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Cour d'appel, 1ere chambre section 1, 15 juillet 2026 — n° 24/01760

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Synthèse de la décision

Question juridique

La juridiction judiciaire est-elle compétente pour connaître de l'action en responsabilité engagée par un acquéreur contre une commune à la suite de l'annulation d'une vente immobilière ?

Principe retenu

Les règles de répartition des compétences entre juridictions administrative et judiciaire sont d'ordre public. En l'espèce, la cour d'appel soulève d'office la question de la compétence de la juridiction judiciaire pour connaître de l'action en responsabilité engagée par la SCI Villa Farnese contre la commune de [Localité 3] à la suite de l'annulation de la vente immobilière, et ordonne la réouverture des débats pour recueillir les observations des parties sur ce point.

Faits clés

  • La commune de [Localité 3] a vendu des parcelles à la SCI Villa Farnese par acte notarié du 25 novembre 2019.
  • Par délibération du 17 septembre 2020, la commune a abrogé la délibération autorisant la vente et a saisi le juge du contrat.
  • La SCI Villa Farnese a engagé une action en responsabilité contre la commune devant le tribunal judiciaire.
  • Le tribunal judiciaire a débouté la SCI Villa Farnese en retenant que ses prétentions relevaient de la compétence administrative.
  • La cour d'appel soulève d'office la question de la compétence juridictionnelle.

Exposé du litige

EXPOSE DU LITIGE ET PROCEDURE La commune de [Localité 3] était propriétaire de plusieurs parcelles cadastrées B[Cadastre 1], B[Cadastre 2], B[Cadastre 3], B[Cadastre 4] et B[Cadastre 5], B[Cadastre 6], B[Cadastre 7] et B [Cadastre 8], accueillant notamment le stade municipal [Etablissement 1]. Dans la perspective de travaux d'aménagement routier tendant au contournement de la commune, par acte de vente sous forme administrative en date du 20 septembre 2016, la commune de [Localité 3] a cédé au conseil départemental de la Haute-Garonne, au prix d'un euro, les parcelles B[Cadastre 1], B[Cadastre 2], B[Cadastre 3], B[Cadastre 4] et B[Cadastre 5], les parcelles B[Cadastre 2] et B[Cadastre 5] se situant sur l'emprise de l'ancien stade. Par une délibération n°2018-106 du 14 décembre 2018, le conseil municipal de la commune de [Localité 3] a approuvé la cession des parcelles B [Cadastre 8] et B [Cadastre 6], situées sur l'emprise de l'ancien stade, et de la parcelle B[Cadastre 7], au prix de 400.000 euros, à la société "GLB Groupe [H] [Q]". La vente a été formalisée par acte notarié établi en l'étude de Me [O] [Z] le 25 novembre 2019, au profit de la société civile immobilière (SCI) Villa Farnese, représentée à l'acte par M. [H] [Q]. Par arrêté du 2 août 2019, la commune de [Localité 3] a accordé un permis de construire à la société à responsabilité limitée (SARL) LBI, également gérée par M.[H] [Q], pour édifier un ensemble de 49 maisons mitoyennes comprenant 23 logements locatifs et 26 logements sociaux. Par une délibération n°2020-84 du 17 septembre 2020, considérant que la délibération n°2018-106 du 14 décembre 2018 et l'acte notarié du 25 novembre 2019 étaient entachés d'irrégularités, le nouveau conseil municipal de la commune de [Localité 3] a abrogé la délibération n°2018-106 et autorisé le maire à saisir le juge du contrat afin de remettre en cause la validité de l'acte de vente de ces parcelles. Par arrêté du 16 octobre 2020 portant retrait et refus d'un permis de construire, la commune de [Localité 3] a procédé au retrait de l'arrêté du 2 août 2019 accordant un permis de construire à la SARL LBI sous le n° PC 031066 19 W00015 ainsi que de l'arrêté du 26 décembre 2019 autorisant le transfert dudit permis de construire à la SCI Villa Farnese. Le 12 novembre 2020, la SARL LBI et la SCI Villa Farnese ont saisi le tribunal administratif d'un recours, sollicitant l'annulation de l'arrêté du 16 octobre 2020.

