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Cour d'appel, pôle 6 - chambre 12, 10 juillet 2026 — n° 25/05142

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Synthèse de la décision

Question juridique

La cour peut-elle compléter un arrêt qui a validé une mise en demeure mais omis de condamner le débiteur au paiement des cotisations et majorations ?

Principe retenu

En application de l'article 463 du code de procédure civile, la juridiction qui a omis de statuer sur un chef de demande peut compléter son jugement sans porter atteinte à la chose jugée quant aux autres chefs. En l'espèce, la cour avait validé la mise en demeure mais omis de condamner la débitrice au paiement des sommes dues, ce qui constitue une omission de statuer qu'il convient de rectifier.

Faits clés

  • L'URSSAF Île-de-France a émis une mise en demeure le 21 août 2015 à l'encontre de Mme [A] pour un montant de 3 136 euros (2 976 euros de cotisations et 160 euros de majorations de retard) au titre du 3ème trimestre 2015.
  • Par arrêt du 4 juillet 2025, la cour d'appel de Paris a infirmé le jugement et validé la mise en demeure, mais n'a pas condamné Mme [A] au paiement.
  • L'URSSAF a formé une requête en omission de statuer le 29 juillet 2025 pour demander que l'arrêt soit complété.
  • Mme [A] n'a pas formulé d'observations en réponse à la requête.
  • La cour constate que la demande de condamnation subséquente à la validation de la mise en demeure n'a pas été tranchée.

Articles cités

article 463 du code de procédure civile articles 939 à 945-1 du code de procédure civile

Exposé du litige

FAITS, PROCÉDURE PRÉTENTIONS ET MOYENS DES PARTIES Par requête en omission de statuer, le 29 juillet 2025, l'URSSAF relève que la cour dans son arrêt du 4 juillet 2025, infirmant le jugement entrepris, valide la mise en demeure éditée le 21 août 2015 par l'URSSAF Île-de-France à l'encontre de Mme [W] [E] [I] épouse [A], pour un montant global de 3 136 euros de cotisations et majorations de retard, correspondant à la période du 3ème trimestre 2015, mais omet de condamner en conséquence Mme [W] [E] [I] épouse [A] à payer cette somme de 3 136 euros à l'URSSAF Île-de-France. La société demande en conséquence que l'arrêt soit complété sur ce point. La requête de l'URSSAF a été adressée au conseil de Mme [W] [E] [I] épouse [A] en lui demandant de faire connaître ses éventuelles observations. Mme [W] [E] [I] épouse [A] n'a formulé aucune observation en retour.

Motivations de la décision

SUR CE Aux termes de l'article 463 du code de procédure civile, la juridiction qui a omis de statuer sur un chef de demande peut compléter son jugement sans porter atteinte à la chose jugée quant aux autres chefs, sauf à rétablir, s'il y a lieu, le véritable exposé des prétentions respectives des parties et de leurs moyens. Dans son arrêt du 4 juillet 2025, la cour, en page 2, indique que : 'aux termes de ses conclusions, l'URSSAF Île-de-France demande de  : - dire que Mme [E] [I] est redevable des cotisations dues au titre du 3ème trimestre 2015, - la condamner en conséquence au paiement sur le fondement de la mise en demeure du 21 août 2015 à la somme de 2 976 € de cotisations et 160 € de majorations de retard,' et la cour en page 5 répond que : 'Mme [A] ne justifie pas de l'arrêt de son activité libérale en France pour le 3ème trimestre 2015, de sorte que la mise en demeure doit être validée.' Toutefois la cour omet d'ajouter qu'elle condamne en conséquence Mme [E] [I] épouse [A] à payer à l'URSSAF Île-de-France la somme de 2 976 euros de cotisations et 160 euros de majorations de retard sur le fondement de cette mise en demeure. La cour si elle a validé la mise en demeure, n'a pas statuer sur la demande de condamnation subséquente. Il y a donc eu omission de statuer. Ni les conditions de recevabilité ni le bien fondé de la requête en omission de statuer présentée par l'URSSAF Île-de-France ne sont contestées. Il convient donc de remédier à cette omission et d'ordonner la rectification de l'arrêt du 4 juillet 2025 (RG 20/07640) comme précisé au dispositif. Les dépens de la présente procédure de rectification restent à la charge de l'Etat.

Dispositif

PAR CES MOTIFS LA COUR, DIT l'URSSAF Île-de-France recevable et bien fondée en sa requête en rectification d'omission de statuer, DIT que le dispositif de l'arrêt RG 20/07640 rendu le 4 juillet 2025 par la cour d'appel de Paris pôle 6-chambre 12, sera complété ainsi : CONDAMNE Mme [W] [E] [I] épouse [A] à payer à l'URSSAF Île-de-France la somme de 3 136 euros ; DIT que la présente décision sera mentionnée sur la minute et les expéditions de l'arrêt RG 20/07640 rendu le 4 juillet 2025 et notifiée comme cet arrêt ; LAISSE les dépens de la présente procédure de rectification à la charge du trésor public. Paris, le 10 juillet 2026 La greffière, La présidente.

Questions fréquentes

Que faire si un jugement oublie de condamner au paiement alors qu'il valide la dette ?
Vous pouvez former une requête en omission de statuer sur le fondement de l'article 463 du code de procédure civile. Dans cette affaire, l'URSSAF a obtenu que l'arrêt soit complété pour condamner Mme [A] à payer 3 136 euros.
Quel est le délai pour former une requête en omission de statuer ?
L'article 463 du code de procédure civile ne fixe pas de délai spécifique, mais la requête doit être présentée dans un délai raisonnable. En l'espèce, l'URSSAF a agi 25 jours après l'arrêt.
Quels sont les frais d'une procédure en rectification d'omission de statuer ?
Dans cette affaire, les dépens de la procédure de rectification ont été laissés à la charge du trésor public, ce qui signifie que l'URSSAF n'a pas eu à les supporter.
Est-ce que l'omission de statuer remet en cause le reste de la décision ?
Non, selon l'article 463 du code de procédure civile, la rectification ne porte pas atteinte à la chose jugée quant aux autres chefs de la décision. Seule la partie omise est complétée.
Comment contester une mise en demeure de l'URSSAF ?
La contestation doit être portée devant le pôle social du tribunal judiciaire. Dans cette affaire, la mise en demeure du 21 août 2015 a été validée par la cour d'appel, faute pour Mme [A] de justifier de l'arrêt de son activité libérale.
L'URSSAF doit-elle payer les dépens de la requête en omission de statuer ?
Non, dans cette décision, la cour a laissé les dépens à la charge du trésor public, ce qui est fréquent pour les requêtes en rectification d'erreur matérielle ou d'omission.
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