Justiweb – Assistant juridique IA Justiweb
Se connecter Inscription gratuite
← Responsabilité du dirigeant

Cour d'appel, pôle 4 - chambre 1, 10 juillet 2026 — n° 24/20557

Other

Synthèse de la décision

Question juridique

L'acquéreur d'un bien immobilier en VIR doit-il justifier de sa déclaration de créance auprès du mandataire liquidateur pour que la cour statue sur ses demandes d'indemnisation pour retard de livraison ?

Principe retenu

En cas de liquidation judiciaire du vendeur, l'acquéreur doit justifier de sa déclaration de créance ou de la mention de sa créance sur la liste prévue à l'article L. 624-1 du code de commerce pour que la cour puisse statuer sur ses demandes. À défaut, la cour ordonne la réouverture des débats pour production de ces pièces.

Faits clés

  • Acquisition d'un appartement en VIR le 6 mai 2019 avec livraison prévue au 2ème trimestre 2020
  • Retard de livraison de 1010 jours non justifié
  • SCCV venderesse placée en liquidation judiciaire le 25 février 2024
  • M. [D] n'a pas produit le jugement d'ouverture de la procédure collective
  • M. [D] n'a pas justifié de sa déclaration de créance

Articles cités

article L. 624-1 du code de commerce

Exposé du litige

* * * FAITS ET PROCÉDURE M. [Y] [D] et sa mère Mme [G] [D] ont acquis de la SCCV GARCHES DOCTEUR ROUX (ci-après la SCCV), par acte notarié de vente avec engagement de rénovation en date du 6 mai 2019, le lot n° 79 d'un immeuble à rénover en copropriété, soit un appartement de 60,90 mètre carrés (lot 79) dans «La Villa Abaca » située [Adresse 4] à [Localité 4], pour un prix de 529.000 €. Mme [D] est décédée le 6 juin 2019. L'acte de vente prévoyait un délai de livraison «  au plus tard le 2ème trimestre 2020, sauf survenance d'un cas de force majeure ou d'une cause légitime de suspension du délai.» Par plusieurs courriers, la SCCV a informé M. [D] de reports successifs de la date de livraison. Par courrier du 9 novembre 2022, M. [D] a mis en demeure la SCCV de l'indemniser de ses préjudices. Le 17 avril 2023, la SCCV GARCHES DOCTEUR ROUX a adressé à M. [D] un nouveau courrier de report de la date de livraison fixant celle-ci au 16 juin 2023 au motif que le raccordement ENEDIS n'était toujours pas effectué. Par acte d'huissier en date du 3 mai 2023, M. [D] a fait assigner la SCCV GARCHES DOCTEUR ROUX devant le tribunal judiciaire de Paris en indemnisation de ses préjudices consécutifs au retard de livraison. Par jugement réputé contradictoire en date du 6 septembre 2024, le tribunal judiciaire de Paris a : - fixé à 1010 jours le retard de livraison non justifié de la SCCV GARCHES DOCTEUR ROUX entre le 1er juillet 2020 et le 16 juin 2023 au titre de la vente en VIR de l'appartement situé [Adresse 4] à [Localité 4] acquis par M. [D], - condamné la SCCV GARCHES DOCTEUR ROUX à verser à M. [D] la somme de 21.740 euros au titre du préjudice financier lié à la perte de chance de pouvoir louer son bien entre le 1er juillet 2020 et le 16 juin 2023 ; - condamné la SCCV GARCHES DOCTEUR ROUX à verser à M. [D] la somme de 2.000 euros au titre du préjudice moral ; - dit que ces sommes porteront intérêts au taux légal à compter de la date du jugement ; - dit que les intérêts seront capitalisés conformément aux dispositions de l'article 1343-2 du code civil; - débouté M. [D] de sa demande de dommages et intérêts au titre des frais de constat d'huissier ; - débouté M. [D] de sa demande de dommages et intérêts au titre de la gestion du différend ; - condamné la SCCV GARCHES DOCTEUR ROUX à verser à M. [D] une somme de 2.500 euros au titre de l'article 700 du code de procédure civile ; - condamné la SCCV GARCHES DOCTEUR ROUX aux entiers dépens ; - rappelé l'exécution provisoire du jugement ; La SCCV GARCHES DOCTEUR ROUX aurait été mise en liquidation judiciaire le 25 février 2024, soit antérieurement au jugement précité. M. [D] a interjeté appel par déclaration d'appel du 4 décembre 2024, en intimant la SCCV GARCHES DOCTEUR ROUX et la SELAFA MJA en la personne de Me [E] [N] en qualité de mandataire liquidateur. Il a également fait signifier à la SCCV GARCHES DOCTEUR ROUX, représentée par son mandataire liquidateur, et à la SELAFA MJA ès-qualités, la déclaration d'appel et ses conclusions d'appel par actes de commissaire de justice des 29 janvier 2025 et 7 mars 2025, délivrés à personne habilitée à les recevoir. La SCCV et la SELAFA MJA n'ont pas constitué avocat. Aux termes de ses dernières conclusions du 4 mars 2025 auxquelles il est expressément référé pour l'exposé complet des moyens de fait et de droit développés, Monsieur [D] demande de : CONFIRMER le jugement rendu par le Tribunal de Commerce de Paris en ce qu'il a admis que le retard de livraison n'était pas justifié en dehors de 55 jours liés au COVID REFORMER le jugement rendu par le Tribunal de Commerce de Paris en ce qu'il a minoré le quantum des demandes indemnitaires de Monsieur [D] ; En conséquence, FIXER la créance de Monsieur [D] au titre du préjudice lié au retard à la somme de 52.800 € arrêté au 28 février 2025.