Motivations de la décision

MOTIFS Il apparaît que pour 'débouter' la société Villa Farnese de ses demandes à l'encontre de la commune de [Localité 3], le tribunal, au regard des observations développées en première instance par la commune dans les motifs de ses conclusions, retient que ces prétentions ne relèvent pas de la compétence du tribunal judiciaire, mais de celle de la juridiction administrative. Devant la cour d'appel, ni la société Villa Farnese ni la commune de [Localité 3] ne concluent sur la compétence de la juridiction judiciaire pour connaître de l'action en responsabilité engagée par la société Villa Farnese à l'encontre la commune, à la suite de l'annulation de la vente immobilière. Les règles de répartition des compétences entre juridictions administrative et judiciaire étant d'ordre public, il est nécessaire d'ordonner la réouverture des débats pour recueillir les observations des parties sur ce point. Les parties seront également invitées à préciser la date à laquelle le prix de vente a été restitué.

Dispositif

PAR CES MOTIFS La cour, statuant publiquement, par mise à disposition, par arrêt contradictoire et en dernier ressort, Ordonne la réouverture des débats ; Invite les parties à : - présenter leur observations sur la compétence de la juridiction judiciaire pour connaître de l'action en responsabilité engagée par la société Villa Farnese à l'encontre de la commune de [Localité 3], - préciser la date à laquelle le prix de vente a été restitué ; Renvoie les parties à l'audience de plaidoiries du 22 février 2027, et reporte à cette date la clôture de l'instruction ; Réserve l'ensemble des demandes, frais et dépens. La greffière P/La présidente La République Française mande et ordonne à tous les commissaires de justice, sur ce requis, de mettre la présente décision à exécution, aux procureurs généraux et aux procureurs de la République, près les tribunaux judiciaires d'y tenir la main, à tous commandants et officiers de la force publique de prêter main forte lorsqu'ils en seront légalement requis. La présente grosse certifiée conforme a été signée par la greffière de la cour d'appel de Toulouse. .

Questions fréquentes

Quel tribunal est compétent pour une action en responsabilité contre une commune après annulation d'une vente ?
Dans cette affaire, la cour d'appel a soulevé d'office la question de la compétence, car les règles de répartition des compétences sont d'ordre public. Le tribunal judiciaire avait initialement rejeté la demande en estimant que la juridiction administrative était compétente. La cour a ordonné la réouverture des débats pour que les parties présentent leurs observations sur ce point.
Puis-je poursuivre une commune en justice pour une vente annulée ?
Oui, mais il faut déterminer la juridiction compétente. Dans cette affaire, la SCI Villa Farnese a engagé une action en responsabilité contre la commune après l'annulation de la vente. La cour d'appel a invité les parties à se prononcer sur la compétence de la juridiction judiciaire, car le contrat de vente était un acte administratif.
Qu'est-ce que la réouverture des débats dans une procédure d'appel ?
La réouverture des débats est une décision de la cour qui permet aux parties de présenter de nouvelles observations ou preuves sur un point spécifique. Dans cette affaire, la cour a ordonné la réouverture pour recueillir les observations sur la compétence juridictionnelle et la date de restitution du prix de vente.
Une SCI peut-elle attaquer une commune en responsabilité ?
Oui, une SCI peut engager une action en responsabilité contre une commune, comme dans cette affaire où la SCI Villa Farnese a poursuivi la commune de [Localité 3] après l'annulation de la vente. La question de la compétence juridictionnelle reste à trancher.
Comment savoir si un litige relève du tribunal administratif ou judiciaire ?
La distinction dépend de la nature du contrat ou de l'acte en cause. En l'espèce, la vente immobilière était un acte administratif (vente sous forme administrative), ce qui oriente vers la compétence administrative. La cour d'appel a soulevé d'office cette question d'ordre public.
Que faire si le tribunal se déclare incompétent dans un litige avec une commune ?
Si le tribunal se déclare incompétent, comme en première instance dans cette affaire, il faut interjeter appel. La cour d'appel peut alors réexaminer la compétence et, si nécessaire, ordonner la réouverture des débats pour permettre aux parties de présenter leurs arguments.
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