 9 juillet 2026 — n° 25/18210

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Synthèse de la décision

Question juridique

L'interruption de l'instance pour cause de décès d'une partie en cours d'appel empêche-t-elle la cour de statuer sur le fond du litige relatif à l'acquisition de la clause résolutoire et à l'expulsion ?

Principe retenu

En application de l'article 370 du code de procédure civile, le décès d'une partie survenu en cours d'instance d'appel interrompt l'instance lorsque l'action est transmissible. Il appartient aux parties de demander le rétablissement de l'instance.

Faits clés

  • Bail commercial signé le 2 juin 1999 entre les bailleurs et la société Dalloyau Bastille, aux droits de laquelle vient la société [C].
  • Commandement de payer du 14 août 2024 pour un arriéré locatif de 33 855,87 euros.
  • Ordonnance de référé du 16 octobre 2025 constatant l'acquisition de la clause résolutoire et ordonnant l'expulsion.
  • Appel interjeté par la société [C] le 31 octobre 2025.
  • Décès de Mme [Z] [W], veuve [O], partie intimée, survenu le 10 avril 2026, en cours de procédure d'appel.

Articles cités

article 370 du code de procédure civile article 906-5 du code de procédure civile article 450 du code de procédure civile article 700 du code de procédure civile articles L. 433-1 et suivants du code des procédures civiles d'exécution articles R. 433-1 et suivants du code des procédures civiles d'exécution

Dispositif

PAR CES MOTIFS Constate l'interruption de l'instance référencée sous le RG 25/18210 suite au décès de [Z] [W], veuve [O] survenu le 10 avril 2026, Dit qu'il appartient aux parties d'en demander le rétablissement. LE GREFFIER LE PRÉSIDENT

Exposé du litige

******** Par acte sous seing privé du 2 juin 1999, MM. [L] et [M] ont donné à bail commercial à la société Dalloyau Bastille aux droits de laquelle vient la société [C], un local commercial situé au [Adresse 6], [Localité 8]. MM. [L] et [M] ont fait délivrer à la société [C] par acte extrajudiciaire délivré au preneur le 14 août 2024, un commandement de payer la somme de 33 855,87 euros. Saisi par M. [X] [L], M. [E] [O] et Mme [Z] [W], veuve [O], par actes de commissaire de justice délivrés le 14 octobre 2024, par ordonnance contradictoire rendue le 16 octobre 2025, le juge des référés du tribunal judiciaire de Paris a : renvoyé les parties à se pourvoir au fond ainsi qu'elles en aviseront, mais dès à présent par provision tous les moyens des parties étant réservés ; constaté l'acquisition de plein droit de la clause résolutoire stipulée au contrat de bail ; rejeté la demande de délais de paiement ; dit que la société [C] devra libérer les locaux situés [Adresse 7] ([Adresse 8], et, faute de l'avoir fait, ordonnons son expulsion ainsi que celle de tous occupants de son chef, avec le cas échéant, le concours de la force publique ; rejeté la demande d'astreinte ; rappelé que le sort des meubles sera réglé conformément aux dispositions des article L. 433-1 et suivants et R. 433-1 et suivants du code des procédures civiles d'exécution ; condamné la société [C] à payer à M. [O] et Mme [W], veuve [O] ; -une indemnité d'occupation provisionnelle équivalente au montant des loyers, charges et taxes exigibles, et ce, à compter du 15 septembre 2024 jusqu'à la libération effective de lieux ; -en conséquence et d'ores et déjà, la somme de 148 353,36 euros au titre des loyer échus au mois 16 septembre 2025, terme de septembre 2025 inclus ; -la somme de 5000 euros au titre de l'article 700 du code de procédure civile ; condamné la société [C] au paiement des dépens, dont le coût du commandement de payer ; rappelé que l'ordonnance bénéficie de plein droit de l'exécution provisoire. Par déclaration reçue au greffe le 31 octobre 2025, la société [C] a interjeté appel de cette ordonnance. La société [C] a déposé ses dernières conclusions le 6 février 2026 auxquelles il convient de se reporter pour un exposé détaillé des prétentions et moyens. M. [O] et Mme [W], veuve [O] ont déposé leurs dernières conclusions le 2 avril 2026 auxquelles il convient de se reporter pour un exposé détaillé des prétentions et moyens. L'ordonnance de clôture a été rendue le 7 mai 2026. Le conseil de M. [O] et de Mme [W], veuve [O] a procédé à la notification du décès de [Z] [W], veuve [O] survenu en cours de procédure d'appel le 10 avril 2026 par message RPVA auquel était joint l'acte de décès, le 8 juin 2026.

Motivations de la décision

MOTIFS DE LA DÉCISION L'article 370 du code de procédure civile dispose notamment que l'instance est interrompue par le décès d'une partie dans le cas où l'action est transmissible. Au regard du décès de [Z] [W], veuve [O] survenu en cours de procédure d'appel le 10 avril 2026, il y a lieu de constater l'interruption de l'instance ; Il appartient aux parties d'en demander le rétablissement.

Questions fréquentes

Que se passe-t-il si une partie décède pendant un procès en appel ?
L'instance est interrompue automatiquement par le décès d'une partie, conformément à l'article 370 du code de procédure civile, lorsque l'action est transmissible. Les parties doivent ensuite demander le rétablissement de l'instance pour que la procédure reprenne.
Comment reprendre une procédure après le décès d'une partie ?
Il appartient aux parties, ou à leurs représentants, de saisir la juridiction d'une demande de rétablissement de l'instance. En l'espèce, la cour a constaté l'interruption et a invité les parties à en demander le rétablissement.
Le décès d'un bailleur en cours d'appel empêche-t-il l'expulsion ?
Oui, tant que l'instance n'est pas rétablie, la cour ne peut pas statuer sur le fond, y compris sur l'expulsion. Le décès interrompt la procédure, et les héritiers doivent reprendre l'instance pour que la décision soit rendue.
L'action en constat de clause résolutoire est-elle transmissible aux héritiers ?
Oui, l'action en constat de clause résolutoire est une action personnelle transmissible aux héritiers. Ainsi, le décès d'une partie n'éteint pas l'action, mais interrompt simplement l'instance en attendant la reprise par les ayants droit.
Qu'est-ce que l'interruption d'instance selon l'article 370 du code de procédure civile ?
L'interruption d'instance est la suspension de la procédure en cours, notamment en cas de décès d'une partie, lorsque l'action est transmissible. Elle cesse lorsque les parties ou leurs ayants droit demandent le rétablissement de l'instance.
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