Motivations de la décision

MOTIFS DE LA DÉCISION Par application combinée des articles L.622-22 et L. 641-3 du code de commerce, les instances en cours sont interrompues jusqu'à ce que le créancier poursuivant ait procédé à la déclaration de sa créance. Elles sont alors reprises de plein droit, le mandataire judiciaire et, le cas échéant, l'administrateur ou le commissaire à l'exécution du plan nommé en application de l'article L. 626-25 dûment appelés, mais tendent uniquement à la constatation des créances et à la fixation de leur montant. Aux termes des dispositions de l'article R 622-20 du code de commerce, l'instance interrompue en application de l'article L. 622-22 est reprise à l'initiative du créancier demandeur, dès que celui-ci a produit à la juridiction saisie de l'instance une copie de la déclaration de sa créance ou tout autre élément justifiant de la mention de sa créance sur la liste prévue par l'article L. 624-1 et mis en cause le mandataire judiciaire ainsi que, le cas échéant, l'administrateur lorsqu'il a pour mission d'assister le débiteur ou le commissaire à l'exécution du plan, et le mandataire liquidateur en cas de liquidation judiciaire. En l'espèce, M. [D] indique que la SCCV GARCHES DOCTEUR ROUX a fait l'objet d'une procédure de liquidation judiciaire le 25 février 2024, sans toutefois en justifier, n'ayant pas produit le jugement ouvrant la procédure collective et par lequel la SELAFA MJA aurait été désignée en qualité de mandataire liquidateur. De plus, M. [D] n'a pas non plus justifié de sa déclaration de créance, que ce soit devant le tribunal judiciaire ou devant la présente cour d'appel. Par conséquent, il convient d'ordonner la réouverture des débats aux fins d'enjoindre à M. [D] de produire aux débats le jugement ayant prononcé l'ouverture d'une procédure collective à l'égard de la SCCV GARCHES DOCTEUR ROUX ainsi qu'une copie de la déclaration de sa créance ou tout autre élément justifiant de la mention de sa créance sur la liste prévue par l'article L. 624-1 du code de commerce. Il sera sursis à statuer sur les demandes et les dépens dans l'attente de la production ci-dessus ordonnée.

Dispositif

PAR CES MOTIFS La cour, Ordonne la révocation de l'ordonnance de clôture et la réouverture des débats à l'audience du 10 septembre 2026 à 14 heures, Salle Portalis ; Ordonne la production aux débats par M. [D] au plus tard pour cette audience : - du jugement ayant ouvert une procédure collective à l'égard de la SCCV GARCHES DOCTEU ROUX , - d'une copie de la déclaration de sa créance ou tout autre élément justifiant de la mention de sa créance sur la liste prévue par l'article L. 624-1 du code de commerce, DIT qu'à défaut de production de ces pièces dans le délai susvisé, l'affaire fera l'objet d'une mesure de radiation du rôle ; Dit qu'il sera sursis à statuer sur les demandes et les dépens dans l'attente de la production des pièces susmentionnées. LA GREFFIÈRE LA PRÉSIDENTE,

Questions fréquentes

Que faire si le vendeur de mon appartement en VEFA est en liquidation judiciaire ?
Vous devez déclarer votre créance auprès du mandataire liquidateur et justifier de cette déclaration devant le juge pour que votre demande d'indemnisation soit examinée.
Dois-je déclarer ma créance pour obtenir une indemnisation pour retard de livraison ?
Oui, en cas de liquidation judiciaire du vendeur, vous devez déclarer votre créance et en justifier devant la cour, faute de quoi la cour sursoit à statuer et ordonne la réouverture des débats.
Quels documents dois-je produire pour que le juge statue sur mon indemnisation ?
Vous devez produire le jugement d'ouverture de la procédure collective et une copie de votre déclaration de créance ou tout élément justifiant de sa mention sur la liste prévue à l'article L. 624-1 du code de commerce.
Puis-je obtenir réparation si le promoteur est en faillite ?
Oui, mais vous devez respecter la procédure de déclaration de créance. Sans cela, la cour ne peut pas statuer sur votre demande et ordonne la production des pièces nécessaires.
Qu'est-ce que l'article L. 624-1 du code de commerce ?
Cet article prévoit que les créances doivent être déclarées au mandataire judiciaire et que le juge peut demander la justification de la déclaration ou de la mention de la créance sur la liste établie par le mandataire.
La cour peut-elle statuer sans ma déclaration de créance ?
Non, la cour ne peut pas statuer sur le fond tant que vous n'avez pas justifié de votre déclaration de créance. Elle ordonne la réouverture des débats pour vous permettre de produire les pièces.
💡 Votre situation ressemble à cette décision ? Posez votre question à l'IA
Gratuit · sans engagement

Des milliers de justiciables utilisent déjà Justiweb pour clarifier leur situation.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question

Gratuit pour commencer · sans engagement

Important : Cette page présente une décision de justice à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Pour votre situation spécifique, consultez un avocat ou utilisez l'assistant Justiweb pour explorer vos questions juridiques.