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Cour d'appel, pôle 5 - chambre 3, 9 juillet 2026 — n° 25/19644

Other

Synthèse de la décision

Question juridique

Le tribunal des activités économiques est-il compétent pour connaître des demandes relatives à l'exécution d'un bail commercial en état futur d'achèvement ?

Principe retenu

La cour ordonne une médiation entre les parties, après avoir recueilli leur accord, conformément à l'article 1534 du code de procédure civile. Le médiateur est désigné pour une durée de cinq mois, renouvelable une fois pour trois mois, avec une provision de 5 000 € TTC à verser avant le 30 septembre 2026.

Faits clés

  • Bail commercial en état futur d'achèvement conclu le 22 décembre 2022
  • Objet : plateforme de messagerie, stockage et fret à [Localité 4]
  • Loyer annuel de 495 000 € HT HC
  • Conditions suspensives : permis de construire et autorisation loi sur l'eau, réalisées au plus tard le 1er septembre 2023
  • Mise à disposition des locaux au plus tard le 22 juillet 2024

Articles cités

article 1534 du code de procédure civile

Dispositif

PAR CES MOTIFS , La cour, Ordonne une médiation et désigne en qualité de médiateur : [Y] [A] [Adresse 3] [Localité 5] Tél : [XXXXXXXX01] Port. : 06.07.02.53.11 Mail : [Courriel 1] pour procéder, par voie de médiation entre les parties, à la confrontation des points de vue respectifs des parties pour leur permettre de trouver une solution au conflit qui les oppose; Dit qu'il est désigné pour une durée de cinq mois à compter du versement de la provision entre ses mains et que sa mission est renouvelée pour une nouvelle durée de trois mois sur simple demande du médiateur ; Fixe à 5.000 € TTC le montant de la provision à valoir sur la rémunération du médiateur qui devra être versée entre ses mains à parts égales et ce, sauf meilleur accord des parties, avant le 30 septembre 2026, à peine de caducité de sa désignation ; Renvoie l'affaire devant le conseiller de la mise en état lequel sera saisi, en tant que de besoin par la partie la plus diligente ; Dit que le médiateur informera le magistrat chargé de la mise en état de la date du versement de la provision et le cas échéant, de tout incident affectant le bon déroulement de la médiation, dans le respect de la confidentialité de rigueur en la matière ; Dit qu'à l'expiration de sa mission, le médiateur informera par écrit le magistrat chargé de la mise en état de ce que les parties sont ou non parvenues à trouver une solution au conflit qui les oppose ; Dit qu'il ne sera pas fait mention des propositions transactionnelles éventuellement avancées par l'une ou l'autre des parties ; Réserve les dépens. LE GREFFIER, LA PRÉSIDENTE,

