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Cour d'appel, pôle 1 - chambre 10, 9 juillet 2026 — n° 25/11605

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Synthèse de la décision

Question juridique

Un occupant peut-il obtenir un délai pour quitter les lieux après une ordonnance d'expulsion en raison de sa situation personnelle et financière ?

Principe retenu

L'octroi de délais pour quitter les lieux est subordonné à la démonstration par l'occupant de diligences sérieuses en vue de son relogement et de l'impossibilité de trouver un logement malgré ses efforts. Le juge apprécie souverainement les circonstances, notamment la situation de famille, l'état de santé, les ressources et le délai prévisible de relogement.

Faits clés

  • M. [A] occupe une chambre dans une résidence gérée par la SA [1]
  • Ordonnance de référé du 28 novembre 2024 constatant l'acquisition de la clause résolutoire et autorisant l'expulsion
  • Commandement de quitter les lieux délivré le 17 février 2025
  • M. [A] a déposé une demande DALO mais n'en justifie pas en appel
  • Solde débiteur de 654,17 euros au 4 juin 2025 sur les indemnités d'occupation

Articles cités

article L. 412-3 du code des procédures civiles d'exécution article L. 412-4 du code des procédures civiles d'exécution article 700 du code de procédure civile

Dispositif

PAR CES MOTIFS , la cour, Confirme le jugement rendu le 19 juin 2025 par le juge de l'exécution du tribunal judiciaire de Bobigny ; Condamne M. [Y] [A] aux dépens d'appel ; Condamne M. [Y] [A] à payer à la société [1] la somme de 800 euros au titre de l'article 700 du code de procédure civile ; Rejette toute autre demande. Le greffier, Le président,

Exposé du litige

FAITS ET PROCEDURE : M. [Y] [A] occupe une chambre A 420 située [Adresse 3] à la suite d'un contrat de résidence consenti par la SA [1]. Par ordonnance de référé en date du 28 novembre 2024, signifiée le 27 janvier 2025, le juge des contentieux de la protection du tribunal de proximité de Saint-Denis a notamment constaté l'acquisition de la clause résolutoire du contrat de résidence conclu entre M. [A] et la société [1], et autorisé l'expulsion de M. [A] et de tout occupant de son chef des lieux litigieux. Un commandement de quitter les lieux a été délivré à M. [A] le 17 février 2025. Par acte du 24 mars 2025, M. [A] a fait assigner la société [1] devant le juge de l'exécution du tribunal judiciaire de Bobigny aux fins d'obtenir un délai de 12 mois pour quitter les lieux. Par jugement du 19 juin 2025, le juge de l'exécution a débouté M. [A] de sa demande, l'a condamné aux dépens et a rejeté la demande formée sur le fondement de l'article 700 du code de procédure civile. Pour statuer ainsi, le juge a relevé que M. [A] ne justifiait ni de la cessation de la sur-occupation de sa chambre, objet de son expulsion, ni de sa situation et que ses démarches de relogement étaient demeurées vaines. Par déclaration du 30 juin 2025, M. [A] a interjeté appel de cette décision. La clôture a été prononcée le 26 mars 2026. PRETENTIONS ET MOYENS DES PARTIES : Par conclusions du 29 septembre 2025, M. [A] demande à la cour d'appel de : - lui accorder un délai d'un an pour l'expulser ; - condamner la société défenderesse à lui payer la somme de 1 000 euros en application de l'article 700 du code de procédure civile et aux dépens. Il explique que sa situation financière ne lui permet pas de trouver un logement dans le parc privé ; que son état de santé est précaire ; qu'il vient de déposer une demande DALO ; que la société [1] ne souffre pas de problèmes financiers, soulignant qu'il continue de payer l'indemnité d'occupation mise à sa charge par l'ordonnance du 28 novembre 2024 ; qu'un appel a été diligentée à l'encontre de l'ordonnance prononçant son expulsion. Par conclusions du 6 février 2026, la société [1] demande à la cour d'appel de : - débouter M. [A] de son appel ; - confirmer le jugement entrepris en toutes ses dispositions ; - condamner M. [A] au paiement de la somme de 800 euros d'indemnité procédurale sur le fondement de l'article 700 du code de procédure civile, outre les dépens. Elle réplique que la cour d'appel de Paris a confirmé l'ordonnance du 28 novembre 2024, et que M. [A], dont les soucis de santé n'empêchent pas son départ des lieux, ne produit aucun justificatif de recherche effective de logement. Elle ajoute, outre que l'appelant ne se conforme toujours pas à ses obligations malgré les risques pour la sécurité du foyer, ce dernier a déjà bénéficié de délais importants.