Exposé du litige

I ' FAITS ET PROCÉDURE 1. La cour est saisie de l'appel d'un jugement rendu le 19 novembre 2025 par le tribunal des activités économiques de Paris dans un litige opposant la société Compagnie de Phalsbourg à la société United parcel service France SAS. Le litige porte sur la compétence matérielle et territoriale du tribunal des activités économiques pour connaître des demandes formées dans le cadre de l'exécution d'un bail commercial en état futur d'achèvement. 2. Par acte extrajudiciaire du 22 décembre 2022, la société Compagnie de Phalsbourg a conclu avec la société United parcel service France SAS un bail commercial en état futur d'achèvement portant sur un ensemble immobilier à édifier à [Localité 4], destiné à l'exploitation d'une plateforme de messagerie, de stockage et de fret de classe A, pour une durée de douze ans moyennant un loyer annuel de 495.000 euros HT HC à compter de la livraison de l'immeuble. Le contrat était conclu sous plusieurs conditions suspensives, notamment l'obtention du permis de construire et des autorisations requises au titre de la loi sur l'eau, devant être réalisées au plus tard le 1er septembre 2023. Le contrat prévoyait également une mise à disposition des locaux dans un délai maximal de dix-neuf mois à compter de la signature du bail, soit au plus tard le 22 juillet 2024. Par courrier en date du 23 novembre 2023, la bailleresse, la société Compagnie de Phalsbourg a informé la société locataire, la société United parcel service France SAS de l'obtention du permis de construire le 18 octobre 2023. Le 8 février 2024, la société Compagnie de Phalsbourg a adressé à la société UPS une proposition de modification du bail, refusée par cette dernière. 3. Par acte extrajudiciaire du 15 janvier 2025, la société United parcel service France SAS a assigné la société Compagnie de Phalsbourg devant le tribunal des activités économiques de Paris aux fins notamment d'obtenir l'exécution forcée du bail en état futur d'achèvement sous astreinte ainsi que la condamnation de la bailleresse au paiement de pénalités de retard. La société Compagnie de Phalsbourg a soulevé une exception d'incompétence matérielle et territoriale au profit du tribunal judiciaire de Nantes. 4. Par jugement en date du 19 novembre 2025, le tribunal des activités économiques : « se dit compétent matériellement et territorialement compétente pour traiter du présent litige ; dit que le greffe procédera à la notification de la présente décision par lettre recommandée avec accusé de réception adressée exclusivement aux parties, dit qu'en application de l'article 84 du code de procédure civile, la voie de l'appel est ouverte contre la présente décision dans le délai de quinze jours à compter de ladite notification, ordonne à la SARL Compagnie de Phalsbourg de conclure pour l'audience de mise en état du 16 décembre 2025 à 14H00 devant la chambre 1-5, condamne la SARL Compagnie de Phalsbourg à payer à la SAS United parcel service France SAS la somme de 5000 euros au titre de l'article 700 du code de procédure civile , condamne la SARL Compagnie de Phalsbourg aux dépens de l'incident, avec distraction au profit de maître Carole Steimlé, dont ceux à recouvrer par le greffe, liquidés à la somme de 93,27 euros dont 15,33 euros de TVA ». 5. Par acte en date du 3 décembre 2025 remis au greffe de la cour d'appel de Paris, la société la Compagnie de Phalsbourg a interjeté appel du jugement. 6. La société la Compagnie de Phalsbourg a déposé une requête aux fins d'autorisation de plaider à jour fixe. La requête a été autorisée le 18 décembre 2025. II- MOYENS ET PRÉTENTIONS 7. Dans ses dernières conclusions déposées et notifiées le 3 décembre 2026, la société Compagnie de Phalsbourg, appelante demande à la cour de :

Motivations de la décision

III- MOTIFS DE LA DÉCISION 10. Selon l'article 1534 du code de procédure civile, le juge saisi d'un litige peut, après avoir recueilli l'accord des parties, ordonner une médiation, laquelle peut porter sur tout ou partie du litige. 11. Au cas d'espèce, les parties ayant donné leur accord, il y a lieu d'ordonner cette mesure et de désigner un médiateur qui, selon les modalités fixées au dispositif, aura pour mission de les entendre et de confronter leurs points de vue pour leur permettre de trouver une solution au conflit qui les oppose.

Questions fréquentes

Quel tribunal est compétent pour un litige sur un bail commercial en état futur d'achèvement ?
Dans cette affaire, le tribunal des activités économiques de Paris a été saisi, mais la cour n'a pas tranché la question de compétence car elle a ordonné une médiation. En principe, le tribunal compétent dépend de la nature du litige et du montant du loyer.
Comment se déroule une médiation ordonnée par la cour ?
La cour désigne un médiateur pour une durée initiale de cinq mois, renouvelable une fois pour trois mois. Les parties doivent verser une provision de 5 000 € TTC à parts égales avant le 30 septembre 2026. Le médiateur confronte les points de vue pour trouver une solution amiable.
Qui paie la médiation dans un litige entre bailleur et locataire ?
Dans cette décision, la provision de 5 000 € TTC est à verser à parts égales entre les parties, sauf meilleur accord. Chaque partie paie donc 2 500 € TTC.
Qu'est-ce qu'un bail en état futur d'achèvement ?
C'est un bail commercial portant sur un immeuble à construire. Le contrat est conclu avant l'achèvement des travaux, avec des conditions suspensives comme l'obtention du permis de construire. Dans cette affaire, le bail prévoyait une mise à disposition dans les 19 mois suivant la signature.
Puis-je demander une médiation pour un conflit de bail commercial ?
Oui, si les deux parties sont d'accord, le juge peut ordonner une médiation en application de l'article 1534 du code de procédure civile. Dans cette affaire, les parties ont donné leur accord et la cour a désigné un médiateur.
Quels sont les délais pour une médiation dans un litige commercial ?
La médiation est ordonnée pour une durée de cinq mois à compter du versement de la provision, renouvelable une fois pour trois mois sur simple demande du médiateur. Au total, elle peut durer jusqu'à huit mois.
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