Motivations de la décision

MOTIFS : Aux termes de l'article L.412-3 alinéa 1er du code des procédures civiles d'exécution, le juge peut accorder des délais renouvelables aux occupants de locaux d'habitation ou à usage professionnel, dont l'expulsion a été ordonnée judiciairement, chaque fois que le relogement des intéressés ne peut avoir lieu dans des conditions normales. L'article L.412-4 du même code dispose : 'La durée des délais prévus à l'article L.412-3 ne peut, en aucun cas, être inférieure à un mois ni supérieure à un an. Pour la fixation de ces délais, il doit être tenu compte de la bonne ou mauvaise volonté manifestée par l'occupant dans l'exécution de ses obligations, des situations respectives du propriétaire et de l'occupant, notamment en ce qui concerne l'âge, l'état de santé, la qualité de sinistré par faits de guerre, la situation de famille ou de fortune de chacun d'eux, les circonstances atmosphériques, ainsi que des diligences que l'occupant justifie avoir faites en vue de son relogement. Il est également tenu compte du droit à un logement décent et indépendant, des délais liés aux recours engagés selon les modalités prévues aux articles L.441-2-3 et L.441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation et du délai prévisible de relogement des intéressés'. Les moyens développés par M. [A], au soutien de son appel, ne font que réitérer sous une forme nouvelle, mais sans justification complémentaire utile, ceux dont le premier juge a connu et auxquels il a répondu par des motifs exacts que la cour adopte, sans qu'il soit nécessaire de suivre les parties dans le détail d'une discussion se situant au niveau d'une simple argumentation. Il sera ajouté à ces justes motifs que s'il est évoqué aux conclusions déposées une demande déposée au titre du droit au logement opposable, il n'en est toutefois pas justifié aux pièces versées au débat en cause d'appel. Or, M. [A] ne démontre pas une impossibilité de procéder aux démarches en vue de son relogement au vu du seul certificat médical établi le 20 mars 2025 mentionnant que son état de santé nécessite un logement stable. S'il n'est pas établi par l'intimé la persistance à ce jour de la sur-occupation par des tiers de la chambre autres que M. [A], et si le décompte produit au débat justifie d'efforts de paiements réguliers, il n'est produit aucun justificatif de revenus par l'appelant permettant d'expliquer le solde débiteur au 4 juin 2025, témoignant d'un impayé sur les indemnités d'occupation s'élevant à 654,17 euros au 4 juin 2025, et surtout il n'est pas vérifié l'existence de diligences entreprises en vue de son relogement depuis la délivrance du commandement de quitter les lieux le 17 février 2025. Le jugement sera confirmé en toutes ses dispositions. L'appelant supportera la charge des dépens. Il est équitable de condamner M. [A] à payer à la société [1] la somme de 800 euros au titre de l'article 700 du code de procédure civile.

Questions fréquentes

Quels sont les critères pour obtenir un délai pour quitter les lieux après une expulsion ?
Le juge examine notamment votre situation de famille, votre état de santé, vos ressources, vos diligences de relogement et le délai prévisible de relogement. Dans cette affaire, M. [A] n'a pas justifié de démarches suffisantes ni de ses revenus, ce qui a conduit au rejet de sa demande.
Comment prouver que je fais des démarches de relogement ?
Vous devez fournir des preuves concrètes comme des candidatures à des logements, des réponses d'agences, des attestations de recherche, ou un dossier DALO. En l'espèce, M. [A] a évoqué une demande DALO mais n'en a pas justifié en appel, ce qui a été retenu contre lui.
Mon état de santé peut-il m'aider à obtenir un délai d'expulsion ?
Oui, l'état de santé est un critère pris en compte, mais il doit être étayé par un certificat médical précis. Dans cette décision, le certificat mentionnait un besoin de logement stable, mais cela n'a pas suffi en l'absence d'autres justificatifs.
Que se passe-t-il si je ne paie pas l'indemnité d'occupation après la résiliation du bail ?
Le non-paiement de l'indemnité d'occupation peut aggraver votre situation et être un motif de refus de délai. Ici, M. [A] avait un solde débiteur de 654,17 euros, ce qui a été défavorable.
Puis-je faire appel d'une décision du juge de l'exécution refusant un délai ?
Oui, vous pouvez interjeter appel, mais vous devez apporter des éléments nouveaux. En l'espèce, l'appel de M. [A] a été rejeté car il n'a pas fourni de justifications complémentaires par rapport à la première instance.
Qu'est-ce que le DALO et comment cela peut-il m'aider ?
Le DALO (droit au logement opposable) permet à certaines personnes de faire valoir leur droit à un logement. Si vous déposez un recours DALO, cela peut être un élément en votre faveur, mais vous devez en justifier. Dans cette affaire, M. [A] n'a pas prouvé sa demande DALO.
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